Funérailles
Posté le 18/03/2016 - 13:02:25

L'office des funérailles de Nestor Leroy a été célébré le samedi 18 mars en l'église de Liège.
Retrouvez ci-après le texte de l'homélie du père Guy.

Sacré Nestor, va ! S’en aller ainsi … Sans prévenir. Enfin, presque, puisqu’il a pu recevoir l’onction et la Sainte Communion. Et maintenant, il est là, au milieu de nous. Fidèle parmi les fidèles, il était souvent parmi les premiers. Et il disait bonjour à ceux qui arrivaient. Nestor, pas quand l’office a commencé ! Mais, à quoi bon lui dire, son « bon cœur » comme on dit chez nous, était le plus fort et son sourire restait un geste d’accueil tout simplement fraternel.
Tout simplement. En toute simplicité, comme il pouvait l’être. Sacré Nestor ! Il était capable de vous sortir une blague avec le même ton qu’il vous disait une pensée profonde, je dirais inspirée, qui parfois vous laissait pantois. Et sa présence, dans ce cercueil, au milieu de l’église, en cette première semaine du Grand Carême, a donné à nos offices quotidiens une ambiance, une dimension très forte. Sa mort devenait comme un appel, une leçon, et les paroles du Grand Canon prenaient ainsi un sens tout particulier.
Longtemps, il a pris part – avec Larissa, bien entendu – à la vie matérielle de la paroisse, en faisant les prosphores pour la liturgie ou en étant là pour le grand nettoyage de l’église à Pâques. Et puis, tout simplement, il était là. Attentif – ou parfois un peu distrait – mais dans la prière et une participation intérieure à l’office, une participation dont lui seul, sans doute, pouvait mesurer la profondeur. Pour moi, il était un peu l’image de ce qu’on appelle parfois « la foi populaire » (je n’aime pas l’expression « la foi du charbonnier ») une foi simple mais profonde, qui ne connaît pas le doute, et que l’on partage.
Là, on était au moment du café ou des agapes après la liturgie. Car Nestor était de ceux qui accueillaient spontanément ceux qui venaient pour la première fois découvrir notre église, vivre nos offices, partager notre liturgie. Et là, sans grands discours théologiques, il témoignait. Il témoignait de ce qui, finalement, est le plus important, je dirai l’essentiel : sa vie, sa propre vie dans l’orthodoxie.
Mais c’est encore un qui s’en va. Notre communauté est marquée par le deuil. Il y a deux mois, nous accompagnions Maya pour son voyage vers le Père. Deux fidèles parmi les fidèles, oui. Mais notre communauté – à travers ces épreuves – a montré ce qui vraiment la soude : la prière pour les malades, les offices pour les défunts et puis ce que l’on pourrait appeler cette solidarité, plutôt cette fraternité qui entoure les proches, qui apporte une aide par ici, une parole par là.
Je dis souvent que la vie est une aventure dont on ne sort pas vivant. C’est peut-être un peu ridicule … Mais on n’est pas seul devant la mort. Si nous nous voyons dans la dépouille du défunt, nous sommes aussi avec ceux qui l’entourent, ses proches sont nos proches – notre prochain, comme on le dit dans l’Évangile – car il y a, avant tout, ces paroles du Christ qui sont des paroles de vie, de vie victoire sur la mort.
Sacré Nestor, va ! Mais, dis-moi … avec qui vais-je pouvoir parler wallon maintenant ? Alors, une dernière fois : vî fré, qui l’ tére di nosse Walon’rèye vis rafûle èt qui l’ Bon Diu v’ kidûse vès dès vètès wêdes la wice qu’i n’a nole doleûr, nole ponne, la wice qu’i n’a pont d’ lǻmes …






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