Dimanche du Paralytique 2012 - Jn 5, 1-15

Jésus, ressuscité, nous a donné la vie. C’est ce que nous chantons sans cesse depuis cette nuit radieuse de Pâque où le Christ est sorti vainqueur du tombeau, vainqueur de la mort, lui qui EST la vie !

Jésus rend la vie, Jésus guérit. Ce signe, il l’a donné à travers les guérisons, les miracles, les exorcismes lorsqu’il chassait les démons des possédés.


Bien sûr, ces miracles témoignent d’abord de la compassion de Jésus pour les malades et pour leurs proches. Jésus, vrai homme, montre là une réaction tout à fait humaine devant la souffrance des autres. Mais parce que Jésus est aussi vrai Dieu, ses actes sont tout autant une manifestation de la miséricorde divine.

Des actes dont il faut voir aussi la signification spirituelle, car ce n’est pas seulement par compassion ou pour rendre témoignage que Jésus guérit, c’est aussi pour donner tout son sens à sa mission parmi les hommes.

Jésus s’est fait homme pour guérir l’humanité entière de sa principale  maladie: le péché, l’éloignement de Dieu, dont la manifestation ultime est la mort. Et avec la mort, tout ce qui lui est relié : la maladie, le vieillissement, la souffrance.
 
C’est pour cela que Jésus lie la guérison spirituelle à la guérison physique : « Va et ne pèche plus » dit-il ou encore « tes péchés te sont remis. » Bien sûr, il ne faut pas penser pour autant que la maladie ou l’infirmité sont des conséquences du péché. Personne n’est malade parce qu’il a commis une faute ! La maladie n’est pas une punition ou un châtiment de Dieu ! Mais, et ça c’est bien connu des médecins et de tous ceux qui soignent les malades, un mal peut être le résultat d’un problème psychologique, psychosomatique dit-on. Ainsi, en guérissant l’esprit on peut réellement et valablement soigner le corps.

Mais, comme je le disais, il faut voir dans les guérisons de Jésus le sens spirituel qui, celui-là, s’adresse aussi à nous, car c’est nous qui sommes aveugles, c’est nous qui sommes sourds, paralysés, c’est nous qui sommes peut-être comme " morts " spirituellement.

 
Mais Jésus, et lui seul, peut nous guérir de ces maladies spirituelles. Mais d’abord, il faut vouloir être guéris : " Veux-tu guérir ? " dit-il au paralytique de la piscine de Béthesda. Et puis, il faut croire que Jésus peut nous guérir.

C’est bien sûr la signification immédiate de l’Évangile que nous venons d’entendre et qui démontre la puissance souveraine de Jésus sur la maladie. De Jésus qui n’a pas, lui, besoin de ces rites comme de plonger dans la piscine quand l’eau a été remuée par l’ange ou bien, comme on pourrait dire aujourd’hui, de l’onction de l’huile.

Nous, nous avons besoin de ces rites, de ces sacrements, mais Jésus peut intervenir dans notre vie directement. Peut-être même sans qu’on s’en aperçoive ! Si, bien sûr, on se rend compte que quelque chose a changé, qu’on est différent, qu’on va mieux mais on ne sait pas pourquoi.

C’est aussi un des enseignements de cet Evangile. Dans un premier temps, l’homme est guéri, mais il ne sait pas par qui. « Celui qui m’a guéri m’a dit … » Qui est-ce ? Il ne le sait pas. Il lui faudra une seconde rencontre avec le Seigneur pour qu’il le reconnaisse comme son sauveur.

 
Ainsi, il se peut qu’il nous arrive des choses dans notre vie qui sont des actes, des signes de Dieu que nous ne reconnaissons pas. Il nous faut alors d’autres expériences, d’autres rencontres pour voir la main de Dieu dans certains épisodes de notre existence et alors de pouvoir lui rendre gloire et mettre à son service ce qu’il nous a donné.

Mais, on le voit ici encore, l’important, ce qui est déterminant, c’est la rencontre, la rencontre personnelle avec Jésus. Et c’est là sans doute une des expériences les plus profondes, les plus originales du christianisme par rapport aux autres religions, c’est la rencontre possible avec Dieu.

Ce qui apparaissait impossible aux Israélites de l’Ancien Testament, voir Dieu face à face, nous est donné, à nous aujourd’hui.

Bien sûr, Jésus n’est plus présent parmi nous, on ne le voit plus en tant qu’homme, mais ne devons-nous pas le reconnaitre dans tous les hommes ? Et le Christ, lui, est présent parmi nous et la rencontre ne se fait pas par le regard mais, combien plus profondément, dans le cœur. C’est là que nous pouvons vivre du Christ, du Christ ressuscité.



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