Pentecôte – 2014

« Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. » Cette prophétie d’Ezéchiel que nous avons lue hier soir durant les vêpres donne une des significations importantes de la fête que nous célébrons aujourd’hui.

En effet, la Pentecôte, la descente de l’Esprit Saint sur les disciples devenus des apôtres et à travers eux sur ceux qui voudront croire en Jésus-Christ et vivre des valeurs de son évangile, cette Pentecôte-là, elle a été donnée une fois pour toute. Et si nous commémorons cet événement, c’est pour retrouver toute sa signification, toute son importance pour notre salut.

L’Esprit a été donné à l’homme. Reste à chacun de le recevoir. Et c’est là que nous devons nous rendre compte de nos limites. Imaginez une cascade, de l’eau qui coule en abondance. Cette eau nous est donnée. C’est l’eau vive promise à la Samaritaine. Mais nous n’avons, pour la recevoir, qu’un petit verre. Ainsi en est-il de l’Esprit Saint et de ce que peut contenir notre cœur, de ce que peut recevoir notre âme. Un petit verre. Et bien, il faut le prendre et s’en servir pour chercher quelque chose de plus grand, quelque chose de plus fort.

Un cœur nouveau. Un esprit nouveau. On pourrait dire aussi un langage nouveau. C’est ce qui s’est produit avec les apôtres : chacun les entendait dans sa propre langue. Et bien, je vous dirai que ça ne m’étonne pas. Bien sûr, je n’étais pas là pour voir comment ça s’est passé réellement, mais j’imagine comment ça pourrait se passer pour nous, aujourd’hui, maintenant.

Parce que le langage, c’est parfois autre chose que les mots. On peut parler avec son corps. (frisson) J’ai froid. (main tendue) Je t’accueille. (paume en haut) Je demande. (poing fermé) Là, c’est franchement agressif.

On peut parler avec les yeux, c’est le plus souvent par là que passe le langage du cœur.

Oui, au-delà même de nos gestes, notre attitude parle pour nous, notre manière d’agir en dit long, plus parfois que ne pourraient le dire les mots.

Notre attitude parle pour nous. Notre corps s’exprime. Mais on peut aussi parler avec le cœur. C’est le cœur qui doit s’exprimer dans nos gestes, nos attitudes et nos mots.

Mais c’est l’esprit, l’Esprit Saint, et Lui seulement, qui pourra nous donner un cœur nouveau, mettre en nous un esprit nouveau, un esprit qui s’ouvrira à d’autre choses que le travail et l’argent, que l’avoir et le pouvoir. Un cœur qui pourra battre au rythme de la charité et de l’amour des autres. Et cela, c’est toujours à recommencer.

Cette Pentecôte-là, notre pentecôte, celle qui fera de nous – comme le disait Saint Paul – des hommes nouveaux, elle devient notre but dans la vie, elle devient notre espoir, notre désir le plus profond. Recevoir l’Esprit saint ! Car il nous est donné, mais nous ne le voyons pas, nous ne le savons pas, et peut-être, à cause de la dureté de notre cœur, nous ne pouvons pas le recevoir.

C’est pour cela que nous prions sans cesse cette prière – la seule je pense qui soit adressée directement à l’Esprit – qui se répète à chaque début de nos offices. « Roi céleste, consolateur, Esprit de vérité, toi qui es partout présent et qui emplis tout, trésor de bien et donateur de vie, viens et demeure en nous, purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes, toi qui est bonté »

Nous célébrons la Pentecôte. Mais il n’y a pas de langues de feu, il n’y a pas de manifestation spectaculaire. Tout se passe dans le secret du cœur. Mais tout se passe aussi dans la prière et la réunion en Église. Car pour nous, c’est aussi cela, la Pentecôte : le temps de l’Église.

J’ai à citer ces premières lignes du livre du père Serge Bougakoff sur l’orthodoxie : « « L’orthodoxie est l’Eglise du Christ sur la terre. L’Église du Christ n’est pas une institution; c’est une vie nouvelle avec le Christ et en Christ, dirigée par l’Esprit Saint. La lumière de la résurrection du Christ rayonne sur l’Église, et la joie de la résurrection, du triomphe sur la mort, la remplit. Le Seigneur ressuscité vit avec nous, et notre vie dans l’Église est une vie mystérieuse en Christ. Les « Chrétiens » portent ce nom précisément parce qu’ils sont à Christ; ils vivent en Christ, et le Christ vit en eux. L’Incarnation n’est pas seulement une idée ou une doctrine; c’est avant tout un événement qui s’est produit une fois dans le temps, mais qui possède toute la puissance de l’Éternité. Et cette Incarnation perpétuelle, en tant qu’union parfaite, indissoluble, quoique sans confusion, des deux natures, la nature divine et la nature humaine, forme l’Église. L’Église, c’est le Corps du Christ, en tant qu’unité de vie avec Lui. »

Voilà l’esprit qui doit nous animer, la Vérité qui doit nous inspirer. Seigneur, donne-nous un cœur nouveau. Esprit de Dieu, fais ta demeure en nous.



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