24e dimanche après Pentecôte – 2012 - Eph 2, 14-22

Jésus-Christ est notre paix écrit saint Paul aux chrétiens d’Ephèse.

Ce dont il leur parle en disant cela n’est plus d’actualité aujourd’hui si l’on prend les faits comme ils sont décrits : l’apôtre évoque en effet la réunion autour du Christ des Juifs et des autres, ceux qu’on appelait les « gentils », des circoncis et des incirconcis. Deux peuples disons, deux hommes – deux sortes d’hommes – que l’on ne pouvait imaginer rassembler, concilier dans une même foi, une même religion et qui s’unissent autour de la croix de Jésus. Deux sortes d’hommes qui fondent ainsi un homme nouveau, en Jésus-Christ, au-delà de la Loi de Moïse.

L’homme nouveau est une idée qui, elle reste tout à fait d’actualité : c’est cet homme que nous sommes tous appelés à devenir en Jésus dans l’union de la chair et de l’esprit, en harmonie, en paix.

La paix. La paix du Christ. Jésus est notre paix.

Au début de chacun de nos offices, la première prière – qu’on désigne d’ailleurs sous le nom de mirnaya – commence par cette invitation : « En paix, prions le Seigneur » parce que, si l’on veut entrer dans la Liturgie ou dans l’office, il faut apaiser son cœur : on ne peut participer vraiment, j’oserais dire profiter de ces moments intenses et extraordinaires que sont nos célébrations, si on a l’esprit tourmenté. Et si c’est le cas – parce qu’on ne parvient pas toujours à oublier ainsi ses querelles et ses ennuis – la prière elle-même peut nous y aider.

La prière liturgie est d’ailleurs rythmée de cette même invocation de paix. A chaque petite ecténie (ces courtes  litanies de demandes qui reviennent régulièrement) le prêtre ou le diacre s’exclament d’abord : « Encore et encore, en paix, prions le Seigneur ».

Tout aussi régulièrement, le prêtre bénit l’assemblée en disant « Paix à tous ». Pour ne parler que de la Liturgie, cette bénédiction intervient à des moments importants de la célébration :
-    avant la lecture de l’Evangile,
-    avant le chant par l’assemblée du Credo qui est la proclamation solennelle de notre foi, qui commence le canon eucharistique c’est-à-dire les prières de la consécration des Saints Dons et de l’Epiclèse, la prière appelant la descente de l’Esprit Saint
-    et enfin après le chant du Notre Père, la prière de Jésus qui rassemble autour du même Dieu, du même Père et qui précède le moment fort de la Liturgie, celui où se forme en quelque sorte la communauté, celui de l’eucharistie, de la communion.

Enfin, l’invitation finale est « Sortons en paix », que cette paix, cette pacification, cette réconciliation de l’homme avec lui-même et de l’homme avec son Dieu, que cette paix nous l’emmenions dans le monde, dans notre vie de tous les jours.

Jésus-Christ est notre paix. Mais la paix de Jésus n’est pas simplement l’absence de guerre ou l’absence de violence. Bien sûr, nous prions « pour la paix du monde entier », nous demandons « un ange de paix guide fidèle et gardien de nos âmes et de nos corps » et lorsqu’il prie pour les autorités civiles, le prêtre dit « accorde-leur de gouverner en paix, afin que nous puissions, dans la tranquillité qu’ils nous assurent, mener une vie paisible et calme en toute piété et dignité » parce qu’on ne peut vivre normalement dans un monde en guerre, parce que la violence est une plaie qui ronge la société et qui divise les hommes.

Mais avant tout cela, nous avons prié « pour la paix qui vient d’en haut », la paix qui vient du ciel, la paix qui vient de Dieu, la paix de Jésus-Christ.

Et cette paix, c’est bien celle qui s’inscrit dans nos cœurs. Celle – comme je le disais, il y a un moment – de l’homme réconcilié avec lui-même et avec son Dieu. C’est pour cela qu’après la confession, j’aime à bénir celui ou celle qui vient de recevoir l’absolution en lui disant « vas en paix ».

Car cette paix là, en effet, seul Jésus-Christ peut la donner.



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