30e dimanche après Pentecôte 2012 - Lc 14, 16-24

Les invités au banquet déclinent donc l’invitation. Le premier a acheté une terre, il a acquit un bien, un bien matériel. Le deuxième a acheté des bœufs, en quelque sorte un outil de travail et ce qui compte pour lui, c’est le boulot ! Un troisième vient de se marier : il a conclu un lien que l’on dirait charnel (si ce terme n’était pas équivoque aujourd’hui) disons un lien humain.

Une fois encore, il n’y a rien de mal en soi que d’acheter une terre, d’essayer des bœufs ou de se marier, en d’autres mots, il n’y a rien de mal en soi que de se rendre propriétaire d’un bien, d’accorder de l’importance au travail ou de conclure des liens ou des contrats avec d’autres personnes.

Où les choses prennent un autre tour, c’est quand on préfère ces valeurs à un appel de Dieu. Car on l’aura compris, l’homme qui invite à un grand dîner, c’est Dieu qui appelle les hommes à recevoir sa grâce et son amour.

Ce qui est en jeu ici encore, c’est l’opposition entre le matériel et le spirituel. Le matériel, c’est ce qui fait notre vie sur terre, le spirituel ce  qui fait notre foi et notre espérance.

Oui, le maître de maison, c’est Dieu et ceux qu’il invite, ceux qu’il a invités en premier, sont ceux qui se disent ses amis. Ce serait maintenant, sûr qu’il nous inviterait, nous ! Mais sommes-nous sûrs de pouvoir répondre ?
Sommes-nous sûrs de vouloir répondre ?

Ne nous sommes-nous pas laissés entraîner par les soucis de ce monde au point de trouver, nous aussi, de bonnes raisons pour ne pas répondre à l’appel de Dieu ?

Et cet appel, ce n’est pas seulement ce jugement dernier qui nous est annoncé avec tonnerre et trompettes … Pour reprendre l’image de la parabole ; Dieu ne nous attend pas seulement pour ce grand dîner, il peut nous inviter parfois à prendre le petit déjeuner, à prendre un verre, une tasse de café …

Je veux dire que parfois, dans la vie de l’un ou l’autre d’entre nous, il peut y avoir un appel. Serons-nous capables d’y répondre ? Serons-nous seulement capables de l’entendre ?

En fait, Dieu nous appelle, tous, d’une façon ou d’une autre, pour telle tâche ou telle autre. Dieu nous appelle tous, mais certains restent sourds ou d’autres entendent mal ou ne veulent pas entendre. Ou on ne comprend pas. On se dit : « Ce n’est pas possible. » On se dit : « pourquoi moi ? »

On se dit, c’est bien trop dur, et il faut changer mes habitudes, et tout compte fait, moi, je préfère ma vie peinarde et tant pis si on me dit que je suis égoïste.

Tant pis, oui. Tant pis pour celui qui ne répondra pas à l’invitation au banquet. Tant pis pour lui.

Tant pis pour nous si nous restons sourds aux appels, aveugles aux signes, parce que Dieu, lui poursuivra son plan comme le maître de maison assurera la tablée de son festin.

Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son fils, Dieu a tant aimé les hommes qu’il leur a offert la vie. Mais pour sauver les hommes, Dieu aujourd’hui a besoin de la réponse, de l’acceptation des hommes ainsi qu’il l’a voulu.

Serons-nous de ceux qui le suivent ?

C’est là aussi un des signes de l’amour fou de Dieu, c’est qu’il nous laisse le choix. Donc aussi celui des conséquences.



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