36e dimanche après Pentecôte – 2013 - Lc 18, 35-43

« Jésus, Fils de David, aie pitié de moi » ce cri de l’aveugle assis et mendiant au bord du chemin de Jéricho est aussi notre cri, celui que nous adressons à Dieu dans cette prière que certains appellent la perle de l’orthodoxie (vous savez, cette perle précieuse de l’Evangile pour laquelle on vend tout afin de l’acquérir) que d’autres encore nomment le cœur de l’orthodoxie (et ça lui va bien puisqu’on évoque la prière du cœur) ce cri qui est le nôtre est celui que nous adressons à Dieu lorsque nous disons la prière de Jésus.

« Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, prends pitié de moi pécheur » Les mots sont simples mais la prière est profonde. Elle nous remet dans la situation même de l’aveugle mendiant sur le chemin de Jéricho : nous sommes aveugles des réalités spirituelles, parfois même de certaines choses de notre vie qui nous sont données par le Seigneur et que nous laissons passer ; nous sommes des mendiants de l’amour, de la tendresse et de la miséricorde de Dieu.

 
Mais nous savons, nous croyons qu’il peut nous donner cette richesse, ces biens précieux, dans la force de son amour. C’est cela notre foi. En demandant la pitié, nous croyons que Dieu peut nous exaucer.

Et nous prions. Nous prions celui qui, un jour est passé sur notre chemin ; celui que nous avons rencontré, personnellement, et même que cela a bouleversé notre vie. Nous prions celui qui nous a aimés jusqu’à donner sa vie pour nous : Jésus-Christ.

Nous n’attendons pas qu’il nous demande : « que veux-tu que je fasse pour toi ? » non, nous lui demandons … sans savoir si ce que nous lui demandons est bon pour nous, je veux dire pour notre âme et pour le rôle qui est le nôtre sur ce long chemin de royaume de Dieu.

Mais lui, sait ce qui nous convient vraiment. Et ce qu’il nous donne n’est pas toujours ce que nous lui avions demandé. A nous de voir, à nous de comprendre. Mais pour cela, il faut encore que ce soit lui qui nous ouvre les yeux. Car notre regard est trouble lorsqu’il s’agit des réalités spirituelles. Il est même parfois bien brouillé lorsqu’il s’agit de voir vraiment ceux qui nous sont proches.

Tout dépend du regard que nous portons sur eux. Nous voyons leur visage, mais comment les regardons-nous : avec envie, désir, haine peut-être ? Celui qui aime ne voit pas le visage de l’être aimé comme n’importe quel visage. Alors, pour ce qui est du cœur … c’est qu’il est bien difficile de voir en vérité la beauté qu’il y a dans le cœur des hommes.

Jésus, lui, voyait. Jésus, lui, savait. Il peut lire dans notre cœur mieux que nous-mêmes. Il connaît nos désirs, il connaît nos faiblesses, il sait nos fautes mais il sait aussi nos espoirs, il connaît toute notre espérance, celle que nous mettons en lui.

L’aveugle ne voit pas Jésus. Il ne l’a pas entendu non plus. C’est le mouvement de la foule qui lui a révélé sa présence : « qu’est-ce que cela signifie ?» demande-t-il.

Parfois, le Seigneur ne se manifeste pas directement à nous. C’est au travers des autres, parfois même au travers de rencontres, de hasards (mais y a-t-il le hasard dans ces rencontres ?) de choses qui ne nous étaient pas destinées que nous pouvons le rencontrer.

Mais après, il nous faut nous demander, comme l’aveugle : qu’est-ce que cela signifie ? Pour nous, dans notre vie ? Qu’est-ce que cela a changé ?

Et, si nous acceptons le don de Dieu, tout comme l’aveugle qui a recouvré la vue, il ne nous restera plus qu’à suivre Jésus en rendant gloire à Dieu.
Il ne nous reste plus qu’à … En fait, c’est là que, vraiment, tout commence : la vie prend tout son sens. Nous devenons témoins, disciples de Jésus-Christ.

Et que, malgré nos faiblesses, malgré nos fautes, malgré notre indignité, le peuple, voyant cela, célèbre lui-aussi les louanges de Dieu.



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