Les derniers temps

UNE FOI POUR TOUTES
9 JANVIER 2012
Les derniers temps ...

Bonjour !

On l’aura donc échappé belle l’an dernier. Certains ne nous avaient-ils pas prédit des événements marquants le 11 du 11 2011 à 11h11minutes 11 secondes ? Nous voilà donc rassurés jusqu’au 12 du 12 2012 à 12h12 minutes et 12 secondes. Sauf que, peut-être, en numérologie, 11 et 12 n’ont pas la même symbolique. Et puis, il y a d’autres menaces : selon le calendrier maya, la fin du monde est programmée pour cette année 2012. Des dates précises sont même avancées. Pas toujours la même, évidemment. Des scientifiques apportent de l’eau au moulin en annonçant pour le solstice d’été une conjonction des planètes qui pourrait provoquer d’importants raz-de-marée.

Une impression ? La réalité ? Il semble que depuis quelque temps les catastrophes naturelles se multiplient. Les guerres ? Il y en a toujours eu … Si on ne parle pas des famines c’est qu’elles sont devenues dramatiquement banales.

Signes précurseurs ? Événements annonciateurs de la fin ? Et quand cela se passera-t-il ? Personne ne connaît ni le jour, ni l’heure. Jésus est clair sur ce point lorsqu’il parle à ses disciples de la fin des temps. Il affirme : « Mais ce jour et cette heure, nul ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne sinon le Père, et lui seul.  » Le Père. Le créateur, la source de la Vie. Dieu est la vie et c’est donc dans ce que l’on pourrait appeler aujourd’hui d’une expression sans doute trop scientifique pour être applicable à Dieu « dans le noyau de la Vie » que tout se passera. Autant dire à des années lumières des choses compréhensibles par les hommes.

Nul ne connaît ni le jour ni l’heure. Il est de ces passages de l’Écriture que les théologiens seraient tentés d’approcher avec beaucoup d’humilité, sinon de prudence, au risque – bien malgré eux – de laisser le champ libre à des théoriciens plus ou moins gourous, à la pensée souvent sectaire et qui, parfois, précipitent leurs adeptes dans un scénario de fin du monde (le leur) à une date qu’ils ont eux-mêmes choisie. Parce que, évidemment, il en est qui se font comme un devoir de deviner le jour et l’heure.

Mais c’est aussi vrai que l’Écriture parle de cataclysmes et qu’inondations, incendies, raz-de-marée, tremblements de terre, semblent se multiplier …

Peut-on tout expliquer par le réchauffement climatique ? C’est le thème à la mode. Il a remplacé le trou dans la couche d’ozone. C’est un mouvement qui suscite aussi ses prophètes, comme ses intégristes et d’aucuns n’hésitent pas à parler de terrorisme vert. L’écologie élevée au rang de religion … Mais lorsque l’homme ne comprend pas, il peut avoir ce réflexe de se tourner vers le surnaturel. Et c’est alors que l’on ressort des extraits de l’Écriture pour tenter de les appliquer aux événements contemporains.

Et on peut trouver dans l’Écriture des passages qui semblent corroborer les prédictions les plus pessimistes. Jésus lui-même évoque des événements qui peuvent faire trembler de frayeur. Mais à l’image d’un dieu vengeur répond le message du Christ qui est celui d’un dieu d’amour.

Les menaces, les châtiments traversent les paroles des prophètes de l’Ancien Testament. Séismes ou conflits sont autant de sanctions d’un Dieu que l’on a délaissé, que l’on a trahi ou dont on n’a pas suivi les commandements. On pourrait multiplier les citations. Jésus-Christ, Lui, parle de pardon, de miséricorde. « En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu  » et non point pour condamner. Déjà dans l’Exode, « Moïse étendit son bâton vers le ciel, et le Seigneur déchaîna le tonnerre et la grêle : la foudre s’abattit sur la terre, et le Seigneur fit tomber la grêle sur le pays d’Egypte  » tandis que sur la croix, « Jésus disait : Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font . » Le pardon est la réponse au mal et à la violence, le pardon ne laisse aucune place à la vengeance ou à la punition. Il n’est donc plus question de Dieu vengeur qui châtie ceux qui l’irritent même si cette idée d’une sorte de justice immanente est toujours présente dans l’esprit de certains chrétiens.

Il est bien sûr des événements qui peuvent prendre, dans l’imaginaire collectif, des allures de fin du monde. Ce ne serait pas la première fois ! Le monde des dinosaures a bien disparu. D’autres mondes naissent et meurent dans la galaxie. Notre monde ? « Le soleil s’obscurcira, la lune ne brillera plus,  les étoiles se mettront à tomber du ciel et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées  ». Cela non plus, ce n’est pas nouveau comme annonce, le prophète Joël, par exemple, disait « Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang à l’avènement du jour du Seigneur, grandiose et redoutable . » Il faut bien l’admettre, notre monde a bien une fin. Mais ce ne sera pas la fin de la Vie. « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas  » dit Jésus. Et sa parole est une parole de vie, il est la Vie. Mais Jésus ajoute : « En vérité, je vous le déclare, cette génération ne passera pas que tout cela n’arrive . » Etrange parole qui pouvait faire penser à ses auditeurs qu’ils vivaient, pour de bon, les derniers temps.

Et ils avaient raison. Mais pas comme ils pouvaient l’imaginer. Aux envoyés de Jean qui venaient lui demander « Es-tu Celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre ?  » Jésus répond : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres  ». Les signes ne trompent pas : le Royaume de Dieu est proche, il est là. Lorsque Jésus meurt sur la croix, le voile du temple se déchire : il n’y a plus de séparation entre Dieu et l’homme, entre l’homme et Dieu. Le Royaume est donné, inauguré, il est encore à venir. D’une certaine façon, nous vivons les derniers temps. Nous sommes dans cette tension du déjà et du pas encore, du présent et de l’à venir. Le Royaume de Dieu est arrivé. Il est venu par Jésus-Christ, Jésus-Christ fait homme. Et c’est parce que nous vivons ces derniers temps que le message s’adresse à nous.

Guerres, famines et tremblements de terre sont souvent d’actualité. Tout cela est-il décryptable par l’Écriture ? Les esprits cartésiens, les scientifiques – et même sans doute nombre de théologiens – répondront par la négative. C’est que souvent, on peut expliquer les choses faute de pouvoir efficacement les prévoir.

Une chose pourtant est sûre : nous avons perdu des connaissances, des relations avec la nature qui étaient innées pour les anciens, celles qu’évoque sans doute cet épisode de la Genèse où Dieu confie à l’homme la création. Là aussi, l’homme a voulu gérer tout pour son propre profit, sans respect, sans perspective. Jusqu’à voir son petit monde s’écrouler. Et les techniques que nous avons développées ne peuvent pallier cette perte de connaissance.

Face aux événements, revient cette question : l’un des paramètres serait-il une gradation dans les manifestations annoncées ? On a connu d’autres séismes, graves, meurtriers mais à des époques où les risques industriels étaient moins grands et les risques nucléaires étaient nuls puisque la technologie n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui et touchait des sociétés moins nombreuses, une planète moins peuplée.

Pour ce qui est du crescendo, il faut dire que le XXe siècle a sans conteste été le plus sanglant avec deux guerres mondiales, plusieurs génocides avérés et des dictateurs dont les victimes, parmi leur propre peuple, se comptent par millions. Et là aussi, le « progrès » a permis, par exemple, aux Américains de se doter – et d’utiliser – la première arme de destruction massive qu’est la bombe atomique.

Mais, question : la géopolitique est-elle soluble par l’Écriture ? Pour ce qui est de voir des signes de fin du monde, on doit sans conteste répondre : non. Si on veut rattacher l’évolution des sociétés humaines au respect de valeurs et, singulièrement en ce qui nous concerne, des valeurs évangéliques : certes oui.

Les guerres ne sont jamais que le résultat de l’égoïsme, de la cupidité, de la soif de pouvoir et de domination des hommes. Ne sont-elles pas comme le fait d’une humanité qui s’est formée sur le meurtre originel de Caïn ? La conception de la vie est basée sur soi-même, son pays, sa religion, son profit, et les autres ne sont plus là que pour servir et répondre aux besoins, aux désirs, aux desseins pas toujours élevés.

L’homme qui ne tourne pas ses regards vers Dieu, vers les valeurs éternelles, va se concentrer sur lui-même, sur ses propres satisfactions. Il devient son propre Seigneur et maître et il n’aura de cesse d’essayer d’amener les autres à le servir, à entrer dans son jeu, à se plier à ses règles, celles qui régissent son propre univers.

Si des millions de gens meurent de faim, c’est que le marché des matières premières et l’organisation même du marché mondial sont gérés par une seule loi : les intérêts des grandes puissances industrielles et les conceptions d’un capitalisme ignorant des règles et surtout de l’éthique, pour ne pas parler ici de morale. Aux pauvres, on refuse de créer pour avancer des sociétés basées sur autre chose que sur les intérêts des riches.

Il n’y a donc pas, dans tout cela, de punition divine, mais le résultat – souvent scandaleux – de l’attitude des hommes eux-mêmes, qui vont jusqu’à agir sur le plan spirituel. Ce sont les faux prophètes, ceux qui conduisent à l’impasse sectaire, à la mort plutôt qu’à la vie, à l’abaissement de l’homme plutôt qu’à sa libération.

« Par suite de l’iniquité croissante, l’amour du grand nombre se refroidira ;  mais celui qui tiendra jusqu’à la fin, celui–là sera sauvé.  » dit encore Jésus.

Un monde semble bien fini : celui où l’Église chrétienne dominait la vie. Il est loin le temps où l’empereur était le chef de l’église à Constantinople et où les papes de Rome rêvaient de devenir, eux-aussi, empereurs. C’était un autre temps celui où les pays étaient catholiques, orthodoxes ou protestants. Anglicans aussi, bien sûr.  Même s’il en reste des traces, l’Église n’a plus le rôle ou la position dominante qu’elle avait dans la société. Au vu de ce qu’elle en a fait, c’est peut-être une bonne chose.

Aujourd’hui, les chrétiens sont encore persécutés, notamment dans les pays qui furent le berceau de la foi en Christ et où les disciples de Jésus sont aujourd’hui en faible minorité. Mais le plus grand danger vient peut-être des chrétiens eux-mêmes et de leur attitude dans la société contemporaine.

Nous nous disons des êtres libres, mais nous sommes (sans le savoir, bien souvent) prisonniers de systèmes ou de modes de vie qui déshumanisent progressivement le monde. Notre foi ne peut avoir un sens que si elle est mise en rapport avec la vie dans toute sa complexité. Une multitude de gens – dont certains qui se réclament du Christ  - pensent que les changements nécessaires ne viennent que de l’extérieur, des révolutions, et des modifications des conditions politiques ou sociales. Le message, le témoignage d’un chrétien devrait prouver qu’en réalité tout vient de l’intérieur, de la foi, de la vie selon la foi. Que la seule vraie révolution, finalement, c’est de se changer soi-même. Ce qui, en réalité, est le seul niveau auquel ont ait vraiment, pleinement, accès! Quand l’Église pénétra dans le monde gréco-romain, elle ne dénonça pas l’esclavage, n’appela pas à la révolution. C’est sa foi et la vision nouvelle de l’homme qui, progressivement, ont modifié fondamentalement la société et, par exemple, ont rendu impossible l’esclavage .

Nous ne sommes plus dans un monde sociologiquement religieux. Beaucoup se détournent de la religion sans pour autant s’engager, par exemple, dans la laïcité. L’attitude n’est pas pour ou contre, elle est généralement l’indifférence. Ou l’ignorance entretenue.

L’Église a cessé d’être une église de masse, elle redevient une Église de disciples. Certes, il y aura toujours des gens qui vont à la messe parce que c’est dimanche. Peut-être même qu’en cas de malheur (guerre ou tremblement de terre), les églises se rempliraient à nouveau : la peur fait parfois passer des portes ou retrouver des chemins …

Dans ce monde, le témoignage des chrétiens devient donc essentiel. Non pour convaincre les autres et les rallier à une quelconque cause, mais pour dire au monde qu’une autre vie est possible, qu’une autre réalité existe ! Et pour cela, point n’est besoin de grandes démonstrations. La parole peut être témoignage. Une conversation – même fortuite – peut jeter la semence qui provoquera un questionnement, qui fera envisager la possibilité de concevoir autrement la vie, qui fera souhaiter en savoir davantage. Souvent, des gens se sont convertis à Dieu, non parce que quelqu’un s’est montré capable de leur fournir de brillantes explications mais parce qu’ils ont vu chez lui cette lumière, cette joie, cette profondeur, ce sérieux, cet amour qui, seuls, révèlent la présence et la puissance de Dieu dans le monde

Alors, « Cette Bonne Nouvelle du Royaume sera proclamée dans le monde entier ; tous les païens auront là un témoignage. Et alors viendra la fin.  »
Au revoir
Que Dieu vous garde



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