2e dimanche de carême 2014 - Mc 2, 1-12

« Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : mon enfant, tes péchés te sont remis ! » C’est peut-être la phrase clé du récit de ce miracle que rapporte l’évangile de Marc. C’est, en tout cas, celle qui va entraîner les réactions les plus significatives : celle des scribes, celle de Jésus (en réponse à leur attitude) et puis celle de la foule.
Il y a le malade et les quatre hommes qui le portent. Ils sont prêts à tout pour essayer d’obtenir la guérison de celui qui est étendu sur le grabat. Même à démonter le toit de la maison pour le descendre là où est Jésus. Pour le dire en des termes familiers d’aujourd’hui : il fallait vraiment y croire ! Et que fait Jésus ? Il ne lui dit pas – dans un premier temps – lève-toi et marche, tu es guéri, il dit « tes péchés te sont remis ». Dans le récit, la guérison proprement dite n’intervient qu’en réponse au doute et au questionnement des scribes, pour prouver le pouvoir du Fils de l’homme.
La guérison proprement dite … Et si, justement, ce n’était pas quand Jésus dit « lève-toi et marche » mais quand il remet les péchés ? Non pas parce que la maladie est une sorte de condamnation immédiate de l’une ou l’autre faute mais parce que l’homme est un être complexe et qui n’est pas seulement une sorte de mécanisme naturel, un être animal qui fonctionne à l’instinct.
L’homme, l’être humain, est à la fois corps, âme et esprit. Il vit de cette vie que Dieu a insufflée en lui, de cet esprit qu’Il lui a donné. Corps, âme et esprit et si un de ces éléments est, disons, malade, c’est l’homme lui-même qui ne va pas bien.
On pourrait prendre une comparaison avec différentes conception de la médecine : celle qui soigne les maladies et celle qui prend en compte le malade. Parce que – pour prendre un exemple bien connu – un ulcère d’estomac n’est pas seulement dû à un excès d’acide mais à du stress, une forte contrariété, que sais-je. Si on ne soigne que l’estomac, on n’obtiendra pas une réelle guérison, il faut soigner aussi ce que certains appelleront le psychologiques et que nous, nous dirons l’âme ou l’esprit.
Ainsi, lorsque Jésus dit au paralytique : tes péchés te sont remis, il le guérit vraiment, en profondeur et dans ce qui est essentiel. Parce que la vraie vie de l’homme, elle est en Dieu. Remettre l’homme, créé à l’image de Dieu, dans sa ressemblance avec le créateur, c’est rendre à l’homme sa plénitude.
Les scribes n’ont rien compris. Ils restent prisonniers de leur mode de penser, ils parlent de blasphème. Ils s’interrogent : qui peut remettre les péchés sinon Dieu seul ? En fait, leur question est fondée et ils ont raison : qui peut remettre les péchés sinon Dieu seul ? Mais ils n’ont pas reconnu en Jésus le Fils de Dieu, ils n’ont pas cru en Lui. Parce que, Lui, Dieu, peut en effet remettre les péchés.
La foule n’a sans doute rien compris non plus. Mais, devant le miracle, les gens sont saisis de stupeur et ils rendent gloire à Dieu. Ces gens-là ont cru. Comme en écho à la foi de ceux qui avaient amené le paralytique. Et c’est leur foi qui a permis le miracle.
Nous venons de vivre deux semaines du Grand carême. Nous avons soumis notre corps à des privations pour mieux soigner notre âme et notre esprit. Et pour nous rendre compte que, parfois, le corps nous imposait des exigences qui pouvaient polluer notre vie et notre pensée, qui pouvaient nous détourner de Dieu.
Aujourd’hui, peut-être sommes-nous comme ce paralytique et avons-nous besoin des autres pour nous porter vers Jésus. Peut-être sommes-nous parmi ces porteurs. Une chose est sûre : c’est notre foi qui sera déterminante. Sinon, les privations que nous nous serons imposées n’auront servi à rien.
Le carême doit nous ramener à Dieu, comme le paralytique a été conduit vers Jésus. Et s’il faut percer des trous dans ces murs qui nous enferment, ces murs de nos habitudes, de nos désirs, de nos pensées toutes faites, ces murs de notre égoïsme, de notre orgueil, de notre petit confort, s’il faut percer ces murs, n’ayons pas peur de nous y atteler. Et si l’abri de notre vie quotidienne vient à s’écrouler, c’est pour que nous trouvions mieux le secours et la protection du Seigneur.
Et si nous reprenons notre marche vers le Père, bien sûr, il nous faudra porter notre grabat, celui de nos manquements et de nos fautes passées. Mais alors, nous serons capables de les porter parce que le Christ nous aidera, nous en donnera la force.
Mais d’abord, allons vers Lui et que nous puissions L’entendre dire, voyant notre foi, mon enfant, tes péchés te sont remis.



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