12e dimanche après Pentecôte – 2012 - Mt 19, 16-26

Le jeune homme vient demander à Jésus : que dois-je faire de bien pour avoir la vie éternelle ? Ce jeune homme n’est pas n’importe qui : il connaît la loi de Moïse, les Ecritures et il a un grand souci de sa vie spirituelle. Mieux : il pense même qu’il est sur le bon chemin, mais il a un doute. Jésus va mettre clairement les choses au point : « si tu veux être parfait, vends tout ce que tu as, et suis-moi ».

C’est bien cela l’appel du Christ. Rappelez-vous, Pierre, André, Matthieu à qui il a dit : « Suis-moi » et ils ont tout laissé, et l’ont suivi.
 
Jésus ne veut pas simplement notre profession de foi, notre déclaration de bonne intention, mais notre vie. « Que ta volonté soit faite » car c’est bien la volonté de Dieu et la réponse du jeune homme riche, notre réponse, devrait être Seigneur, prends tout ! Ma vie, mes possessions, mon travail, ma famille, mes relations, oui, prends tout Seigneur. Prends tout cela pour en faire des instruments de ta volonté, des étapes – toutes petites sans doutes, mais des étapes quand même – de la venue de ton royaume. Sinon, comme le jeune homme riche, on tourne le dos et on s’en va tout triste. Ou comme Judas à qui Jésus a dit aussi : « Suis-moi » mais qui lui a tout gardé et qui l’a rejeté.
 
Il paraît qu’en Afrique pour capturer les singes, les indigènes faisaient un trou dans un tronc d’arbre et mettaient un appât dans le trou.
Le singe mettait la main dans le trou pour prendre l’appât, mais lorsque sa main tenait l’appât, il ne pouvait plus ressortir son poignet par le trou. Tout ce qu’il devait faire pour être libre, c’était de lâcher ce qu’il tenait dans la main. Il était donc pris par ce qu’il pensait posséder.
 
Stupide, non ? Mais les gens ne sont-ils pas parfois tout aussi stupides ? Ils s’accrochent à des choses qu’ils pensent être importantes, mais en le faisant, ils s’écartent de ce qui est vraiment important. Ils sont peut-être capables de faire des professions de foi impressionnantes, mais ils ne parviennent jamais à une relation intime avec Jésus-Christ. Pourquoi ? Parce qu’ils ne veulent pas renoncer à leur vie, et renoncer à tout pour suivre le Christ.
 
Le jeune homme riche, extérieurement, semblait aller si bien mais intérieurement, il était complètement vide. D’ailleurs, les grands et les riches de ce monde sont parfois ceux qui sont les plus seuls et les plus angoissés. Ils sont souvent à la recherche de solutions pour leurs problèmes existentiels, comme ils disent. La vie. Ils peuvent mener la grande vie, mais ils recherchent la vraie vie, celle qui a un sens. Et vous, nous, nous avons la solution à leur recherche. Pensez à Nicodème, cet homme grand et puissant, à Zachée, le richissime,  ils sont venus à Jésus pour être comblés.
 
Mais la vie, la vraie vie, celle qui a un sens, celle que nous appelons, nous, la vie éternelle, on n’y arrive pas par les bonnes œuvres, je veux dire que ce n’est pas une récompense qui se gagne, c’est une rencontre, c’est un don mutuel entre Jésus-Christ et nous.
Jésus qui nous, demande, comme il le fait au jeune homme : « Veux-tu être parfait ? » mais est-il  possible de devenir parfait par ses propres efforts ? A coup sûr, non.
 
La vraie question est donc celle-ci ?  Qui est le Seigneur de ta vie ? Qui a vraiment la première place ? Pour le jeune homme c’était son argent. Pas le fait d’en avoir, mais bien la manière dont il considérait son argent, ce qu’il en faisait. Cet homme réagit comme le singe. Il se cramponne à son appât qui mène à sa perte. On dirait aujourd’hui que son péché c’est le matérialisme.
 
Alors, nous aussi, nous pouvons nous poser deux questions. La première est celle-ci : lorsque, durant le carême nous disons – dans la prière de saint Ephrem – « Seigneur et maître de ma vie – Господи и Владико живота моего » est-ce bien la vérité ? Et la deuxième est : qu’est-ce qui empêche d’avoir Jésus-Christ comme Seigneur de sa vie ? L’argent ? Le prestige ? La carrière ? Une relation ?  L’orgueil ?
 
Car notre richesse, à nous, ce n’est pas nécessairement l’argent, ce ne sont pas les biens que nous possédons. Ce sont nos idées, nos traditions parfois, ce sont ces choses auxquelles on s’accroche en pensant que c’est ça qui nous donne le bonheur, qui nous rend la vie possible, qui nous donne la vie. Ces choses que nous ne voulons pas lâcher et qui peut-être nous maintiennent prisonniers, comme le singe et son appât dans le trou de l’arbre.

Sommes-nous prêts à lâcher prise ? C’est difficile. Et ce n’est pas en donnant tout ce que nous avons que nous allons y parvenir, ainsi, d’un coup, comme par magie. Parce que si nous gardons nos idées, nos pensées liées au monde, aux choses du monde, à ce qui est matériel – c’est ça que nous appelons matérialisme – nous ne pourrons jamais découvrir les réalités spirituelles et moins encore atteindre cette vie, cette vraie vie que nous appelons la vie éternelle et qui n’est rien d’autre que notre salut.



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