25e dimanche après Pentecôte – 2013 - Lc 10, 25-37

La parabole du bon Samaritain est encore un des passages bien connus de l’Evangile. On peut la lire au moins de trois façons  que je dirais théologique, religieuse et sociale.

D’un point de vue théologique, les Pères ont vu dans le personnage du Samaritain la figure de Jésus lui-même qui se penche sur les blessures de la race humaine, s’occupant de chaque homme, donnant son sens parfait et total à la miséricorde. Non seulement il se penche sur l’homme blessé, meurtri spirituellement, mais il le soigne, le relève et fais en sorte qu’il soit guéri.

D’un point de vue religieux, on retrouve dans ce récit les personnages qui – au temps de la vie terrestre de Jésus – composaient ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui le « paysage religieux », c’est-à-dire, celui des institutions, des groupes, des organisations …

Tout d’abord le Samaritain. Il faut savoir qu’il y a un antagonisme, une opposition entre les Juifs et les Samaritains. Une opposition à la fois ethnique et religieuse. Un conflit qui commence lors du retour de l’exil et dont les origines, les causes sont mal connues mais qui va devenir aigu lorsque les Samaritains obtiendront l’autorisation de bâtir sur le mont Garizim un temple rival de celui de Jérusalem.

La parabole se veut donc provocatrice en opposant l’inhumanité des Juifs à la charité du Samaritain. Et pas de n’importe quel Juif : un prêtre et un lévite. Les lévites étaient les membres de la tribu de Lévi, attachés au service du temple. C’étaient donc deux membres de la hiérarchie, de la caste cléricale et ils passent, indifférents aux souffrances du blessé.

Enfin, il y a la lecture disons « sociale » dans le sens de relation entre les hommes. Et c’est là que la question du scribe : « Qui est mon prochain » reste d’actualité pour nous.

Bien sûr, on dira que mon prochain, ce sont d’abord les membres de ma famille, mes voisins, mes proches comme on dit ; ceux avec qui je travaille, ceux que je rencontre dans des associations, des groupes … Ceux qui partagent les mêmes idées …

On pensera aussi bien sûr à ceux que je retrouve à l’église, mes frères et mes sœurs en Christ, les gens avec qui je partage la même foi, la même ferveur, ou tout simplement le même rituel.

Certains diront : les gens de ma race, les gens de mon pays.

Mais mon prochain, justement, ce n’est pas seulement celui que le sang, le territoire ou la croyance rendent proche de moi, mon prochain, c’est aussi celui qui, à chaque moment, quelque part, va croiser ma route, celui qui me sera proche parce qu’il aura tendu la main, ou que je l’aurai accueilli, que je l’aurai servi. Quelques moments auparavant, il était pour moi un inconnu, un étranger, maintenant – et pour un moment peut-être – il devient presque essentiel, il « compte » pour moi, même si demain nos chemins se séparent.

Mon prochain, c’est ce paumé à qui j’ai peut-être donné une pièce dans la rue mais surtout à qui j’ai dit une parole de réconfort, avec qui j’ai échangé un sourire. Mon prochain, c’est le malade que j’ai visité à l’hôpital, c’est celui ou celle à qui j’ai rendu visite dans sa prison, avec qui j’ai partagé un moment de prière. Mon prochain, c’est parfois tout simplement celui avec qui j’ai échangé juste un regard et pour qui ce moment a été comme un rayon de soleil dans une journée bien triste.

Ainsi, il ne tient qu’à moi, il ne dépend en grande partie que de moi, que tout homme devienne mon prochain si j’agis de telle sorte qu’il en soit ainsi.



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