3e dimanche après Pentecôte – 2013 et Saints Côme et Damien

Avec l’amie qui était venue me rendre visite hier, nous parlions un peu de tout et de rien. De ce qu’on voyait à la télévision : la violence, les guerres, les drames … et qu’à force de voir tout cela, on devenait presque insensible. De la publicité aussi dont certaines images frôlent l’indécence. Et puis, en ouvrant mon évangéliaire pour préparer l’office de ce dimanche, je lis cette première phrase de Jésus : « la lampe du corps, c’est l’œil donc si ton œil est sain, ton corps tout entier sera dans la lumière, sinon, tout ton corps sera dans la ténèbre ».

C’est vrai que ce que l’on voit peut influencer notre pensée, créer des émotions, guider peut-être même nos actions. Mais est-ce simplement ce que l’on voit ? Ne serait-ce pas plutôt ce que cela peut générer en nous ? Je veux dire que nous voyons tous à peu près la même chose mais que nous ne réagissons pas tous de la même façon. On pourrait prendre bien des exemples.

Il en est de même pour ces deux maîtres dont parle Jésus et que l’on ne peut servir en même temps : Dieu et l’argent. Il en est aussi de ces choses de la vie que nous considérons sans doute comme essentielles : s’habiller, se nourrir et dont le Christ nous dit que « ce sont là toutes choses que recherchent les païens ». Une fois de plus, son discours est radical : « cherchez le royaume de Dieu et tout cela vous sera donné par surcroît ».

Un discours radical pour ramener toujours à l’essentiel. Mais sommes-nous capables de voir ce qu’est l’essentiel ? Si nous ne voyons que les choses de la vie, oh ! certes, notre corps ne sera pas dans les ténèbres mais bien dans la grisaille. Mais c’est bien plus que cela : de quelle lumière s’agit-il sinon de la lumière divine, celle dont nous parle saint Jean dans le prologue de son Évangile que nous lisons durant la nuit de Pâques. Le premier élément évoqué dans le récit de la création n’est-ce pas celui-là : la lumière. « Et la lumière fut ». Et « Dieu vit que cela était bon ». C’est la lumière qui resplendit sur la montagne du Thabor lors de la Transfiguration, mais cette lumière-là illuminait aussi notre nature humaine en Jésus-Christ.

Car il ne suffit pas d’accueillir la lumière pour que notre corps soit sain et ne soit pas dans les ténèbres. Nous sommes, comme nous le rappelle l’épître aux Corinthiens les membres d’un autre corps et c’est le corps du Christ et c’est dans ce corps que nous devons vivre, que nous devons rayonner, c’est dans ce corps, comme dit l’apôtre, que nous avons notre part. C’est pour ce corps qu’est l’Église, le témoignage de l’Évangile, que nous devons ouvrir les yeux pour voir quelle est notre part, quel est notre rôle.

Nous fêtons aujourd’hui les saints Côme et Damien. Des guérisseurs. L’évangile, lu pour leur fête, nous le lisons lorsque nous célébrons l’office des saintes huiles, le mercredi de la Semaine Sainte. Une manière pour nous – bien plus modeste – de prier le Seigneur pour demander la guérison de notre corps mais surtout de notre âme. Et cet extrait de l’évangile de Matthieu donne un nouvel enseignement de Jésus : vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. Et ce n’est pas – on le comprend bien – qu’une question d’argent !

« Vous êtes la lumière du monde » disait Jésus à ses disciples. Et cette parole s’adresse aussi à nous, aujourd’hui. C’est bien pour cela que, au-delà des images que véhiculent la publicité, les télévisions ou même internet, au-delà de toutes ces images du monde, nous devons voir : celle de l’unique nécessaire, de l’essentiel, du Christ Jésus qui nous guide et surtout nous éclaire.

Pour le reste, c’est encore l’apôtre Paul, dans cet extrait de l’épître aux Corinthiens lu pour la Saint Côme et Damien, qui nous donne la voie à suivre, celle de la charité, celle de l’amour.

« Quand je parlerais en langues, celle des hommes et celle des anges, s’il me manque l’amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante.  Quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et de toute la connaissance, quand j’aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien.  Quand je distribuerais tous mes biens aux affamés, quand je livrerais mon corps aux flammes, s’il me manque l’amour, je n’y gagne rien.  L’amour prend patience, l’amour rend service, il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s’enfle pas d’orgueil,  il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il n’entretient pas de rancune,  il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il trouve sa joie dans la vérité.  Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.  L’amour ne disparaît jamais ».



Site web réalisé par Arnaud Simonis