Lundi de Pentecôte - 2014 - Jour du Saint Esprit

À Banneux

Dans notre calendrier liturgique orthodoxe, ce Lundi de Pentecôte est aussi Jour du Saint Esprit. Saint Séraphin de Sarov disait que le but de la vie chrétienne était l’acquisition du Saint Esprit. Pourtant, le Saint Esprit a déjà été donné. Même deux fois ! Aux apôtres par Jésus lorsqu’il les a rejoints dans la chambre fermée, après sa résurrection, qu’il a soufflé sur eux, leur donnant par la même occasion un rôle spécifique, celui d’annoncer la Parole jusqu’aux limites du monde, de lier et de délier sur la terre comme dans le ciel. Aux disciples, à la Pentecôte, alors qu’ils étaient réunis en assemblée, en ecclesia, en Église.
Après cela, ils parlaient et chacun les comprenait. L’Évangile est annoncé à toutes les nations, à tous en particulier ; mais le miracle était autant chez ceux qui parlaient que chez ceux qui entendaient. Comme Motovilov, voyant saint Séraphin transfiguré, était lui-même dans la lumière de Dieu.
L’Esprit est donné, encore faut-il le recevoir. Si on offre un cadeau et qu’on le laisse de côté, ou qu’on dit : non merci, c’est comme si on n’avait rien reçu. Sauf que le cadeau a été offert …
Certes, l’Esprit ne nous est pas donné directement, il nous est transmis par ceux qui l’ont reçu, il nous est transmis en Église, par l’Église.
Nous sommes dans une chapelle dédiée à la Mère de Dieu. C’est donc l’occasion – dans notre réflexion – de lui rendre un rôle que l’on pourrait dire nouveau. L’Esprit était sur elle lors de l’Annonciation, c’est ainsi qu’elle a donné un corps humain à Jésus. Jésus qui, sur le Calvaire, à confie sa mère à Jean et Jean à sa mère. Marie, Mère de Dieu, devient ainsi mère de l’homme. L’Église, née de l’effusion de l’Esprit à la Pentecôte, est corps du Christ. Pour Marie, mère des hommes, c’est comme un nouvel enfantement, elle devient la Mère de ceux qui composent l’Église, la mère des vivants, la mère des croyants. La Mère de Dieu, mère du Jésus homme, devient mère du corps du Christ qu’est l’Église.
L’Esprit, lui, reste pour nous un mystère. Jésus, on le représente sur les icônes. Le Père, on croit le connaître (même si on a tendance à faussement l’imaginer comme un vieux barbu aux cheveux blancs) et puis le Christ n’a-t-il pas dit : qui m’a vu a vu le Père ? L’Esprit … oui, il apparaît dans l’Écriture sous la forme d’une colombe ou de langues de feu. C’est peut-être un peu peu pour une des Personnes de la Trinité. Et pourtant, on pourrait dire que c’est le plus agissant (même si c’est par le Fils que tout a été fait … mais … dans l’Esprit). « Nul ne peut dire Jésus est Seigneur si ce n’est par l’Esprit Saint » écrit l’apôtre. D’où sa nécessaire « acquisition ». Non pour rechercher voire susciter – comme le font certains mouvements – les manifestations mais pour en recevoir les fruits. Pour vivre de son inspiration.
On peut utiliser une comparaison. Si on parle de l’esprit de lucre, on pense tout de suite à quelqu’un qui fait de l’argent avec tout, qui est habile en affaires, qui ne fait rien pour rien. Le Saint Esprit est Dieu, Dieu est amour. L’esprit de Dieu est donc l’esprit de l’amour. « On vous reconnaîtra à ce que vous vous aimez les uns les autres » disait Jésus à ses disciples.
Ce jour du Saint Esprit est donc le jour de l’amour. Qu’il remplisse nos cœurs en abondance.



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