21e dimanche après Pentecôte – 2012 - Lc 8, 5-15

De tous temps, il y a eu des semeurs. Des semeurs de la parole de Dieu. Pour transmettre son message au peuple qu’il s’était choisi, Dieu a suscité les prophètes, avant d’envoyer son fils unique, Jésus Christ par qui la parole entrait dans l’histoire des hommes : le verbe s’est fait chair.

Les apôtres vont ensuite – comme Jésus leur en avait donné la mission – répandre son message jusqu’aux confins de la terre, jusqu’au bout des temps, jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à nous. Nous qui devenons les nouveaux semeurs de la parole de Dieu.

Dieu utilise donc aujourd’hui la parole des hommes pour répandre et garder son message.

Et pourtant ! Combien de paroles pour ne rien dire ! Combien de paroles inutiles – de vains bavardages pour reprendre le terme de la prière de carême de saint Ephrem – combien de paroles ainsi qui, à peine prononcées, s’envolent, s’oublient.

Il y a aussi des paroles qui blessent, des mots qui font mal.

Et puis, il y en a d’autres qui touchent, qui vont droit au cœur.

La parole permet d’abord d’exprimer des pensées, de dire ce que l’on aime, ce que l’on craint, ce que l’on pense. De partager un peu sa vie et, en écoutant ce que l’autre dit, de partager aussi sa vie et ses pensées.

On échange ainsi ses peines, ses joies, ses espoirs …

Nos paroles humaines sont aussi comme de la semence. Qu’est-ce que j’essaie de faire, maintenant, dans ce sermon si ce n’est partager avec vous une réflexion ? Que faisons-nous lorsque nous allons visiter les malades, les familles des défunts ou encore les détenus du Centre fermé de Vottem, que faisons-nous sinon essayer de trouver une parole de réconfort, de leur apporter avec simplement des mots, un peu de chaleur, d’amour et de fraternité.

Nous sommes des semeurs de mots. Mais, avons-nous toujours bien conscience du poids des mots que nous laissons ainsi au coin d’une conversation ?

Il m’arrive encore souvent de rencontrer des gens qui me disent : « Tu te souviens, il y a des années, on était là ou là et tu m’as dit ceci ou cela ». Bien sûr que je ne me souviens pas. Et je ne sais pas pourquoi mon interlocuteur a retenu ce que je lui avais dit. Toujours est-il qu’il s’en souvient, lui, et que – peut-être – cette parole a pu influencer un choix, qui sait, un peu de sa vie

C’est ainsi, à travers ces mêmes mots qui sont les nôtres que la parole de Dieu est aujourd’hui annoncée, semée, par toute la terre.
C’est la mission de l’Eglise : faire connaître aux hommes le Nom de Dieu et son amour pour les hommes. C’est le rôle de chacun des membres de l’Eglise. C’est notre rôle de chrétiens.

Annoncer. Témoigner. Le dire. Non seulement par la parole, mais aussi par des actes. Car nos actes parlent pour nous. Notre vocation, c’est d’être le signe, le signe vivant, de l’amour de Dieu, d’en être le signe parmi les hommes. Et de le traduire, de le dire, de le vivre, de l’incarner nous aussi, jusque dans les mots les plus humbles, dans les choses les plus simples, celles qu’on appelle les choses de la vie.

Parce que c’est bien au milieu des hommes que l’Eglise doit se trouver, que nous devons nous trouver, partageant les joies et les bonheurs, annonçant la Bonne Nouvelle, mais partageant aussi les doutes, les peurs et les angoisses.

C’est ainsi que l’Evangile rejoindra vraiment nos vies et qu’il sera alors, vraiment, l’évangile de Jésus-Christ.



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