9e DIMANCHE APRES PENTECOTE 2013 - Mt 14, 22-34

Comme les disciples, il nous arrive souvent d’être perdus au milieu des tempêtes et des orages de la vie. Nous sommes bousculés, harcelés par les soucis comme la barque par les vagues et le vent. Le sort, les événements nous sont contraires.

Nous sommes là au milieu des problèmes, à chercher tant bien que mal à garder le cap, à rester à flot. Nous nous épuisons à chercher une solution, nous nous éreintons à vouloir en sortir.

Un moine, un jour, m’a dit ceci : si tu as l’impression d’être entouré de murs, d’être prisonnier de tes problèmes comme dans une pièce sans portes ni fenêtres, regarde en haut.

Regarder en haut, comme les disciples regardaient vers le rivage espérant voir venir Jésus. Et Jésus est venu. On ne le reconnaît pas tout de suite : « C’est un fantôme ».  On ne découvre pas tout de suite que telle ou telle chose qui se passe, telle rencontre, tel événement qui se produit et c’est déjà Lui qui est à l’œuvre.

 
Pierre croit le reconnaître. Pour en être sûr, il fait appel non pas à une reconnaissance physique, humaine (il aurait pu demander à Jésus de dire quelque chose pour reconnaître sa voix, d’approcher pour reconnaître son visage) non, il demande à Jésus de se faire reconnaître dans sa puissance et dans sa bonté : « donne-moi l’ordre de venir vers toi sur les eaux » et Jésus lui dit « viens ».

Serait-ce pour nous parfois une façon d’en sortir ? Non pas réellement de marcher sur les eaux, mais de tenter quelque chose de fou, d’insensé, quelque chose qui nous sortirait de nos problèmes comme Pierre de la barque. Quelque chose qui nous permettrait de dominer la tempête, d’oublier les vagues que font les problèmes dans notre vie.

Pierre, un moment, les oublie. Il marche vers Jésus. Ce n’est que quand il voit la violence du vent qu’il commence à couler. Ce qui arrive ainsi à Pierre est un grand enseignement pour notre vie spirituelle.

D’abord, Pierre ne s’engage que sur l’ordre de Jésus. Ce n’est pas la première fois que cette idée est exprimée dans l’Evangile : ne s’engager que sur un appel, sur une parole de Jésus, une parole qui doit se lire dans les événements de notre propre vie.

Ensuite, Pierre domine les éléments, comme nous dominerions les événements, tant qu’il regarde Jésus, nous tiendrons tant que nous aurons en point de mire l’amour de Dieu, l’espérance en Jésus Christ, la douceur de sa Mère. C’est cela, et cela seul qui peut nous guider.

C’est un peu comme quand on est au bord d’un précipice, qu’il nous faut le traverser sur un pont très étroit et qu’on nous dit : surtout, ne regarde pas en bas !

Si nous regardons autour de nous, nous ne verrons que les forces contraires et – automatiquement – notre faiblesse, car nous ne sommes pas capables de faire face aux tentations, nous ne sommes pas toujours capables de voir clair dans notre existence.

Parfois, comme les disciples, nous avons peur. Nous pensons que Jésus nous a oubliés. Mais Jésus vient à nous et nos problèmes, nos tempêtes et nos vagues à l’âme ne sont pour Lui aucun obstacle. Ils le sont peut-être pour nous si, ne voyant qu’eux, nous ne sommes pas capables de voir que Jésus est là. Nous pensons que c’est un fantôme, un leurre, une idée, une fabulation de notre esprit.

Hommes de peu de foi, pourquoi devons-nous toujours douter ?

Pourtant, alors même que nous nous enfonçons, Jésus est là pour nous prendre la main et empêcher que nous coulions. Et, lorsque Jésus est monté dans la barque, lorsque Dieu a pris place, vraiment, dans notre vie, lorsque nous l’avons laissé embarquer pour le cours de notre existence, le vent mauvais vient à tomber, la tempête se calme et nos cœurs son apaisés.

Parfois, il faut de l’audace. Toujours, il faut de la confiance. Et la foi en la présence de Jésus, et en la force de l’amour de Dieu agissant dans l’Esprit.



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