2e dimanche après Pentecôte – 2013 - Mt 4, 18-23

« Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes » dit Jésus. Venez à ma suite, suivez-moi. Cette notion de suivre Jésus se retrouve à travers tous les Évangiles. Suivre Jésus, ce n’est pas seulement être derrière Lui, suivre ses pas, c’est suivre son enseignement, c’est vivre de sa parole.

Les foules ont suivi Jésus. Un moment. Le temps de l’écouter, le temps de se faire guérir, le temps – peut-être – de partager ce pain qu’il vient de multiplier pour nourrir tous ceux qui l’avaient accompagné pour le voir ou l’entendre.

Les disciples ont suivi Jésus. Tout autrement. C’est pour cela qu’on peut les appeler des disciples. « Qui ne se charge pas de sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi » dira Jésus avant d’ajouter à l’adresse précisément de ses disciples « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui–même et prenne sa croix, et qu’il me suive ».

L’engagement qui est demandé implique une participation active de notre part. « Je vous ferai pêcheurs d’hommes ». On ne nous demande pas seulement de prendre parti, de dire qu’on est d’accord, qu’on apprécie, nous ne sommes pas les supporters d’une cause, c’est nous qui sommes sur le terrain! Suivre Jésus, suivre le Christ, fait de nous comme des alliés qui jouent un rôle actif pour la cause de Christ dans le monde, c’est-à-dire pour l’avènement du Royaume de Dieu.

Mais ce n’est jamais simple de suivre Jésus. Ceux qui vont devenir les apôtres en sont les premiers exemples. Comme Pierre qui a dit ne pas le connaître quand Jésus a été arrêté. Jean, lui, a suivi le Christ. Il était toujours proche de Lui, c’est lui qui posa la tête sur sa poitrine lors de la dernière cène, il était au pied de la croix, avec Marie, la mère de Jésus et Marie-Madeleine qui, elles aussi, l’ont suivi jusqu’à la fin.

Et quand Pierre interroge Jésus sur l’avenir de Jean, Jésus lui répond : que t’importe, toi, suis-moi. Pierre devait le suivre jusqu’au martyre tandis que Jean resterait pour porter témoignage et son témoignage lui survivrait jusqu’à nous.

Nous qui, aujourd’hui, disons que nous voulons suivre Jésus. Et pourtant, nous ne dirons jamais que nous sommes des disciples. Nous dirons que nous sommes des chrétiens, ça oui. En ajoutant même : des chrétiens orthodoxes. Mais des disciples du Christ … ce n’est pas vraiment dans notre vocabulaire.

Pourtant, quelqu’un a compté un jour que le mot disciple apparaît dans le Nouveau Testament à 268 reprises, dont 238 fois dans les évangiles et 30 fois dans le livre des Actes. Le mot chrétien, trois fois, et deux fois sur trois, ce mot chrétien provient de la bouche d’incroyants. Mais seuls les disciples du Christ sont appelés ainsi.

Qu’importe les mots. Oui, certainement. Le tout n’est pas ce que l’on dit, mais ce que l’on est. Et si on veut suivre Jésus, la première chose est d’aller vers Lui. D’aller vers Lui et surtout d’y retourner chaque fois que la vie qu’on mène nous en a détournés. Et puis accepter les conséquences de notre démarche.

Mais si quelque chose nous est demandé, nous pouvons toujours compter sur Jésus pour nous en donner les moyens et la force. « Je vous ferai pêcheurs d’hommes » dit Jésus aux premiers appelés. « Je vous ferai ». Il ne dit pas : vous deviendrez, ou vous devrez être. Je vous ferai. Il sera là pour nous guider, pour nous apprendre. Pour nous relever si nous tombons, pour nous attraper la main si nous trébuchons, ou bien si nous coulons parce que nous avons été trop sûrs de nous, comme Pierre qui voulait marcher sur les flots.

Enfin, ce n’est pas pour rien que Jésus appelle Simon-Pierre, André, Jacques et Jean : ce sont des pêcheurs de métier, ils savent ce que pêcher veut dire. C’est comme un signe : Jésus se sert de nos propres connaissances, notre savoir, nos aptitudes pour faire de nous des disciples, sa grâce pourra transformer jusqu’à ce que nous sommes si nous voulons servir Dieu. « Et nous avons des dons qui diffèrent selon la grâce qui nous a été accordée, écrira saint Paul ». Mais ces dons, il convient de les utiliser. « L’un a-t-il le don du service ? questionne l’apôtre, qu’il serve. L’autre celui d’enseigner ? Qu’il enseigne. Tel autre celui d’exhorter ? Qu’il exhorte. Que celui qui donne le fasse sans calcul, celui qui préside, avec zèle, celui qui exerce la miséricorde, avec joie. »

Mais surtout, poursuivra-t-il « que l’amour soit sincère. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien. Que l’amour fraternel vous lie d’une mutuelle affection ».

« On vous reconnaîtra comme mes disciples à ceci : que vous vous aimez les uns les autres dira Jésus ». Soyons donc dans la charité et l’amour des disciples du Christ, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.



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