1er dimanche après Pentecôte – 2013 - He 11, 33-12, 2 - Mt 10, 32-33, 37-38 ; 19, 27-30

Notre calendrier liturgique, le cycle des fêtes et des dimanches, qui revient chaque année, n’a pas été fixé au hasard. Parfois, il suffit de se demander pourquoi tel jour est consacré à tel saint, ou pourquoi on lit tel évangile, tel épître, pour avoir déjà une leçon théologique, un enseignement sur le sens des paroles évangéliques.

Parfois, aussi, et selon le moment, la période, les textes prennent une signification différente, en tout cas, nous les entendons, nous les comprenons, nous les recevons d’une autre manière, comme pour compléter le message.

Ainsi en est-il de ce premier dimanche après la Pentecôte. Dimanche de tous les saints. Pourquoi ? Parce que cela nous permet de réaffirmer une première vérité : la sainteté est l’œuvre du Saint Esprit.

Pourtant, me direz-vous, l’épître aux Hébreux qu’on vient d’entendre parle de tous ceux qui ont souffert ou qui ont œuvré dans la foi : les prophètes, les martyrs. Ce sont des gens que l’on peut ranger parmi les saints et cela, justement, à cause de la manière dont ils ont vécu ou bien comment ils sont morts.

C’est vrai. D’une certaine façon, cette épître nous donne des exemples : les saints, ce sont des gens qui, par leur foi ont réussi des prodiges ou, pour leur foi ont souffert le martyre. Mais ce sont aussi des gens qui ont prié et qui nous entourent encore de leur prière.

Au fait, savez-vous que cette épître a déjà été lue, deux fois, durant l’année liturgique. Une première fois le dimanche avant Noël, une deuxième fois le premier dimanche du grand Carême. Deux moments importants qui précèdent ou préparent deux grands mystères de la foi : la naissance de Jésus et sa résurrection après la mort sur la croix.

Voilà encore un enseignement : c’est que nous abordons, nous vivons ces mystères dans la collégialité – on dirait la catholicité : соборност – c’est-à-dire, entourés de ces grands saints et portés par leur prière.

L’évangile, lui, donne en quelque sorte les conditions de la sainteté : pouvoir renoncer à soi-même, consacrer sa vie à Dieu, vivre dans la foi … Prendre sa croix et suivre Jésus. Ces paroles, on les a entendues aussi, rappelez-vous, durant le grand carême : comme un appel au repentir, à l’humilité, puis pour nous faire partager le sacrifice du Christ. Mais aujourd’hui, ces mêmes paroles ont un écho différent, parce qu’elles sont illuminées de la grâce de l’Esprit.

Et nous voici revenus au point de départ de notre réflexion : la sainteté est l’œuvre du Saint Esprit. En citant les exemples de l’épître aux Hébreux, je disais ce sont des gens qui, par leur foi ont réussi des prodiges ou, pour leur foi ont souffert le martyre, mais cette foi, cette force qu’ils avaient en eux, c’était le don de l’Esprit saint, l’Esprit qui éclairait leur vie.

Et nous ? Et notre vie ? L’enseignement de ce dimanche est aussi de nous dire que la sainteté n’est pas un état exceptionnel, que cela n’a rien d’anormal, mais qu’au contraire, c’est l’épanouissement, l’aboutissement normal de toute vie chrétienne et que l’appel à la sainteté est adressé à chacun d’entre nous !

Oui, l’Esprit souffle sur tout le monde. N’est-ce pas ce que nous disons dans la toute première prière de nos offices « Esprit de vérité … toi qui es partout présent et qui emplit tout » ? L’Esprit souffle sur tout le monde, comme le soleil brille pour tout le monde.

Mais quand le soleil brille, il y en a qui s’abrite sous un parasol, pour se protéger, d’autres qui ferment leurs volets pour se cacher ; d’autres peut-être, qui sont enfermés dans une cave et qui ne savent même pas que le soleil luit.

N’avons-nous pas tendance, nous aussi, à nous protéger de l’Esprit sous le parasol de notre petit confort, de notre petite vie, de nos petites habitudes. En effet, on pourrait être secoué par l’Esprit comme on peut prendre des coups de soleil.
N’allons-nous parfois pas jusqu’à refuser cet Esprit qui nous interpelle, nous appelle ? Nous fermons notre cœur comme nous claquons les volets, comme nous fermerions la porte entre morts et vivants (pour reprendre une phrase de Jacques Brel).

Ne sommes-nous pas, nous aussi, enfermés dans notre matérialisme, notre bien-être, comme un prisonnier dans sa cave ?

Quand il fait noir, la nuit, on dort. Quand le ciel est gris, on est morose. Quand vient le soleil, on a l’impression de s’éveiller, de vivre, enfin !  

L’Esprit est chaleur, lumière, vérité éblouissante, mouvement. Allons-nous le laisser à l’écart de notre vie ou, au contraire, l’accueillir, le laisser entrer en nous, nous purifier, nous animer ?

C’est tout l’appel de ce dimanche et de tous les saints.



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