Dimanche après Noël et avant Théophanie – 2013 - Mt 2, 13-23 – Mc 1, 1-8

Ce dimanche est un peu particulier dans notre calendrier liturgique puisqu’il est à la fois le dimanche après Noël et le dimanche avant la Théophanie. C’est pourquoi nous avons entendu deux lectures des Évangiles : le passage où Matthieu raconte la suite des événements de la Nativité (le départ des Mages, la fuite en Égypte et le massacre des innocents) et le début de l’évangile de Marc qui évoque la prédication de Jean-Baptiste et pose déjà ce qui sera l’attitude du Précurseur devant Jésus.

A Noël, Dieu s’est fait homme, le Fils de Dieu s’est incarné. Mais, en lisant les événements qui entourent cette nativité, on pourrait dire – de façon familière – que ce Dieu qui s’est fait homme n’a sûrement pas choisi les conditions les meilleures. Aujourd’hui, on dirait qu’il est né comme un sans-logis et qu’il a connu l’exil, l’émigration pour échapper  la violence. C’est bien là toute l’humilité de Dieu. Celle-là même qui va amener Jésus sur les bords du Jourdain pour y recevoir le baptême de Jean.

Le récit de tous ces événements nous permet d’évoquer l’histoire de notre salut, notre salut par Jésus-Christ, Sauveur et Messie. Il souligne comment Dieu est venu vers les hommes pour leur rendre ce qu’ils avaient perdu : leur qualité d’enfants de Dieu et leur faire don de la Vie éternelle. Il nous indique le chemin à suivre et qui consiste à mettre nos pas dans les pas du Christ.

A Noël, Dieu s’est fait homme, le Fils de Dieu s’est incarné. Aujourd’hui, c’est en nous qu’il doit s’incarner, en nous qu’il doit vivre. Lui en nous et nous en Lui. Ainsi, le récit de ces événements peut être comme une image de notre propre foi.

Jésus vient en nous, dans notre cœur et notre âme qui sont semblables à cette grotte sombre des icônes de la Nativité, à cette crèche où vivent les animaux. Nous n’avons pas encore la conscience de dire à l’instar le centurion : Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri. D’ailleurs, ce n’est pas nécessaire. Il est là, il attend. Il attend notre réponse, il attend notre engagement.

Autour de nous, il y a des gens qui nous parlent, des choses qui nous interpellent, mais qui sont si souvent des voix qui prêchent dans le désert. Pourtant, la grâce, nous l’avons reçue lors de notre baptême, mais la grâce qui nous a été donnée alors, nous la laissons en sommeil. Puissions-nous ne pas la laisser mourir.

Et puis, un jour, nous sommes touchés. Oh ! Ce n’est pas une voix qui nous parle dans le ciel, non, c’est peut-être une simple rencontre, une simple  parole … et là, notre vie change. « Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ » c’est ce que nous chantons comme prokimenon à Noël, à Pâques, à la Théophanie ou lors de la célébration d’un baptême. Et voilà que le Christ que nous avons revêtu commence à vivre en nous. Quelle grâce qui nous est ainsi donnée !

Ce dimanche est comme une charnière dans notre temps liturgique : nous sommes encore entourés de la lumière de Noël – certes, il y a bien ces nuages de la fuite et cet orage du massacre – et nous nous préparons à accompagner Jésus sur les bords du Jourdain, à entendre la voix du Père, à vivre d’une autre lumière, celle de l’Esprit.

Puisse le Seigneur nous donner de vivre ces jours dans la joie et la paix du Christ.



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