Présentation au Temple de la Mère de Dieu – 2013

À Banneux

L’entrée au Temple de la Mère de Dieu tient sans nul doute plus de la légende que de l’histoire. Il n’y a aucune trace dans les évangiles canoniques, on peut en trouver trace seulement dans des écrits apocryphes, et même la fête a été instituée tardivement par l’Église. Et pourtant, c’est cet événement – qui n’en est sans doute pas un – que nous célébrons aujourd’hui.

Cela dit, les légendes font partie de l’histoire des peuples, on pourrait dire aujourd’hui, de leur inconscient collectif. Pensez à celle du roi Arthur, des Chevaliers de la Table ronde, de la quête du Graal, pour vous rendre compte que certains de ces récits peuvent être des éléments fondateurs, en tout cas, qui influencent la pensée et même peuvent déterminer des valeurs pour une société. C’est ainsi qu’il faut comprendre la célébration d’aujourd’hui.

Joachim et Anne viennent d’avoir un enfant alors qu’Anne était stérile. Cet enfant, c’est comme un don de Dieu. On comprend donc que les parents veuillent la lui consacrer. Marie est donc présentée au temple. Elle va y rester. Comme une anticipation de ces paroles du Christ : « quiconque aura laissé […] père, mère, […] à cause de mon nom, recevra beaucoup plus et, en partage, la vie éternelle  ». Marie, tout enfant, quitte ses parents pour se consacrer à Dieu. C’est là le premier sens spirituel de la fête, pour nous, aujourd’hui : c’est l’idée d’une vie consacrée, d’une vie dans l’intimité de Dieu. Elle est « retirée du monde », mise à part.

Il y a aussi un autre élément sur lequel on peut méditer. On parle de Marie comme du « tabernacle de Dieu ». Elle est, dit saint Paul dans sa première épître aux Corinthiens, « le Temple très pur du Sauveur ». D’une certaine façon, elle sera plus précieuse, plus importante que le temple de pierres de Jérusalem : elle sera le temple de chair qui portera en elle le Fils de Dieu. Dans cet épisode, les deux temples se rencontrent comme une sorte de charnière entre l’Ancien Testament et le Nouveau dont les premières lignes ne sont pas encore écrites.

Mais  « ne savez-vous que vous êtes le temple de Dieu ?   … Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit ?  » écrira encore l’apôtre Paul aux Corinthiens. Et c’est là que, spirituellement, cette fête nous concerne : nous sommes le temple de Dieu, nous sommes le temple du Saint Esprit parce que le Royaume de Dieu est en nous comme le dira Jésus.

Mais pour qu’il en soit ainsi, encore faut-il que nous préparions notre cœur et notre âme à le recevoir. Nous aussi, nous devons être « présentés au temple » pour consacrer notre vie à Dieu.

Consacrer sa vie n’est pas nécessairement devenir moine, ou même prêtre ou diacre, c’est faire de Dieu le centre même de notre existence, c’est nous concentrer sur cet essentiel, ce que certains appellent notre « unique nécessaire ».

Marie devient alors pour nous un exemple. Celui d’une vie entièrement consacrée à Dieu, jusqu’à pouvoir dire « qu’il me soit fait selon sa parole », même si nous ne comprenons pas bien ce qui nous est demandé, même si nous nous questionnons pour savoir comment cela pourra arriver.
Le Fils de Dieu a pris chair du Saint Esprit et de la Vierge Marie. La parole de Dieu doit aujourd’hui s’incarner en nous afin que nous puissions en porter témoignage. C’est cela le sens des paroles de l’apôtre Paul : « ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi ».

Et tout cela dépasse de loin toutes les légendes …



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