23e dimanche après Pentecôte - 2012 - Eph 2, 4-10

"C'est par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu; il ne vient pas des œuvres car nul ne doit s'en vanter"

L'apôtre affirme ici avec force que le salut est donné, offert, gratuitement par le Christ. Il dit tout aussi fermement que ce n'est pas la récompense pour nos bonnes œuvres, que ce n'est pas nous qui l'avons gagné - ou pire, acheté - par nos bonnes actions et qu'il nous serait donné en proportion du bien que nous avons fait.

Le Christ est mort pour nous et nous dans le Christ. Parce que c'est l'homme, l'être humain, homme et femme que Jésus a pris dans son mouvement de mort et résurrection pour lui ouvrir la voie de la vie, la vraie vie, celle que l'on appelle la vie éternelle.

Ainsi, ce don de la vie est une grâce, donc un don, un don gratuit moyennant la foi au Christ.

Mais la foi n'a rien à voir avec la crédulité. On ne croit pas en Dieu comme on peut croire au père Noël, ou, chez nous, au  Saint Nicolas de notre enfance.

Et pourtant, que de dégâts, que d'erreurs, que d'horreurs parfois ont été commises au nom de cette foi aveugle, de ces croyances que l’on voulait imposer. Et l'Eglise, elle-même a pu se perdre dans ces voies de la déraison.

La foi n'a rien à voir non plus avec la certitude tout aussi aveugle d'avoir raison et que les autres ont tort. Bien sûr, je pense être dans le vrai et dans le bon, sinon, je serais bien bête de continuer sans chercher ailleurs, mais cela n'empêche pas la réflexion, cela n'exclut pas le doute. Et il faut avoir l'humilité de ses doutes plutôt que l'arrogance de sa certitude.

La foi, enfin, n'a rien à voir avec l'art ou le génie d'interpréter les textes, de jouer des symboles. On peut très bien passer maître dans cet art du commentaire, écrire des choses très belles, et n'en faire qu'un discours creux, sans contenu vital, sans âme.

En fait, un chrétien orthodoxe ne peut se contenter de lire la Bible, mais de plus: il cherchera à approfondir le message biblique qui peut atteindre son cœur et tout son être lorsque ce message est vécu et prié au cours des offices liturgiques qui en sont l’actualisation.

Ainsi, la foi est une démarche personnelle, libre, qui commence par une ouverture du coeur. C'est d'abord l'acceptation du don de Dieu parce que c'est le don de la vie, parce que c'est le don de l'amour.

La foi, c'est d'avancer dans la vie, la recherche spirituelle selon sa conscience et surtout en confiance, confiance en la miséricorde et en l'amour de Dieu.. Avancer dans cette vie comme une quête parfois douloureuse mais souvent exaltante et riche, en tout cas, du réconfort de la grâce offerte alors toujours en surabondance.

Mais il est dit par ailleurs qu'une foi sans les œuvres est une foi morte. C'est que le bien que nous pouvons faire est la conséquence de notre appartenance au Christ, il n'en est pas le prix.

C'est parce que le Christ vit en nous que nous pouvons accueillir l'autre dans la charité, nous abandonner parfois dans l'amour. C'est pour cela que personne ne doit pouvoir s'en vanter. Mais c'est pourquoi aussi,  c'est sur nos œuvres que nous serons jugés comme déjà maintenant, c'est sur notre attitude que les autres nous estiment, sur notre capacité à vivre les valeurs de l'évangile et surtout à les traduire en actes, à en imprégner toute notre vie, et cela, malgré nos limites, malgré nos faiblesses, malgré nos doutes, mais dans la confiance en l'amour et en la miséricorde de Dieu.



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