10e dimanche après Pentecôte – 2013 - Mt 17, 14-23

Lorsque les disciples demandent pourquoi, eux, n’ont pas pu expulser le démon qui habitait le jeune homme lunatique, Jésus leur répond : « c’est à cause de votre manque de foi ». Et il leur fait alors la leçon en employant l’image de ce grain de sénevé, qui est l’une des plus petites graines, pour parler d’une foi qui déplacerait les montagnes.

Et puis, il leur parle de prière et de jeûne. Et quoi, la foi de suffirait donc pas ? D’ailleurs, si les disciples demandent à Jésus pourquoi ils n’ont pas pu agir contre ce démon en particulier, c’est qu’ils étaient parvenus à en expulser d’autres …

Avant cela, Jésus les avait sérieusement secoués en leur disant, comme sans doute aussi à tous ceux qui les entouraient : « Engeance incrédule et pervertie ! Jusques à quand serai-je avec vous ? Jusques à quand devrai-je vous supporter ? » Dur à entendre, non ?

Après cela, dans la dernière partie de cet extrait de l’Évangile de Matthieu que nous venons d’entendre, et sans transition avec l’histoire qui vient de nous être racontée de la guérison de cet enfant, on nous dit que Jésus enseigne ses disciples en leur parlant de sa mort et de sa résurrection.

Comme d’habitude, je me suis demandé : qu’est-ce que tout cela peut bien signifier pour nous ? Et puis, je me suis posé la question : qu’est-ce qu’il nous aurait dit, à nous, s’il était là, aujourd’hui, maintenant, avec nous. Oh ! Bien sûr, on ne nous demande pas d’expulser un démon. D’ailleurs, il y en a qui vous diront que toutes ces histoires de possédé, c’est bon pour les contes de grand-mères, ce n’est plus de notre époque. C’est comme la foi qui déplace les montages, ah ! si ! on en a fait une expression pour parler de quelqu’un qui est enthousiaste, qui croit à ce qu’il fait et qui parvient à dépasser les obstacles …

Que nous dirait Jésus ? Nous ne le savons que trop bien. Et il aurait raison de parler de notre manque de foi. Et même pour ce qui est de la prière et du jeûne, il faut bien avouer que nous ne sommes pas des champions ! Et pourtant …

Et pourtant, lorsqu’ils entendent les paroles dures de Jésus à leur égard, les disciples continuent de le suivre. Ils vont aussi comprendre que la prière et le jeûne ne sont pas des trucs de guérisseurs ou d’exorcistes, mais que ce sont des voies pour affermir la foi.

Jésus leur a dit : jusques à quand serai-je avec vous, jusques à quand devrai-je vous supporter ? Et pourtant, il est toujours là, il est avec nous et il nous supporte. Quant à sa mort et sa résurrection, c’est ce qui fait notre force, c’est ce qui fait le fondement de notre foi, c’est cela l’essentiel.

Oui, notre foi est faible, notre prière est pauvre et nous ne pouvons pas vraiment respecter les consignes du jeûne. S’il n’y avait que cela autant abandonner tout de suite : notre foi de déplacerait même pas le moindre caillou. Mais il y a Jésus. Et comme le père de l’enfant lunatique, nous pouvons toujours nous adresser à lui, malgré notre faiblesse, malgré notre pauvreté.

Parce qu’il y a aussi la foi de cet homme. Lui, n’est pas capable de chasser le démon, il ne peut guérir son fils, mais il croit que Jésus, lui, peut le faire. Il a confiance, il s’abandonne, il demande la pitié. Et Jésus l’exauce.

Ainsi, nous, qui sommes pourtant aujourd’hui les disciples du Christ, c’est plutôt dans l’attitude de cet homme que nous devons nous trouver : aller vers Jésus, le prier, implorer sa pitié et il nous écoutera, il nous exaucera, il nous fera miséricorde. Parce qu’il a donné sa vie pour nous, parce qu’il est ressuscité et qu’ainsi il nous a donné la vie.

Et pour le reste, affermir notre foi vaut bien notre prière et quelques jours de jeûne, mais surtout, une confiance en Jésus, un abandon. Et puis disons, comme nous l’avons chanté dans le prokiménon de ce dimanche : « Vienne sur nous ta miséricorde, Seigneur, comme sur toi repose notre espoir ».



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