2e dimanche de carême – 2012 - Mc 2, 1-12

Sur la route de notre carême, un miracle de Jésus. Une guérison. Une fois encore, la guérison spirituelle précède la guérison physique. « Tes péchés te sont remis » dit Jésus. Et le miracle est raconté pour démontrer la puissance du Christ : « Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire tes péchés te sont remis ou lève-toi et marche ? » Nous sommes témoins du miracle. Nous sommes, nous aussi dans cette maison bondée de Capharnaüm. Peut-être sommes-nous parvenus à entrer, à ne pas rester devant la porte. Mais là, qui serons-nous ?

Serons-nous parmi ceux qui écoutent la Parole, ceux qui seront capables de ressentir toute l’importance, tout le sens de ce qui vient de se passer, à en être saisis de stupeur avant de rendre gloire à Dieu en disant que nous n’avons jamais vu rien de pareil ?

Serons-nous de ceux-là ou bien serons-nous parmi les scribes, ceux qui critiquent, ceux qui soupçonnent. Parce que nous sommes très forts pour cela : critiquer, médire, écouter les dénigrements et les amplifier en les répétant. Et nous sommes toujours prêts à accuser les autres de blasphème ou de comportement mauvais.
 
Et, au fait, sommes-nous capables de discerner, de voir, quelle est vraiment notre attitude ou serons-nous aveugles jusqu’à penser qu’on parle encore des autres ?

Serons-nous, dans cette histoire, le paralytique ? Oui, sans doute. C’est le personnage auquel on s’identifiera le plus directement. Nous sommes terrassés par nos péchés, nos faiblesses, nos pensées mauvaises, nos mensonges, nos mesquineries, notre égoïsme, notre jalousie, notre orgueil, notre soif de pouvoir, notre manque d’amour et de pardon. Le poids de nos fautes nous empêche de marcher. Il nous faut compter sur la grâce de Dieu et la miséricorde de son Fils pour pouvoir nous relever et marcher : nous sommes des paralysés spirituels incapables d’avancer sur le chemin de notre vie.

Oui, nous sommes ce paralytique, comme nous pouvons être parmi tous ces gens réunis dans la maison de Capharnaüm : les témoins attentifs ou les scribes à la langue venimeuse. Nous pouvons être aussi parmi ces quatre hommes qui ont porté l’infirme. Le paralytique avait besoin d’eux : sans ces gens qui l’ont amené, il n’aurait jamais pu rencontrer Jésus, jamais, il n’aurait pu être guéri.

Mieux ! C’est en voyant « leur » foi, la foi de ces gens, que Jésus a guéri le malade.
 
Quel message ! Quelle responsabilité ! Quelles questions nous devons nous poser : sommes-nous capables de porter quelqu’un, je veux dire spirituellement, de l’accompagner sur le chemin qui mène au Christ ? Notre foi sera-t-elle assez grande pour que le Seigneur la remarque et qu’il accorde sa grâce ?

On ne nous dit pas qui étaient ces gens par rapport au paralytique : des parents, des amis, des voisins, de simples passants qui ont voulu, comme ça, lui donner un coup de main ? Parce qu’il fallait aussi que les porteurs se décident. Et nous ? Qu’est-ce qui fera que nous allons nous décider ?

Est-ce que, parfois, notre charité n’est pas sélective ? Il y a des gens qu’on aide et d’autres pas. Nous avons nos paralytiques à nous, nos malades à nous, nos pauvres à nous, ceux dont on veut bien s’occuper, ceux qu’on juge dignes – sans doute – de la grandeur de notre bonté. Nous mettons notre orgueil jusque là.

Hypocrites, dirait Jésus. Parce que, lui, ne met pas de limite à sa bonté. Lui, ne met pas de condition à sa grâce. Bien sûr, lui, il est Dieu, mais son commandement est sans équivoque : il nous demande de faire comme lui. Et lui, il est mort pour nous.

Prends ton grabat et marche, dit Jésus. Ce grabat, c’est le souvenir matériel de notre infirmité, c’est le fardeau de nos péchés que nous traînons avec nous. Qu’allons-nous en faire ? Bien sûr, nous l’emportons comme Jésus nous l’a dit. Mais après ? Allons-nous le traîner comme le poids de notre passé ? Mais si nous essayons de l’oublier, il y aura toujours bien quelqu’un pour vous le ramener et vous reprocher des fautes ou des erreurs  commises bien avant. Allons-nous essayer de l’abandonner comme on le ferait d’un vieux matelas, en cachette, au bord d’un terrain vague ?

Allons-nous le garder pour nous sentir toujours coupables, pour nous punir ? Non, parce que si Jésus nous dit : prends tong rabat et marche, c’est que nous sommes capables de le porter ce grabat de nos erreurs, de nos péchés et de nos fautes. Et que si nous faiblissons, le Christ est là pour le porter avec nous.

Alors, sans doute, faut-il sans cesse retourner devant le Seigneur et lui demander sans cesse de nous aider à vivre, à vivre tout simplement, à vivre avec le souvenir de notre infirmité, à vivre avec notre grabat, mais à vivre dans sa joie, à vivre dans sa grâce.



Site web réalisé par Arnaud Simonis