20e dimanche après la Pentecôte – 2012 – Lc 7, 11-16

Quel hasard ! Au moment même où Jésus s’approche d’une ville, voilà qu’il croise un enterrement. En fait, ce sont presque deux cortèges qui se croisent : il y a beaucoup de gens qui suivent Jésus et une foule considérable de gens de la ville qui suivent le cortège funèbre. C’est qu’on enterre un fils unique dont la mère était veuve. De quoi apitoyer, de quoi émouvoir. Et saint Luc nous dit que Jésus lui-même fut touché de compassion.

Combien de miracles Jésus n’aura-t-il pas fait par compassion ! Car ici, on ne lui demande rien, Il ne demande rien. Il s’approche de la mère, touche le cercueil, et le mort se dresse et parle. Il était couché, il se relève. Il était muet, il parle ! Le Christ lui a rendu la vie et la parole.

Et si on réfléchissait un peu plus loin que, simplement, ce qui vient de se passer. Si on réfléchissait sur les éléments même de ce récit… c’est que ce n’est peut-être pas simplement pour susciter la pitié pour la femme et montrer la compassion de Jésus que l’évangéliste rapporte cet événement.

D’abord, il y a rencontre. Jésus, ses disciples et la foule. La mère, son fils mort et là aussi une foule qui les suit.

La mère. C’est l’image de celle qui donne la vie, celle que la Genèse appela Ève ; c’est l’image aussi de la mère nourricière, de la mère nature et son fils est donc l’homme, l’être humain. C’est son fils unique, parce que l’homme est unique dans la création, parce que chaque homme est unique aux yeux de Dieu. Mais la femme est veuve. Le défunt n’avait donc plus de père … voilà qui, évidemment, nous parle tout autrement !

La foule qui suit le cercueil ne fait donc que suivre l’homme – l’être humain – dans ce qui paraît être sa fin ultime : la mort. La foule qui suit Jésus, marche sur les pas de celui qui parle de la Vie éternelle, du Père retrouvé, celui qui est la vie, celui qui peut nous mener au Père. Et la rencontre se fait.

Comme dans une préfiguration du matin de Pâques, Jésus rend la vie à cet homme, cet être unique que, malgré tous ses soins, malgré tout son amour, sa mère nature n’avait pas pu garder en vie. Mais Jésus, par sa mort, va vaincre la mort, (c’est ce que nous chantons dans le tropaire de Pâques) et c’est en cela que le geste de Jésus est comme une annonce, une préfiguration de la victoire pascale. Comme le sera la résurrection de Lazare.

Les foules, celle qui accompagnait Jésus, celle qui suivait l’enterrement, ces foules ont-elles compris ce qui se passait vraiment ? Sans doute que non. Mais elles vont rendre gloire à Dieu et proclamer la venue d’un grand prophète.

Cet épisode se situe donc dans une sorte de devenir. Pour nous, c’est un rappel de ce que Jésus-Christ, fils de Dieu incarné a fait pour notre salut, fils de femmes, fils d’hommes. Nous qui étions morts spirituellement et qu’Il a redressés, à qui il a rendu la parole. Nous qui étions sans Père parce que nous avions délaissé le ciel pour vivre de la terre. Pour nous, c’est cette éternelle rencontre avec Jésus-Christ qui vient vers nous, qui nous appelle, nous appelle à la Vie.

C’est une rencontre. Par hasard ? Il n’y a pas de hasard dans le dessein de Dieu. Et nous aurions beau nous poser des questions : pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Nous ne pourrions trouver aucune vraie réponse. Mais Dieu a visité son peuple. Voilà ce que clament les gens de Naïm. Puisse Dieu nous visiter encore et toujours et surtout puissions-nous lui ouvrir notre cœur et notre âme pour qu’il y mette la Vie.



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