Dimanche de la Samaritaine 2014 - Jn 4, 5-42

« L’homme s’en alla pour annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri. » Ainsi se terminait le passage de l’évangile que nous avons lu dimanche dernier. Le paralytique annonce, le paralytique témoigne.

La Samaritaine, elle, laisse sa cruche et court à la ville annoncer sa rencontre avec un homme, un prophète qui lui a dit ce qu’elle avait fait. Ne serait-ce pas le Christ ? La Samaritaine aussi annonce, elle aussi témoigne.

Son âme à peine éclairée par les paroles de Jésus, la femme est comme poussée par une force nouvelle vers une sorte de ministère, d’apostolat, oui, elle devient apôtre de Jésus : elle va rapporter sa parole. Et quelle parole ! Il m’a dit ce que j’ai fait ! Iriez-vous ainsi crier sur tous les toits que vous avez rencontré quelqu’un qui a mis le doigt sur les fautes que vous avez commises ?

L’apostolat de la Samaritaine prend donc la forme d’un témoignage personnel, presque intime, donc vrai et ceux qui l’entendront seront eux aussi interpellés, intrigués. Ils vont venir voir.

 
Voir celui qui avait parlé. Car Jésus, lui, prêchait. Il disait aux gens : « croyez donc en ceci » ou encore « faites cela » et il expliquait, il cherchait à convaincre. Le témoin, lui, raconte son expérience personnelle, il dit « voici ce qui m’est arrivé » et son témoignage a parfois plus de force que les paroles que pourrait prononcer n’importe quel prêcheur.

Le paralytique annonçait sa guérison, la Samaritaine sa rencontre avec celui qui avait si bien lu dans son cœur. Et nous ?

Bien sûr, nous ne sommes pas tous appelés à prêcher, mais par contre, nous devons tous, là où nous sommes, modestement parfois, porter témoignage de la grâce que nous avons reçue : ne pas être frileux de clamer notre foi et ce qu’elle nous apporte, oser dire ce don de Dieu qui nous a été fait.

Aucune rencontre avec Jésus ne reste sans suite : il y a une guérison, il y a un don, il y a un appel et puis, il y a notre réponse, notre accueil du don et de la grâce.

Va, dit Jésus au paralytique et il va. La Samaritaine n’a pas besoin de cette injonction de Jésus : elle court dire aux autres ce qui est arrivé.
 
En écoutant le paralytique, les Juifs auront des réactions plutôt hostiles ; aux dires de la Samaritaine, les gens de la ville vont accourir : le témoignage porte parfois des fruits.

Jésus veut le montrer à ses disciples en désignant les champs qui sont, dit-il, prêts pour la moisson. En effet, en écoutant sa parole – non plus celle de la femme, mais celle de Jésus lui-même – des Samaritains vont se convertir et suivre Jésus. La récolte commence, mais c’est Jésus qui a été le seul semeur.

Car c’est sa parole qui a guérit le paralytique, c’est sa parole qui a éclairé la Samaritaine et c’est cette parole qui a été rapportée.

On peut croire en Jésus sur un témoignage, on peut se faire son disciple parce qu’on a entendu sa parole. Les Samaritains le disent à la femme : « Ce n’est plus sur ta parole que nous croyons maintenant, car nous l’avons entendu par nous-mêmes, et nous savons qu’il est en vérité le Sauveur du monde, le Christ. »

Heureux ces Samaritains qui pouvaient entendre Jésus leur parler, en direct. Ce n’est pas à nous que ça pourrait arriver ! Non, mais il ne faut jamais oublier cette parole de Jésus : « et voici que je suis avec vous pour toujours » car Jésus ne nous a jamais abandonnés. Il est toujours là pour nous retrouver, nous rencontrer et nous guérir comme le paralytique de la piscine de Bethesda ou nous éclairer comme la Samaritaine au puits de Jacob.

Notre vie est ainsi faite de rencontres successives avec le Christ et donc, heureux sommes-nous, qui pouvons dans nos expériences personnelles et dans les paroles intérieures que nous recevons, entendre ce que Jésus-Christ lui-même veut nous dire.



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