Nativité de la Mère de Dieu

Banneux 8 septembre 2013

La Nativité de la Mère de Dieu. Il y a peu, nous célébrions sa Dormition. Les deux fêtes ont ceci en commun, c’est qu’on n’en trouve aucune trace dans le Nouveau Testament. Et pourtant, ce sont deux grandes fêtes. Mieux, elles marquent en quelque sorte le début et la fin de l’année liturgique qui, pour les orthodoxes, commence le 1er septembre.

Nous parlons de la Dormition de la Mère de Dieu, les catholiques de l’Assomption, mais tous, nous proclamons que Marie a été élevée au ciel auprès de son Fils. Sur l’icône de la fête, on voit d’ailleurs le Christ portant un bébé dans ses bras, ce n’est pas, comme on le dit parfois, l’âme de sa Mère, mais c’est bien le corps de la Vierge qui est emporté pour une nouvelle naissance. Et cette consécration est, pour nous, la révélation en plénitude de notre salut, Elle a atteint le but qui est celui de tout chrétien dans sa vie et que les Pères résument en disant : Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne dieu.

Par sa Résurrection, Jésus a fait participé la nature humaine à la vie éternelle, par son Ascension, il a élevé au ciel cette nature humaine pour l’assoir, avec Lui, à la droite du Père, au sein même de la Trinité. Mais avec la Dormition de Marie, son Assomption, ce n’est plus la nature humaine qui est ainsi déifiée,  c’est une personne humaine. Comme je le disais, Elle est la première personne humaine à atteindre ce but qui correspond à ce que l’on pourrait appeler le plan de Dieu pour l’homme au travers de l’Incarnation du Fils.

Et ce plan de Dieu, il commence avec la naissance de celle par qui tout cela sera possible, celle qui pourra dire à l’archange « Qu’il me soit fait selon ta parole ». D’ailleurs, cette naissance a déjà quelque chose de miraculeux. Un ange est venu l’annoncer à Anne. Et, comme le dit la phrase qui se trouve au dessus de l’icône de la fête, à l’extérieur de cette chapelle : « La Mère et Vierge, tabernacle de Dieu, la Stérile vient de l’enfanter ». Elle est extraite de l’office d’hier soir (1er stichère de Litie). Le plan de Dieu, l’Incarnation, commence donc bien avec la naissance de celle qui sera la Mère de Jésus.

Un début, une fin. Une nouvelle année liturgique recommence. Nous allons donc célébrer les mêmes fêtes, passer les mêmes moments de carême, vivre les mêmes joies de la Résurrection ou de la descente de l’Esprit. Et pourtant, tout cela n’aura rien de répétitif.

L’année aussi, celle qui commence le 1er janvier, n’est qu’une répétition de jours, de semaines, de mois, de saisons … et pourtant, une année n’est pas l’autre. Chaque fois de nouvelles expériences, des rencontres, des événements qui vont nous éprouver, qui vont nous faire mûrir, nous faire évoluer.

Au cours de l’année liturgique, ce sont à la fois les événements – passés et à venir – de notre salut –, promis et assuré mais pas encore advenu – que nous allons revivre et qui vont en quelque sorte enrichir, guider,  approfondir notre développement spirituel.

Certes, c’est bien le Christ qui tient une place centrale dans tout cela, tout comme dans notre vie chrétienne, mais la Mère de Dieu est toujours à ses côtés, à nos côtés. Ici, dans ce sanctuaire, nous l’appelons la Vierge des Pauvres. Ici, dans cette chapelle, nous nous mettons sous sa protection.

Peut-être, pourrions-nous résumer notre attitude en deux prières, deux courtes phrases que nous connaissons bien et que nous devrions prier sans cesse : « Seigneur Jésus-Christ, fils de Dieu, prends pitié de moi, pécheur ; très sainte Mère de Dieu, sauve-nous ».




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