Pentecôte - 2012

Évidemment, on peut toujours rêver. Se dire que le Christ aurait pu rester éternellement avec nous, qu’on aurait pu le rencontrer, le toucher … mais on se rend compte très vite que ce ne serait qu’un rêve. Plutôt, une erreur. Jésus lui-même le dit aux Douze : « C’est votre avantage que je m’en aille ; en effet, si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas à vous ; si, au contraire, je pars, je vous l’enverrai. » Ailleurs, l’évangéliste Jean nous explique  que Jésus leur parlait de « l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui : en effet, il n’y avait pas encore d’Esprit parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié . » On peut comprendre que le Christ doit retourner vers le Père pour que l’Esprit qui repose sur Lui soit donné aux hommes.

J’ai essayé de comprendre tout cela de façon plus simple, dans un langage qui nous est familier, même s’il s’agit d’une image, en tout cas d’une façon d’essayer de se rendre compte de tout ce que cela peut signifier pour nous.

Un couple adopte un enfant, un enfant qu’ils ont, en quelque sorte, choisi. Ce bébé, ils vont lui apprendre à marcher, à parler, à manger proprement, à communiquer … ensuite, quand il sera plus grand, ils vont l’éduquer et ce qu’on attendra de lui, c’est avant tout d’être obéissant. L’enfant, alors, reconnaîtra ses parents. Puis il grandira. Il prendra son autonomie, mais – si les parents ont joué leur rôle et réussi dans leur tâche, le jeune homme vivra selon l’esprit que lui auront inculqué son père et sa mère.

Dans la première alliance, Dieu se choisit un peuple. Il va le détourner des idoles, lui apprendre à marcher dans les voies du Seigneur, il demande l’obéissance. Puis, le temps venu, il envoie son Fils qui inscrira les préceptes divins non plus dans la pierre – comme la Loi de Moïse – mais dans les cœurs. Le peuple de Dieu devient celui des Enfants de Dieu, ceux qui peuvent appeler Dieu : Père. Mais, pour que l’enfant devenu homme soit vraiment responsable, il faut qu’il prenne son autonomie et qu’il vive de l’Esprit de Dieu, de l’Esprit saint qui a été donné à la Pentecôte.

Mais la Pentecôte, les langues de feu, c’est un événement qui s’est produit une fois dans l’histoire. Oui. Mais c’est un événement qui ne concerne pas seulement ceux qui en ont été les protagonistes de l’époque : les apôtres, les disciples ou, selon une interprétation des Actes des Apôtres , des 120 réunis pour la prière autour des Douze et de la Mère de Dieu. L’Esprit qui est donné est celui qui sera présent dans chacun d’eux mais aussi dans leur assemblée, leur ecclésia, l’Église. C’est ce même Esprit qui nous réunit, qui nous anime aujourd’hui, c’est ce même esprit dont saint Paul nous dit : « Cet Esprit lui-même atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu . »

Enfants de Dieu, nous le sommes devenus par le baptême. Dans notre histoire personnelle, c’est notre Pentecôte puisque le prêtre nous a fait le « sceau du don de l’Esprit saint ». Mais ce don, c’est un peu comme si on nous avait remis des graines. Si nous les laissons dans le fond d’un tiroir, elles ne vont pas grandir. Si nous les plantons mais que nous ne les arrosons pas, ne les entretenons pas, elles vont dépérir. Si nous les mettons en terre sans avoir défriché le sol, les herbes vont pousser, les étouffer. Tout ça rappelle la parabole du semeur sauf que la terre, bonne ou mauvaise, c’est nous.

Souvent, je rencontre des gens qui me disent : oh ! j’ai été baptisé, mais, vous savez … Oui, on ne le sait que trop bien. J’ai connu aussi des gens qui se disent en recherche, qui viennent, qui sont parfois enthousiastes et puis qui disparaissent, qui laissent tomber. Et nous, nous qui sommes ici, avons-nous vraiment essayé d’arracher toutes les mauvaises herbes qui empêchent l’Esprit de grandir vraiment en nous ? Nos habitudes, notre paresse, notre confort, notre agressivité parfois, notre orgueil, surtout …

Nous ne sommes plus sous la loi de Moïse. Jésus n’est plus là pour nous guider, nous enseigner directement, nous reprendre durement parfois. L’Esprit nous a été donné. Mais, c’est le but de toute notre vie, comme le dit saint Séraphin de Sarov, que de chercher à acquérir cet Esprit.

Roi du ciel, consolateur, Esprit de vérité, toi qui es partout présent et qui emplis tout, viens et fais ta demeure en nous, purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes toi qui es bonté.



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