4e dimanche de carême – 2013 - Mc 9, 17-31

Au-delà de ce miracle, de cette guérison sans doute spectaculaire d’un jeune homme que l’on dirait aujourd’hui épileptique, il y a les paroles de Jésus. Des paroles qui doivent, maintenant encore nous interpeller.

Au père qui vient l’implorer et qui lui dit : « si tu as quelque pouvoir, viens à mon aide », Jésus répond : « le pouvoir, c’est la foi ; tout est possible à celui qui croit ».

Aux disciples qui lui demandent pourquoi, eux, n’ont pas pu expulser le démon qui habitait cet enfant, Jésus répond : « cette espèce-là ne peut sortir que par la prière et par le jeûne ».

Est-ce à dire que la foi, malgré tout, ne suffit pas ? Qu’il faut aussi prier et jeûner ? Prier et jeûner dans quel but ?

Sans conteste, en ce qui nous concerne, celui d’avoir la foi. Vous direz : mais, je crois. Je crois que Dieu existe et pour ce qui est de pratiquer, je viens à l’église le dimanche, enfin, chaque fois que je peux. Mais, quand il parle de la foi, ce n’est pas de cela que parle Jésus. . Simplement croire que Dieu existe n’assure pas le salut. Simplement croire que Dieu existe n’a rien à voir avec la foi. C’est une croyance, une opinion.

La foi est une façon de vivre sa vie. La foi engage, la foi implique, la foi modifie fondamentalement la vie. Et ça, nous ne sommes pas prêts à l’accepter vraiment, c’est pourquoi nous pourrions dire, en parlant de nos habitudes, de notre petit confort, ou bien de notre tendance à critiquer, à nous laisser aller à des ragots, ou encore à rejeter les autres … bref en parlant de ce qu’on pourrait appeler « nos vieux démons », nous pourrions dire que « cette espèce-là ne peut sortir que par la prière et par le jeûne ». Et c’est bien pour cela que cet évangile nous est lu en ce quatrième dimanche de carême : pour nous rappeler un des objectifs de ce temps d’abstinence et d’oraison et qui est de se changer soi-même.

Mais Jésus, lui aussi a prié, Jésus lui aussi a jeûné. Le Fils de Dieu qui prie, qui jeûne ! … Mais Jésus était aussi le fils de Marie et l’homme qu’il était devait prendre sur lui cette expérience des hommes. Comme la Croix du Christ donne un sens à la croix que nous devons porter, le jeûne et la prière du Christ donnent un sens à notre jeûne, un fondement à notre prière : ceux de nous ouvrir le chemin vers le Père.

La foi est d’abord une grâce, c’est un don, un don de Dieu. «  Nul ne peut dire : « Jésus est Seigneur », si ce n’est par l’Esprit Saint  » écrit l’apôtre Paul. On est loin de la croyance, loin d’une simple adhésion à des idées, des vérités particulières à propos de Dieu. On ne peut croire tout seul : la foi vient de l’Esprit Saint. Mais cette grâce, il convient d’en vivre, de la faire vivre. Ce don demande une réponse qui est toujours libre et qui implique aussi l’intelligence.

La foi est  un acte d’abandon à Dieu, en pleine liberté, en pleine connaissance. Mais, même si cela concerne chacun en particulier,  ce ne peut être un acte individuel, égoïste. On ne peut croire tout seul : on croit avec d’autres, on partage cette grâce avec d’autres, on prie avec d’autres, on jeûne avec d’autres et c’est cela qui forme vraiment, pleinement l’Église.

Quand Jésus leur parle de jeûne et de prière pour expulser les démons, les disciples ne répondent pas. Quand Jésus parle du pouvoir de la foi au père du jeune possédé, celui-ci se jette à ses pieds en disant : « Je crois, Seigneur, viens en aide à mon manque de foi ».

L’homme a quelque chose en lui qui l’a poussé vers Jésus. Et pas seulement l’espoir de voir son fils guéri. Mais il sent bien que ce « quelque chose » est bien faible, sans doute hésitant.

N’est-ce pas aussi notre cas ? Ne serait-ce pas le moment d’ajouter à notre effort de jeûne cette prière à Jésus-Christ : « Je crois, Seigneur, viens en aide à mon manque de foi ».



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