25e dimanche après Pentecôte – 2012 - Eph 4, 1-6 – Lc 10, 25-37

Au docteur de la Loi venu l’interroger, Jésus raconte la parabole du bon Samaritain. Une manière de lui expliquer ce qu’est l’amour du prochain, un amour qui se définit simplement : pratiquer la miséricorde envers lui.

Aux Éphésiens, saint Paul écrit : « appliquez-vous à conserver l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix », cette paix qui a été donnée par Jésus à ses disciples, cette paix qui a été donnée à ceux qui ont répondu à l’appel du Christ, cette paix qui peut se décliner en « humilité, douceur, patience ».

Au cours de notre Divine Liturgie, juste après que nous ayons proclamé notre foi en chantant le credo, le верую, et pour commencer ce qu’on appelle le canon eucharistique, c’est-à-dire le moment de la consécration et de l’épiclèse, le le diacre s’exclame : « Tenons-nous bien! Tenons-nous avec crainte ! Soyons attentifs à offrir en paix la sainte oblation » et le chœur de répondre : « милост мнра жертву хваления » « La miséricorde et la paix, le sacrifice de louange. »

La miséricorde, la paix. Deux mots si importants pour nous car c’est sur eux que se fonde notre vie de chrétien, ce sont ces sentiments qui doivent nous porter, nous guider dans notre manière de vivre cette vie.

Bien sûr, comme nous le disons dans une prière de la pannychide : « il n’y a pas d’homme qui vive et ne pèche pas ». Seul Dieu est sans péché. De la même manière, en voyant quelle est le plus souvent notre attitude, nous pourrions dire : seul Dieu est miséricordieux. Oui, mais c’est précisément de cette miséricorde que nous devons nous nourrir, cette miséricorde qui nous est donnée et qui doit nous inspirer, nous donner la force d’aimer.

Lorsqu’il écrit « appliquez-vous à conserver l’unité dans l’Esprit », saint Paul s’adresse à une communauté, celle des Éphésiens. Aujourd’hui, on pourrait aisément reprendre cette phrase dans une assemblée œcuménique, mais avant de parler d’unité entre catholiques, protestants, orthodoxes, commençons par nous demander si cela ne s’applique pas d’abord aux orthodoxes entre eux ? Commençons aussi par nous demander si cela ne s’applique pas à nous, à cette communauté paroissiale que nous formons. A quoi sert-il de dialoguer avec le voisin si on n’est pas capable de faire la paix dans sa propre maison ?


Jésus-Christ nous a enseigné la miséricorde, il nous a donné sa paix. Ce sont ces dons qu’il nous revient de faire fructifier, de mettre en pratique afin, comme saint Paul pourrait nous le dire aujourd’hui, à nous, de « mener une vie digne de l’appel que vous avez reçu ».

Mais, comme le docteur de la loi, nous pourrions dire que, tout cela, nous le savons bien et sans doute que, nous aussi, nous pourrions trouver une question à poser « pour nous justifier ». Parce que nous avons l’art de chercher à contourner l’obstacle, nous sommes les champions des « bonnes raisons » de ne pas faire ceci ou cela ; nous disons à notre Père : « que ta volonté soit faite » mais nous nous empressons de faire la nôtre dans mille et un événements – petits ou grands – de notre vie.

Dans son Grand Canon, celui que nous lisons durant la première semaine du Grand Carême, saint André de Crète compare l’homme victime des brigands à l’être humain victime du péché, victime, dit-il, du « brigandage des pensées ». Mais le Christ, bon Samaritain, est là pour nous soigner et pour nous confier – comme à un hôtelier – à l’Église qui prendra soin de nous. Le Christ qui est toute miséricorde, le Christ qui est notre Paix.

Et nous devons toujours garder en tête, mais surtout dans le cœur, cette affirmation de l’apôtre : « Il n’y a qu’un seul Corps et qu’un seul Esprit, comme il n’y a qu’une seule espérance au terme de l’appel que vous avez reçu, un seul Dieu, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous et en tous ».

A Lui soit la gloire pour les siècles des siècles. Amen.



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