Pentecôte - Lundi du Saint-Esprit – 2012

A Banneux

Dans notre calendrier liturgique, ce lundi de Pentecôte est désigné comme « jour de l’Esprit saint ». Un jour qui inaugure un temps nouveau. Temps liturgique, d’abord, puisque tous les dimanches qui viennent – et jusqu’au premier dimanche du carême seront numérotés Xe après la Pentecôte. Ce que certains appellent le « temps ordinaire » est donc le temps de Pentecôte, le temps de l’Esprit, le temps de l’Église.

Cette expérience spirituelle un peu cyclique qu’il nous est donné de vivre à travers le calendrier liturgique, nous ouvre sur le temps de l’existence humaine qui est celui dans lequel nous vivons et qui est aussi le temps de l’Esprit et le temps de l’Église. Les derniers temps, dit-on aussi. Ce temps où le Royaume de Dieu nous a été donné par le Christ mais qui nous met dans l’attente de la réalisation en plénitude. C’est le temps du déjà et du pas encore. Ce temps de l’eschatologie qui est propre au christianisme.

Il y a eu le temps de la préparation : Dieu a élu un peuple, il lui a donné une Loi, il lui a parlé par les prophètes. Puis, il a envoyé son Fils qui a pris, par Marie, la nature humaine. Jésus, vrai homme, est le Christ, vrai Dieu. C’était le temps de l’incarnation. Mais ce temps n’avait qu’un temps. « Je vous ai dit ces choses tandis que je demeurais auprès de vous, dit Jésus à ceux qui allaient devenir ses apôtres ;  le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit.  Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur cesse de se troubler et de craindre.  Vous l’avez entendu, je vous ai dit : Je m’en vais et je viens à vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père, car le Père est plus grand que moi.  Je vous ai parlé dès maintenant, avant l’événement, afin que, lorsqu’il arrivera, vous croyiez.  »

L’événement, c’est celui de la Pentecôte, celui du don de l’Esprit. Le premier geste du Christ ressuscité lorsqu’il va vers les Douze est de leur donner et la paix et l’Esprit. C’est dans l’évangile de Jean : « Le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine, alors que, par crainte des Juifs, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d’eux et il leur dit : « La paix soit avec vous. »  Tout en parlant, il leur montra ses mains et son côté. En voyant le Seigneur, les disciples furent tout à la joie.  Alors, à nouveau, Jésus leur dit : « La paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. »  Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ;  ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.  »

La paix soit avec vous. Jésus donne la paix. Rien n’est possible pour un cœur qui ne serait pas pacifié en Christ. Dans la liturgie, avant chaque moment important : lecture de l’Écriture, canon eucharistique ou communion, le prêtre bénit en disant : « paix à tous ». Les premiers mots de la première ecténie de nos offices est « en paix prions le Seigneur ». La paix est essentielle pour recevoir l’Esprit, pour être « un » en Christ.

Le premier geste du Christ ressuscité est aussi de souffler sur ses apôtres en disant : « Recevez le Saint Esprit ». Il leur transmet ce don de Dieu qu'Il avait promis à la Samaritaine, ce Saint Esprit qui repose sur Lui.  Il Le donne à ses apôtres et cinquante jours plus tard, après son Ascension, Il Le donnera sous forme de langues de feu à toute son Église, aux cent-vingt
disciples rassemblés avec la Mère de Dieu, tous ceux qui « unanimes, étaient assidus à la prière, avec quelques femmes dont Marie la mère de Jésus, et avec les frères de Jésus.  »

L’Esprit est alors donné en assemblée, en Église. Un peu comme le jour de l'Annonciation, lorsque le Saint Esprit couvre Marie de son ombre et que le Verbe s'incarne en elle et donne un corps à Jésus, le jour de la Pentecôte, le Saint Esprit couvre de son ombre les disciples rassemblés, l’ecclésia, et s’incarne dans l’Église, corps du Christ. L’Esprit est alors présent dans l’Église tout entière comme en chacun de ses membres, en chacun de nous.

Car c’est à nous, aujourd’hui, de vivre de ce don de l’Esprit saint. Et c’est une grâce toute particulière qui nous est donnée à chaque liturgie, chaque fois que nous célébrons ce que le père Schmémann appelle si bien le « sacrement du royaume », c’est une grâce que de pouvoir sentir la présence de l’Esprit saint, de pouvoir faire l’expérience de son souffle, et, en Esprit, de pouvoir communier au corps et au sang de notre Seigneur Jésus-Christ et participer ainsi, dès maintenant, au festin du royaume.



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