1er dimanche après Pentecôte – 2014 - Tous les saints

Aujourd’hui, premier dimanche après la Pentecôte, nous fêtons tous les saints. Rien à voir avec la tradition qui a fait du 1er novembre, jour de Toussaint (tous les saints) pour les catholiques, la fête des morts et les chrysanthèmes sur le cimetière.
Mais, qu’est-ce que les saints ? On vous dira : ce sont des hommes ou des femmes qui ont été de grands spirituels ou dont la vie peut être prise en modèle. Pensons à saint Séraphin de Sarov et à sainte Mère Marie de Paris et on aura deux exemples qui se passent de commentaire.
Il y a aussi les martyrs, bien sûr, qui sont morts pour leur foi ou à cause de leur foi. Et ils ne datent pas seulement du premier siècle. On pense à ceux que nous appelons les « nouveaux martyrs » russes. Mais il suffit aussi de regarder les informations pour se rendre compte qu’aujourd’hui encore, dans l’un ou l’autre coin du monde, des chrétiens sont massacrés, pourchassés, à cause de leur foi.
Mais la sainteté, pour nous orthodoxes, est bien plus qu’une sorte de consécration après une vie exemplaire, c’est une participation à la vie du Christ, c’est la vie en Christ et les saints méritent ce nom dans la seule mesure où ils sont christophores, littéralement : porteurs de Christ, c’est-à-dire qu’ils ont été assez humbles et obéissants devant le Christ pour vivre pleinement sa Parole et en porter témoignage.
Ainsi, nous sommes tous appelés à être des saints.
Sans doute ne serons-nous jamais canonisés, nous n’aurons jamais notre nom dans le calendrier liturgique, mais la sainteté – non seulement – est (si j’ose dire) à notre portée, mais c’est ce qui nous est demandé : être christophores, porteurs de Christ, le porter dans notre cœur, vivre en Lui de toute notre âme et proclamer sa parole de toutes nos forces.
C’est une exigence. Oui. Et pour l’exprimer, le Christ n’a pas de mots assez forts : on vient de les entendre dans les trois extraits d’évangile de Matthieu réunis en ce passage qui vient d’être lu et qui expriment cet appel total de Dieu en Jésus-Christ.
Comme je le dis souvent, si on veut vivre en Christ, on ne peut pas être chrétien à mi-temps. Et il faut pouvoir rompre les liens simplement humains ou charnels que nous avons avec ceux-là mêmes qui nous sont les plus proches. Rompre les liens avec eux mais pas les rejeter. Rompre les liens qui sont naturellement les nôtres, pour en recréer de nouveaux, en Jésus-Christ.
Nous sommes tous appelés à être des saints. C’est pour nous la leçon de ce dimanche. Mais tout ce qui nous est demandé nous paraît impossible. Sauf que nous avons reçu ce qu’il faut pour y parvenir. Non pas seulement l’essentiel, mais l’indispensable : l’Esprit Saint. C’est Lui qui peut nous éclairer, nous guider, nous donner la force sur le chemin vers le Seigneur.
Aujourd’hui, premier dimanche après la Pentecôte, nous fêtons tous les saints. Parce que la sainteté est un don de l’Esprit. Un don qui a été fait par Jésus, soufflant sur les apôtres, par les langues de feu descendues sur les disciples réunis en assemblée, en ecclésia, en Église. L’Église. Non pas l’institution, mais corps du Christ, vie en Christ, dans l’Esprit.
Aujourd’hui, premier dimanche après la Pentecôte, nous fêtons tous les saints. C’est pourquoi, en Christ, par l’Esprit, je peux vous dire : bonne fête à tous.



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