2e dimanche parès Pentecôte - 2011

Dimanche dernier, déjà, vous avez pu trouver le nouveau numéro de notre bulletin paroissial avec, notamment, le calendrier des offices. Il est rédigé, ce calendrier, de façon – je dirais – purement pratique : il s’agit, pour vous, de savoir quand il y a des vêpres, vigiles ou liturgies, quand on célèbre les fêtes. Mais, ce que l’on appelle le « calendrier liturgique », c’est bien autre chose. Et pas seulement le fait qu’il y est indiqué le saint du jour, le ton, si c’est un dimanche après Pentecôte, avant Noël, du grand carême … et, bien sûr, les lectures qui sont prescrites pour ce jour-là.

C’est que le « calendrier liturgique » n’a rien à voir avec un agenda : il exprime, il compte un autre temps.

Bien sûr, il y a – en plus – le calendrier julien et le grégorien … Mais l’un comme l’autre ne font que mesurer le temps qui  passe, le temps des saisons, des jours et des années. Pour cela, on se base sur les phases de la lune ou les rythmes du soleil. Et bien sûr, l’organisation de nos offices, de nos célébrations et de nos fêtes s’inscrit dans ce calendrier qui est celui de notre vie de tous les jours.

Le calendrier liturgique, l’année liturgique, le temps liturgique nous ouvrent sur un autre temps qui est celui de Jésus-Christ, on pourrait dire le temps du Royaume de Dieu ou, pour évoquer son expression dans notre vie, le temps de l’Église.

C’est intéressant de remarquer ceci : notre époque est calculée « avant » ou « après Jésus-Christ ». Comme si le temps des hommes avait connu une sorte de basculement, d’événement qui change tout et qu’on situerait au premier Noël. Mais ce temps reste le temps des hommes. Le Christ a inauguré un autre temps, et ce temps-là, c’est le temps dans lequel vivent – ou devraient vivre – les chrétiens. Les Juifs sont en l’an 5771. Les arabes, en 1432. Parce qu’ils comptent leur temps au départ d’autres événements. Mais tous sont en 2011 dans les relations internationales. Et même les révolutionnaires français de 1789 avaient voulu « gommer » cette référence au Christ – et surtout, en ce qui les concerne, à la religion – en inventant un calendrier qui aura quand même été utilisé durant 14 ans.

Si Jésus-Christ a ainsi inauguré un autre temps, il a surtout ouvert sur une autre réalité, mais celle-là, elle ne dépend pas d’un calendrier ou d’un décompte des jours et des années, cette réalité là est celle qui ne peut se révéler que par la foi.

Dimanche dernier, premier dimanche après la Pentecôte, nous avons célébré tous les saints. Parce que la sainteté est précisément le don essentiel de l’Esprit. Aujourd’hui, la tradition de l’Église russe nous invite à évoquer ceux, parmi les saints, qui ont illuminé la terre russe. Mais avec ce dimanche, s’ouvre un cycle qui va nous conduire jusqu’au prochain grand carême, le cycle des dimanches « après la Pentecôte », ce temps que j’appelais le temps du Royaume, le temps de l’Église.

Et l’évangile que nous venons d’entendre nous introduit en quelque sorte dans cette réalité nouvelle qui va se construire devant nous, nous être révélée dimanche après dimanche, fête après fête : la réalité de la Parole agissante de Dieu.

Matthieu nous raconte – oh ! très brièvement – l’appel des premiers disciples. Ce sont des pêcheurs. Bien sûr, on remarque le symbolisme que Jésus exprime : je vous ferai pêcheurs d’hommes. Avant même qu’ils aient répondu à son appel, Jésus leur indique ce que sera leur mission. Ce sont pourtant des gens du peuple. Des gens simples que Jésus va pouvoir former, enseigner et qui peut-être sont plus ouverts que les scribes ou les intellectuels comme on dirait aujourd’hui. Non pas parce qu’on peut leur raconter et leur faire croire tout ce qu’on veut, mais parce qu’ils n’ont aucun a priori, parce qu’ils ne sont pas de ceux qui disent : « moi, je sais ».

Il n’en appelle pas un, il en appelle quatre. Mieux encore : ce sont chaque fois des frères. Comme si Jésus voulait marquer d’emblée que tout allait se jouer dans la collégialité, même si l’appel est à chaque fois personnel. Et tous répondent. Les premiers abandonnent ce qu’ils font, les seconds, ce qu’ils sont. Mais leur réponse paraît immédiate, entière. Ils ne s’interrogent pas. Ils ne disent pas : oui, mais demain, ou bien : « attends que j’aille chercher un sac, dire au revoir à ma famille » … ils abandonnent tout et ils le suivent.

Le mouvement est lancé. Les premiers disciples sont comme l’embryon de cette réalité que nous vivons et qui est l’Église. Et aujourd’hui, c’est à nous, à chacun de nous en particulier, que l’appel est lancé. Jésus est là, il nous invite, il nous dit « suis-moi ». Mais contrairement aux premiers disciples, nous tardons à répondre. Ou alors, nous disons oui mais nous continuons d’agir comme avant.

Mais Jésus nous laisse le temps de Lui répondre. Le temps pour nous de revivre les événements, de célébrer les fêtes, de prier, de méditer. Le temps que Jésus-Christ nous donne, c’est ce temps du Royaume qu’il a inauguré, c’est le temps de son Église, ce temps qui peut faire de nous des hommes nouveaux, des disciples du Verbe incarné, du Christ ressuscité, pour la plus grande gloire de Dieu et le salut du monde.





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