12e dimanche après Pentecôte – 2013

1Co 15, 1-11 – Mt 19, 16-26

Cet épisode de l’évangile de Matthieu que nous venons d’entendre et particulièrement l’image du chameau et du trou de l’aiguille, sont bien connus. Tout comme le personnage de ce jeune homme riche qui vient trouver Jésus … et qui s’en ira tout triste « car il avait de grands biens ».

Certains, y ont vu un idéal : celui de la pauvreté. C’est toujours un des vœux monastiques. Mais certains sont allés jusqu’au bout : ils ont tout vendu, tout abandonné, tout laissé pour se consacrer entièrement à la prière, se consacrer entièrement à Dieu. Et on aura beau essayer de lire l’Évangile entre les lignes, c’est en fait ce que demande Jésus : un abandon total, un don total de soi. Et il ne le demande pas seulement au jeune homme riche.

Lorsqu’il s’adresse à ceux qui sont ses premiers disciples, ils n’ont rien : une barque – qui parfois ne leur appartient pas mais est celle de leur père – et quelques filets pour pêcher. Mais Il leur dit « viens et suis-moi » et ils le suivent. Et Matthieu laisse là son bureau de douane. Et Zachée, lui donne la moitié de ses biens, mais surtout, il se change lui-même, il se rend compte du mal qu’il a fait, il va demander pardon et chercher réparation.

Pourtant, Jésus ne dit pas à tous ceux qu’Il rencontre : viens et suis-moi. Certains le font, comme ces deux aveugles guéris sur le bord du chemin vers Jéricho. D’autres restent là où ils sont. C’est parfois Jésus lui-même qui le leur dit. Reste ici, et dis ce que Dieu a fait pour toi ou même parfois, n’en dis rien à personne.

De tout cela, on peut retenir plusieurs leçons qui s’adressent directement à nous. D’abord, comme le jeune homme riche, comme Zachée ou les aveugles de la route de Jéricho, il faut aller vers Jésus. Pour savoir : « que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? », peut-être simplement pour s’approcher de Lui, voir qui Il est, comme Zachée qui « voulait voir Jésus », mais on ne s’approche pas de Jésus, pour autant qu’on le fasse avec sérieux et dans la vérité, sans que quelque chose ne change en nous ; et puis, on peut aussi aller vers Jésus pour être guéri. Pour voir, justement, et pas simplement les choses de la vie de tous les jours, mais les choses de la Vie éternelle, pas seulement les choses matérielles, mais les choses spirituelles. On pourrait dire : pas seulement ouvrir les yeux du corps, mais les yeux de l’âme et du cœur.

Il peut arriver aussi, dans nos vies, que Jésus vienne vers nous, que ce soit Lui qui prenne l’initiative, en quelque sorte, comme il l’a fait avec ses premiers disciples, comme il l’a fait avec Matthieu, et je dirai – sans m’en vanter nullement – comme il l’a fait avec moi. Je ne Lui avais rien demandé de particulier quand, comme je dis, le ciel m’est tombé sur la tête et que ma vie à changé fondamentalement. Si, peut-être, j’avais dit à quelqu’un en parlant de la Nuit de Pâques : viens voir, c’est si beau !

Et puis, Jésus ne tiens pas le même discours à tout le monde. Pour pouvoir tout abandonner, tout vendre, vivre dans la pauvreté et le dénuement, il faut en avoir reçu la vocation. Cette vocation, elle peut nous être révélée, quelqu’un peut la faire grandir en nous, quelqu’un peut même peut-être, d’une certaine façon, la découvrir pour nous. Mais c’est bien là ce qui, finalement, nous est demandé de plus difficile, c’est de pouvoir discerner la volonté de Dieu sur nous.

Bien souvent, on avance par essais et erreurs. On s’engage dans une voie, puis on se rend compte que ce n’est pas la bonne. Il faut alors avoir le courage de bifurquer, rarement doit-on faire demi-tour. Il faut pouvoir se remettre en question, fouler aux pieds ses certitudes, découvrir un autre chemin.

Mais dans cette recherche, nous ne sommes pas seuls. Et non seulement, c’est heureux, mais c’est fondamental. Même que nous pourrions entendre le Christ nous dire, à nous aussi : « C’est impossible pour les hommes, mais tout est possible pour Dieu ». Y compris de nous ouvrir les yeux comme aux aveugles de Jéricho, y compris de nous faire changer comme Zachée, y compris de nous accueillir comme Il l’a fait pour les disciples qui l’ont suivi.

Et la phrase clé de tout cela se trouve peut-être dans l’extrait de la première lettre aux Corinthiens que nous avons lue ce matin. Quelques mots de saint Paul qui dit, parlant de lui « par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis ». Comme nous, nous sommes ce que nous sommes par la grâce de Dieu. Encore faut-il accepter cette grâce, se nourrir de ses fruits et en tirer les conséquences et les choix pour notre propre vie.



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