16e dimanche après Pentecôte – 2011 - Mt 25, 14-30

Peче Гд притчу сию. Le Seigneur dit cette parabole. On le sait, lorsque l’extrait d’évangile que l’on va entendre commence ainsi, on va avoir droit à une leçon, un enseignement, sous forme d’image, d’une histoire.

On sait aussi que les talents dont il est question, ici, dans l’évangile sont une monnaie, un poids ; si on racontait cette histoire aujourd’hui, le mot le plus juste serait de dire que le Seigneur a remis à ses serviteurs cinq ou deux ou un lingots d’or.

Mais, comme il s’agit d’une image, on sait aussi que Jésus ne nous donne pas des conseils pour s’enrichir – on dirait aujourd’hui qu’il ne donne certainement pas une leçon de capitalisme – mais qu’il s’agit d’un enseignement spirituel donné dans un langage que les gens peuvent comprendre.

Mais, comme le dit Jésus lui-même, que celui qui a des oreilles entende !

Et qu’entendons-nous ? Qu’entendons-nous, par exemple, avec le mot « talent ». C’est que ce mot qui désigne une monnaie dans l’évangile est le même que celui que nous utilisons pour dire que quelqu’un a une capacité particulière, on dit même un don particulier, pour la peinture, le chant, l’organisation, la parole, l’écriture … En français comme en russe d’ailleurs ; talent – талант.

Alors, on se dit : oui, le Seigneur a donné à l’un de pouvoir chanter, un autre de pouvoir prêcher, à l’un d’être chantre, diacre, prêtre … Voilà comment il faut comprendre ! Et on n’a pas tort. Déjà dans le livre de l’Exode, lorsqu’on raconte la construction du sanctuaire, on rapporte les paroles de Moïse qui dit aux Israélites  :

 « Voyez, le Seigneur a choisi Untel, et il l'a rempli de son Esprit pour le rendre très habile et intelligent. Il connaît toutes sortes de techniques : il sait élaborer des projets, travailler l'or, l'argent et le bronze, ciseler les pierres précieuses et les monter, sculpter le bois, en un mot, il peut réaliser n'importe quel objet. Le Seigneur lui a aussi accordé, de même qu'à un autre, le don d'enseigner ces techniques. »

Ces deux là seront en quelque sorte les maîtres, en tout cas, ceux qui montreront le travail, et puis, il y a tous les autres, « les autres artisans à qui le Seigneur a accordé l'habileté et l'intelligence nécessaires pour exécuter les travaux, fabriqueront tout ce qui servira au culte dans le sanctuaire, conformément aux ordres du Seigneur. »

Nous pouvons donc nous dire que chacun d’entre nous a reçu quelque chose, un don. Que doit-il en faire ? Le faire fructifier, l’utiliser, mais en le mettant au service du Seigneur. C’est un choix, une attitude qui demande beaucoup d’exigence et d’humilité.

 
Prenons quelqu’un qui sait peindre, un artiste. Il peut peindre des tableaux, mettre toute son imagination dans ses toiles, les vendre, les exposer et, peut-être devenir célèbre et, pourquoi pas, riche. Ça arrive. Mais il peut aussi écrire des icônes, se soumettre aux canons de l’iconographie, respecter le jeûne et la prière qui lui donneront l’inspiration – non de son imaginaire, mais de l’Esprit saint – et rester toujours inconnu.

La grande leçon est là : ce que nous avons reçu, nous ne pouvons pas le mettre de côté, le cacher. Ce que nous avons reçu, nous devons – au contraire – nous en servir, mais pas pour nous-mêmes, mais pour le Seigneur. Car c’est le Seigneur qui donne et c’est le Seigneur qui récompense.

Mais, au-delà de ces talents qui nous sont donnés, de cette richesse qui nous est confiée, il ne faut jamais oublier le fondement même de la parabole : ce que le Seigneur confie à ses serviteurs, c’est ce que Dieu confie aux hommes : les richesses de son royaume, la force de sa parole, les instruments de sa grâce.

C’est cela, notre responsabilité de chrétien : porter témoignage de l’évangile, proclamer la bonne nouvelle, grâce aux dons que nous avons reçus. Et même celui qui n’a reçu qu’un talent, celui qui pense qu’il n’a aucun don particulier, il a, en lui, quelque chose qu’il peut mettre au service du Seigneur, ne fut-ce par exemple, que son sourire …

 
C’est cela notre responsabilité, et c’est de cela que nous devrons rendre compte. Alors, puissions-nous, par ce que nous avons fait mais surtout par la grâce et la miséricorde de Dieu, nous entendre dire : entre dans la joie de ton maître et goûter à la vie éternelle.



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