26e dimanche après Pentecôte 2013 - Lc 12, 16-21

Conception de Ste Anne

« L’univers célèbre en ce jour la Conception d’Anne survenue par divine volonté : elle conçoit en effet celle qui à son tour concevra de manière ineffable le Verbe de Dieu ». Tel est le texte du kondakion de la fête que nous célébrons aujourd’hui.
Un verset des odes de matines dit encore : « Anne en ce jour nous célébrons ta Conception, car, délivrée des liens de la stérilité, tu as conçu la Vierge offrant un abri à celui que nul espace ne peut contenir ».
La Conception de celle qui sera la Mère de Dieu est en effet miraculeuse. Anne est stérile, comme d’ailleurs l’était Élisabeth qui, elle, sera la mère de Jean-Baptiste. Mais si l’histoire d’Élisabeth est racontée dans les Évangiles –  ceux qu’on appelle canoniques et qui font partie du Nouveau Testament – l’histoire d’Anne, on doit la chercher dans les textes qu’on appelle apocryphes. Ceux qui n’ont pas été retenus par l’Église et qui ne sont donc jamais lus lors des offices mais qui font partie de ce qu’on appelle la Tradition et dont on retrouve trace dans l’hymnographie.
Le texte qui rapporte la conception d’Anne, on peut le lire dans le protévangile de Jacques. En voici de courts extraits : « Et voici qu'un ange du Seigneur parut, disant : Anne, Anne, le Seigneur Dieu a entendu ta prière. Tu concevras, tu enfanteras et l'on parlera de ta postérité dans la terre entière. Anne répondit : Aussi vrai que vit le Seigneur Dieu, je ferai don de mon enfant, garçon ou fille, au Seigneur mon Dieu et il le servira tous les jours de sa vie. Et voici, deux messagers survinrent, qui lui dirent : Joachim, ton mari, arrive avec ses troupeaux. Un ange du Seigneur est descendu auprès de lui, disant : Joachim, Joachim, le Seigneur Dieu a exaucé ta prière. Descends d'ici. Voici qu’Anne ta femme a conçu en son sein.  […]  Joachim arriva avec ses troupeaux. Anne l'attendait, aux portes de la ville. Dès qu'elle le vit paraître avec ses bêtes, elle courut vers lui, se suspendit à son cou et s'écria : Maintenant je sais que le Seigneur Dieu m'a comblée de bénédictions ! Voici : la veuve n'est plus veuve, la stérile a conçu ! […] ».
Jean-Baptiste, qui annoncera le Royaume de Dieu, tout comme Marie, qui donnera naissance à Celui qui en ouvrira les portes, sont donc nés de mères stériles. Ils sont donc nés « de volonté divine » comme le dit le kondakion. L’ange n’a fait qu’annoncer l’événement. Jésus, lui, va naître d’une Vierge mais sera conçu de l’Esprit saint, c’est pourquoi il sera Dieu et homme.
De la stérilité peut donc naître la vie par la force du Verbe de Dieu. Mais point de stérilité dans l’évangile de ce dimanche, au contraire, les terres de l’homme riche ont beaucoup rapporté. Mais cette fécondité va le conduire à sa perte.
« Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui-même, au lieu de s’enrichir en vue de Dieu » dit Jésus concluant la parabole.
La faute de l’homme riche n’est pas de construire de plus grands greniers pour y conserver ses récoltes, son erreur est de penser que cette richesse matérielle va combler sa vie. « Mon âme, dit-il, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années, repose-toi, mange, bois, réjouis-toi ! » Quantité de biens, oui, mais de biens périssables, de ces biens dont Jésus parle dans une autre parabole et que le voleur peut emporter ou que la teigne et les vers peuvent ronger.
« Faites-vous plutôt un trésor dans le ciel », dira alors Jésus, avec des biens que le voleur ne peut emporter et que la teigne et les vers ne peuvent ronger. « Là où est votre trésor, là aussi est votre cœur » dira-t-il encore.
Tout dépend donc de nos valeurs. Si nous les mettons dans les biens matériels, notre vie sera tournée seulement vers les choses de ce monde : l’argent, la propriété, le profit. Si nous les mettons dans les biens spirituels, notre vie ne sera que quête du Royaume de Dieu, de la vie en Christ parce que Christ est la Vie.
Puisse donc le Seigneur faire de nos cœurs stériles une terre fertile pour y faire grandir et fructifier sa parole.




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