26e dimanche après Pentecôte – 2012 - Lc 12, 16-21 – Eph 5, 9-19

Je voudrais prendre avec vous un moment de réflexion à la lumière des lectures que nous venons d’entendre, sur le temps que nous vivons, ce temps avant Noël est pour nous un temps de carême. C’est peut-être le temps de carême le plus difficile à tenir. Si nous voulions respecter à la lettre les prescriptions de l’Eglise, nous devrions nous abstraire de toute l’ambiance de fête qui nous entoure, de la préparation des réveillons, de ces moments qui marquent la fin d’année sur le calendrier qui ne coïncide pas avec notre calendrier liturgique mais qui est celui de notre vie de tous les jours.

Il faut le répéter : il n’y a pas deux règles, une pour les moines et une pour les autres. Le prescrit est le même pour tous. Mais Jésus ne disait-il pas que la loi est faite pour l’homme et non l’homme pour la loi ? Autrement dit : si les règles sont les mêmes pour tous, tous ne sont pas dans les mêmes conditions.

Et c’est vrai que, si c’est dur de rester dans un esprit de carême avec cet environnement festif que l’on connaît bien, les semaines qui viennent seront aussi l’occasion de se retrouver en famille, avec des amis et qu’il convient d’adopter, de trouver, la bonne attitude, d’autant que, pour beaucoup d’entre nous, ceux qui sont nos proches ne sont le plus souvent pas orthodoxes.

Si on se retire, se renferme, si on refuse de partager quelques moments de convivialité, on risque d’adopter une attitude qui ne sera pas toujours bine comprise, que certains vont qualifier d’intégriste, d’avoir un comportement sectaire ou, pour le dire selon nos références, de se comporter comme un Pharisien, en faisant passer avant tout le respect strict de la règle, voire en la contournant comme celui qui mangerait du caviar ou du homard parce que ce n’est pas de la viande …

Mais il faut se garder de dire comme cet homme enrichi de l’évangile d’aujourd’hui : « Repose-toi mon âme, boit et fait la fête » et dont l’erreur est de confondre cette richesse matérielle avec un accomplissement spirituel. Il ne faut pas prendre le confort pour de la béatitude, choisir la prospérité comme voie du salut, délaisser la richesse spirituelle pour les biens de ce monde.

Cet enseignement, l’Evangile ne cesse de nous le répéter de différentes façons et de nous mettre en garde. On répète souvent cette phrase de saint Séraphin de Sarov qui disait que le but de la vie chrétienne, c’est l’acquisition du Saint Esprit, de l’Esprit de Dieu. Et cela ne se trouve pas dans de riches greniers ou dans des comptes en banque.

Cela se trouve dans la prière, la prière personnelle, dans la prière liturgique qui nous permet de participer au seul banquet de la Vie, l’eucharistie. Cela se trouve enfin dans l’Ecriture.

« Conduisez-vous enfant de lumière » indique l’apôtre Paul, c’est-à-dire, vivez l’instant présent dans la lumière de l’Évangile, dans l’éclairage de l’enseignement de Jésus.

Ainsi, s’il est important de ne pas se couper de la famille, des amis, il est impératif de ne pas transformer ces moments en beuverie et ripaille (« ne vous enivrez pas de vin » invective encore l’apôtre) mais de privilégier la convivialité et surtout la rencontre.

« Lève-toi d’entre les morts » dit-il encore. Oui, soyez « vivants » c’est-à-dire ouverts de cœur. Car tout effort spirituel est illusoire s’il ne commence pas par la recherche de la bonté et de l’honnêteté. En ce compris l’honnêteté avec soi-même. Et pour nous, ce ne sont pas simplement des choses humaines : il s’agit bien de la bonté et de la vérité de Dieu transmises par l’Esprit saint.

Certes, il est plus facile de discuter de grandes idées théologiques ou même des règles du carême que de tendre de tout son cœur vers la bonté, la droiture de Jésus, de s’inscrire dans son message de respect et d’amour. Alors, comme au début du canon eucharistique, ayons cet élan de dire « élevons nos cœurs » et d’y répondre : « nous les tournons vers le Seigneur » car il est à la fois le modèle, l’inspirateur et le donateur de notre vie, dans son amour pour les hommes.



Site web réalisé par Arnaud Simonis