31e dimanche après Pentecôte – 2014 - Lc 18, 35-43

A la paroisse St Nicolas (Bruxelles)

L’aveugle de Jéricho était assis au bord du chemin. Il demandait l’aumône. Il entend marcher la foule et il interroge : que se passe-t-il ? C’est Jésus de Nazareth. L’homme alors veut se précipiter vers lui mais ceux qui sont avec Jésus veulent le faire taire. Pourquoi ? Parce qu’on ne va pas déranger le maître ?  Mais que sont-ils ces gens-là pour ainsi décider de ce qui est bon ou bien pour Jésus ? Jésus dont la bonté ne sera pas prise en défaut. Parce que l’homme insiste et que Jésus l’entend et le guérit.


Parmi les enseignements que nous donne le récit de ce miracle, il y a celui de notre propre vie, celui de notre propre état.

Nous sommes cet aveugle assis au bord du chemin. Aveugles de ces valeurs spirituelles qui nous ont été révélées, nos yeux ne voient que la matérialité des choses. Et nous sommes là, assis, prostrés, au bord du chemin, au bord de notre chemin, de cette voie qui est tracée depuis notre baptême, et qui est Jésus-Christ, le chemin et la vie.

Mais nous ne voyons pas ou nous ne voulons pas voir, alors, on reste là, à mendier de la vie quelques petits plaisirs, quelques petits bonheurs.

Et si quelqu’un nous parle de Jésus, nous rappelle ce moment de l’engagement : « T’es-tu joins au Christ ? – Je me suis joins à Lui » qu’est-ce que nous allons faire ? Allons-nous comme l’homme de Jéricho nous précipiter, retrouver la prière, insister s’il le faut et demander comme l’aveugle : « Seigneur, fais que je recouvre la vue ! » Fais-moi distinguer ta bonté, fais que je voie les traits de ton visage dans celui de mon prochain, donne-moi de ressentir ta grâce dans la vraie réalité des choses, non pas celle que mes yeux peuvent voir et mes mains peuvent toucher, mais le sens profond de tout être, la beauté intense de ce que tu as créé.

Nous sommes cet aveugle assis au bord du chemin, mais nous sommes aussi ceux qui marchent dans le cortège. Le cortège de ces gens qui sont avec Jésus, ceux qu’on appelle aujourd’hui les chrétiens. Oui, nous sommes de ceux-là. Et nous marchons avec Jésus. Enfin, c’est ce que nous aimons dire. Mais nous aurions tendance à marcher sur la pointe des pieds pour ne déranger personne. A repousser ceux qui viendraient vers nous pour qu’ils ne viennent pas trop déranger nos petites habitudes et notre petit confort, même parfois au sein de notre église.

Oui, nous sommes tous ceux-là. Mais nous pouvons aussi être cet aveugle de Jéricho qui court vers le Seigneur, plein de confiance et d’espoir. Remarquez que ce n’est pas vis-à-vis de Jésus qu’il est obligé d’insister, mais contre l’avis de ceux-là mêmes qui l’entourent. « Seigneur, prends pitié ! » Gospodi pomilouï. A force de le dire dans nos offices, notre liturgie ou même notre prière personnelle, cela devient un automatisme. C’est pourtant la même prière cent fois  répétée, non pas parce qu’il faut insister et insister encore pour que Dieu se laisse fléchir, mais parce que la vie, notre vie en ce monde, a tant d’embûches, de dangers, de tentations, que c’est notre âme elle-même qui doit rester en éveil, que c’est notre cœur qui, jour après jour, doit se tourner vers le Seigneur et que c’est en en permanence que nous avons besoin de lui.

Jésus est là, avec nous, au milieu de nous comme il l’avait promis. Et si nous savons ouvrir nos cœurs pour accueillir sa parole, nous pourrons rendre gloire à Dieu et avec nous tout le peuple célèbrera les louanges de Dieu. Amen.



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