3e dimanche de carême – 2013 - et Fêrte de l'Annonciation

Coïncidence dans notre calendrier liturgique : la fête de l’Annonciation tombe en ce troisième dimanche de carême, dimanche de la vénération de la sainte Croix. Si l’histoire s’était arrêtée à ces deux événements, c’eût été pour de bon un échec. Et ceux qui parleraient encore de ce Jésus de Nazareth seraient comme ces pèlerins sur le chemin d’Emmaüs qui diraient sans cesse de lui que c’était « un prophète puissant en action et en parole devant Dieu et devant tout le peuple » et qui raconteraient «  comment les grands prêtres et les chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié » qui ajouteraient peut-être qu’on espérait qu’il soit  « celui qui allait délivrer Israël ».  Mais, si l’histoire en était restée là, sûr que nous ne serions pas ici à célébrer ce Jésus que nous appelons Christ.

C’est que la croix n’est qu’une étape. Une étape dans l’histoire de notre salut, comme une étape sur notre chemin de carême. Nous en sommes pratiquement au milieu et déjà, nous venons de monter au Golgotha. La croix est là, devant nous, comme un rappel du sacrifice suprême que le Christ a enduré pour nous. Mais la croix n’est pas la victoire de la mort, elle va marquer la victoire sur la mort. Il fallait que le Christ connaisse la mort pour pouvoir la vaincre. Encore un peu de temps et nous chanterons que le Christ, ressuscité des morts, par sa mort a vaincu la mort. Qu’à ceux qui étaient prisonniers de la mort, il a donné la vie. L’ombre de la croix nous guide vers le tombeau, mais le tombeau est vide. La mort sur la croix nous mène vers la vie par la résurrection.

Mais la coïncidence des dates dans le calendrier, nous fait redécouvrir deux paroles essentielles. Celle de Marie répondant à l’archange Gabriel : « Je suis la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit » et celle de Jésus au Jardin des Oliviers disant à son Père : « non pas comme je veux, mais comme tu veux ! »

Marie s’en remet au Seigneur. Sans doute qu’elle ne comprend pas vraiment ce qu’on lui demande, sûrement qu’elle n’en mesure pas la portée, mais elle a confiance, confiance en Dieu. Jésus lui-même s’en remet à son Père. L’homme qu’Il est, s’en remet aussi à Dieu. En pleine confiance, même s’il sait très bien que la première étape sera la souffrance et la mort.

La croix est là, devant nous. C’est un instrument de supplice, celui d’une mort honteuse, dégradante. Et le Malin est toujours là pour nous faire croire que « Dieu est mort », que les paroles de l’ange à Marie n’étaient que balivernes quand il disait du fils qui allait naître : « Il sera grand et sera appelé Fils du Très–Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la famille de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »

Mais nous savons, nous croyons, nous proclamons que le Christ est ressuscité. Nous le disons Seigneur, maître de notre vie. Il est parmi nous, il est en nous. Vivant. Et cette croix n’est qu’un rappel de ce qu’il a fait pour nous : donner sa vie pour nous donner de vivre en son amour.

Et c’est ce qu’il nous demande aujourd’hui. Donner notre vie pour vivre de son amour. Prendre notre croix. C’est peut-être devoir porter témoignage de notre foi dans des conditions difficiles, c’est peut-être devoir nous occuper de plus faibles, de plus pauvres … C’est d’abord et avant tout, mourir à nous même, faire mourir ce vieil homme dont parle saint Paul, cet homme prisonnier de ses faiblesses, de ses désirs, de son égoïsme, de son orgueil, de ses facilités, de ses idées toutes faites, faire mourir ce vieil homme pour faire vivre l’homme nouveau que nous devons devenir, un homme vivant en Jésus-Christ, par Jésus-Christ. C’est cela être chrétien.

Mais pour cela, il faut que les paroles essentielles de Marie et de Jésus deviennent nôtres. Pas seulement qu’on répète « que ta volonté soit faite » en récitant en vitesse le « Notre Père » mais en disant, du plus profond de notre cœur comme Marie : « Je suis le serviteur, le suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon Sa parole » ou comme Jésus lui-même, « Père, pas ce que je veux, mais ce que tu veux » et le dire en toute confiance, cette confiance qui fait que l’on peut vraiment confier notre vie à Dieu.



Site web réalisé par Arnaud Simonis