21e dimanche après Pentecôte 2013 - Lc 8, 5-15

À la paroisse Sts Nicolas et Panteleimon à Bruxelles

Sans doute n’est-ce pas la seule fois que les disciples, les douze, demandent à Jésus ce que signifient ses paraboles. Mais c’est la seule fois que les évangélistes rapportent ainsi son explication. Peut-être parce qu’ils la jugeaient importante, fondamentale. Parce qu’elle donnait de Jésus une image – très claire à l’époque – de semeur de la parole de Dieu. Comme Jésus dira de lui-même qu’il est le bon pasteur. Comme on le reconnaît dans ce fils que le maître de la vigne envoie aux vignerons homicides.

Ce sont des images de la terre, de la campagne pourrait-on dire, des images qui correspondaient bien sûr à la vie du temps de Jésus parmi les hommes. Des images qui ne parlent plus aujourd’hui de la même façon sinon, précisément, en images qui ont la qualité de symboles.

C’est pourtant avec ces images que nous annonçons l’Évangile dans notre monde contemporain. Un monde où l’agriculture et l’élevage ne sont plus que des secteurs minoritaires et souvent en crise, un monde de techniques, de science, de technologie. Un monde où parler de péché et de salut vous fait prendre pour de curieux énergumènes …

Faut-il alors trouver d’autres images. On le pourrait, certes, dans les homélies, les commentaires. Mais on ne peut pas réécrire l’Évangile. Et à ceux qui veulent suivre le Christ, qui ont été touchés, appelés par sa grâce, les images du pasteur, du vigneron ou du semeur peuvent parler comme aux premiers temps. Comme si nous en étions revenus à ce que Jésus disait à ceux qui allaient devenir ses apôtres : « à vous, il est donné de connaître le mystère du royaume de Dieu, aux autres, il est proposé en parabole ».

Nous ne sommes pas des apôtres mais nous devons êtres les nouveaux semeurs de la Parole. Comme l’était celui de la parabole : il n’était pas regardant, il ne semait pas seulement dans ce qui lui paraissait être de la bonne terre. Il lançait, à la volée, sur le champ mais aussi sur le chemin, mais aussi dans les cailloux, mais aussi dans les ronces. À nous d’être, dans notre cœur et notre âme, la bonne terre qui va donner du fruit. Et c’est ce fruit qui, par nous, pourra porter témoignage.

Un témoignage qui ne se décline plus en mots et en phrases mais en actes. Des chrétiens comme l’abbé Pierre, Mère Tèrèsa ou sœur Emmanuelle sont des personnalités qui ont marqué, qui ont interpellé. Ce sont certes des superstars de la charité. On ne nous en demande pas tant ! Mais il nous revient de témoigner, je dirais même plus encore, de rayonner de l’Évangile pour ceux qui nous sont proches : notre famille, nos amis, certes, mais aussi ceux que nous côtoyons au travail, dans des réunions.

Autant que des semeurs, nous devons être cette lampe allumée qui éclaire la pièce pour ceux qui y pénètrent. Elle n’éclaire pas toute la maison ? D’autres s’en chargeront. Il vaut mieux allumer une seule lampe qui éclaire une seule pièce que de maudire les ténèbres et laisser les autres dans l’obscurité.

Mais pour cela, il faut que, ayant écouté la parole de Dieu avec un cœur bien disposé, nous la conservions. Pas pour nous-mêmes, pas comme quelques pièces d’or dans un bas de laine ! Mais pour que la Parole nous guide, nous donne la force d’aller vers les autres, de porter témoignage de cette richesse qui nous a été confiée et que, par notre constance, nous produisions du fruit.

Nous venons ici, dans notre paroisse, dans notre église, chaque dimanche, pour entretenir cette graine qui a germé, qui a grandi en nous. Mais nous ne devons pas la mettre sous globe. Oui, elle aura à souffrir des vents mauvais des moqueries ou des critiques, peut-être se dessèchera-t-elle aux saisons de nos doutes et de nos interrogations, mais – si notre cœur reste ouvert au Seigneur et notre âme accueillante à l’Esprit –  Dieu nous enverra, comme une fraîche rosée, sa grâce, sa force et sa consolation.

« Entende celui qui a des oreilles pour entendre ! » agisse et vive dans le Christ celui qui a reçu la grâce, la lumière et la force de l’Évangile !



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