15e dimanche après Pentecôte -2011 - Mt 22, 35-46 – Jn 3, 13-17

Clôture de la fête de la Nativité de la Mère de Dieu
Dimanche avant l’exaltation de la Croix

L’évangile de Matthieu, que nous venons d’entendre en première lecture, rapporte une rencontre – entre Jésus et un docteur de la Loi, puis des Pharisiens – une rencontre que je voudrais rapprocher d’une autre (que nous avons évoquée il y a quelques dimanches), celle de Jésus avec le jeune homme riche.

Certes, il y a une différence importante : le jeune homme interroge Jésus pour savoir comment avoir la vie éternelle, le docteur de la Loi l’interroge, lui, pour le mettre à l’épreuve. Mais dans les deux cas, Jésus rappelle les commandements puis, il met ses interlocuteurs devant un autre questionnement : personnel pour le jeune homme, théologique pour les Pharisiens : à chacun ce qui lui revient …

Au jeune homme, il dit : « vends tout ce que tu as et suis-moi », aux Pharisiens, il pose une question sur le Christ. Tous s’en iront dépités : le jeune riche parce qu’il avait de grands biens, les autres parce que, malgré leurs connaissances – qui étaient grandes sans doute – ils n’ont pu répondre.

Au jeune homme qui l’avait appelé « bon Maître » Jésus avait aussi posé une question – disons – théologique : « pourquoi dis-tu que je suis bon ? Dieu seul est bon ». La réponse aurait été : mais, tu es Dieu. Celle des Pharisiens, mais tu es le Messie, le Fils de Dieu incarné, à la fois vrai Dieu et pleinement homme.

Ça, nous pouvons, nous, le dire aujourd’hui puisque ce sont là les fondements même de notre foi. Les contemporains de Jésus ne l’avaient pas encore découvert, pas tous en tout cas, et beaucoup d’entre eux allaient le rejeter.

Ces fondements de notre foi, on les retrouve dans la coïncidence des dates de cette année et dans l’extrait de l’évangile de Jean que nous avons entendu en deuxième lecture.

Les dates : ce dimanche marque la clôture de la fête de la Nativité de la Mère de Dieu que nous avons chantée « mère de la source de la vie » car en elle s’est incarné le Christ, notre Dieu qui – pour reprendre les mots du tropaire – « nous délivrant de la malédiction, nous a valu la bénédiction et, terrassant la mort, nous a fait don de l’éternelle vie ». Ce dimanche est aussi le dimanche avant l’exaltation de la Croix que nous allons célébrer demain soir et mardi et qui nous a valu d’entendre cet évangile de Jean.

Un extrait qui nous est – oserai-je dire – familier puisqu’on en retrouve des éléments dans la prière solennelle que le prêtre adresse à Dieu juste avant de consacrer les saints dons : « Toi qui as aimé le monde jusqu’à donner ton Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle ».

Bien sûr, dans l’extrait que nous venons d’entendre, Jésus annonce sa propre mort avec cette image du serpent que Moïse éleva dans le désert. L’épisode est raconté dans le livre des Nombres (Nb 21, 7-9). C’est un moment de l’exode, les Hébreux sont dans le désert et ils sont victimes des morsures de serpents. Dieu dit alors à Moïse d’élever un serpent d’airain (un alliage de cuivre et d’étain, mais peu importe) sur une hampe et « lorsqu’un serpent mordait un homme, celui–ci regardait le serpent d’airain et il avait la vie sauve » comme celui qui regardera vers Jésus crucifié avec le regard de la foi, celui-là aussi sera sauvé.

Quelle richesse dans toutes ces paroles !  Mais, au-delà du plaisir intellectuel – et de l’enrichissement spirituel aussi – que l’on peut avoir en les rapprochant ainsi, il ne faut jamais oublier que le message essentiel qui nous est adressé est celui du salut, celui de la vie qui nous est donnée, la vraie vie.

Il ne faut jamais oublier non plus, que « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui ». Et que le témoignage que nous, chrétiens, nous devons donner est bien celui de cette espérance,  de cette certitude même de la Vie qui nous est donnée en Jésus-Christ, par le Père et dans le Saint-Esprit. Amen.



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