02Pentecôte-2014 - Mt 4, 18-23 – Mt 4, 25-5,12

La coïncidence du 2e dimanche après la Pentecôte et la célébration de la mémoire de tous les saints ayant illuminé la terre russe nous a permis d’entendre deux textes de l’Evangile : le récit de l’appel des premiers disciples et le rappel des grandes vertus évangéliques.

Deux textes qu’il convient de lire à la lumière de l’évangile de dimanche dernier, celui de la fête de tous les saints. Que disait ce texte ? C’était une affirmation forte de la manière dont on doit suivre Jésus : celui qui « sera pour Lui » sera justifié devant le Père qui est dans les cieux ; celui qui veut être avec Lui doit pouvoir se séparer de son père, de sa mère, donc de son milieu naturel pour vivre dans un milieu spirituel, en quelque sorte.

Il en est ainsi des premiers disciples. Ils pêchent, Jésus passe, les interpelle, les appelle et, sans hésiter, ils répondent, ils laissent là leur barque et leur père. Ils abandonnent les liens du sang, les relations purement humaines. Ils abandonnent leur métier, leur activité lucrative, celle qui leur permet de gagner leur vie pour gagner la vraie Vie, celle que va leur faire découvrir Jésus.

C’est le premier élément, la première exigence si on veut mettre nos pas dans les siens : Simon, André, Jacques et Jean n’auraient pas pu suivre Jésus s’ils n’avaient pas, d’abord, laissé leur barque et quitté leur père. C’est un renversement total dans ce qu’on appellerait aujourd’hui l’échelle des valeurs.

De ces quatre premiers appelés, Jésus fera des disciples, puis des apôtres. Mais pour cela, il faudra qu’ils reçoivent l’Esprit Saint. C’est la Pentecôte qui fera d’eux des porteurs de la Bonne Nouvelle, des témoins de ces valeurs qui nous sont rappelées du sermon sur la montagne, des témoins jusqu’à l’abandon total, parfois même celui de leur propre vie.

Et cette œuvre, cette force de l’Esprit, elle est encore présente, elle a agi jusqu’à nos jours. Tous ces saints qui ont illuminé la terre de Russie en sont à leur tour les témoins, les porteurs. Au cours des siècles, par leur vie, par leur enseignement, par leur sacerdoce, par leur folie parfois, par leur martyre souvent, ils ont été les fidèles disciples de Jésus-Christ, sous l’inspiration du Saint Esprit.

 
Tous, comme Simon et André, Jacques et Jean, ont répondu à l’appel, en confiance. Sans demander de garantie, d’assurance. Sans doute, aujourd’hui, en savons-nous plus sur l’enseignement de Jésus, sur sa doctrine. Mais nous ne savons rien, quand nous nous engageons, de l’expérience de cette vie, de l’exigence de notre réponse.

Ainsi donc, parfois, Jésus nous demande de quitter notre famille (ce qui ne veut pas dire rompre avec elle !), de laisser là nos occupations, notre profession, nos outils de travail comme aux pêcheurs leurs filets … Mais, si l’on ressent cet appel, il faut bien prendre garde de ne pas s’élancer tête baissée dans ce qui pourrait n’être qu’un leurre.

Les plus belles images et les plus beaux attraits spirituels peuvent être d’inspiration diabolique et n’être que des miroirs aux alouettes pour nous prendre et nous perdre. Il convient donc  de bien éprouver ce que l’on ressent, d’en parler avec son père spirituel, son confesseur.

Mais on peut toujours se demander : « moi, qu’est-ce que j’ai quitté pour suivre Jésus » et on verrait qu’on a sans doute laissé bien peu de choses de côté. On pourrait aussi se dire : « que veut-il donc que je quitte ? » et on s’apercevrait que ce n’est pas nécessairement notre boulot, notre famille, notre maison, mais plutôt ces quelques petites choses qui nous semblent si banales, si quotidiennes … mais qui nous entravent, nous empêchent d’avancer, nous empêchent vraiment de laisser-là nos petits égoïsmes pour Le suivre, vraiment.

Mais, ce n’est pas pour rien que Jésus appelle Simon-Pierre, André, Jacques et Jean : ce sont des pêcheurs de métier, ils savent ce que pêcher veut dire. C’est comme un signe : Jésus se sert de nos propres connaissances, notre savoir, nos aptitudes pour faire de nous des disciples, sa grâce pourra ainsi nous transformer si nous voulons vraiment servir Dieu. « Et nous avons des dons qui diffèrent selon la grâce qui nous a été accordée », écrira saint Paul. Mais ces dons, il convient de les utiliser. Mais surtout, poursuivra-t-il "que l’amour soit sincère. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien. Que l’amour fraternel vous lie d’une mutuelle affection".

"On vous reconnaîtra comme mes disciples à ceci : que vous vous aimez les uns les autres dira Jésus". Soyons donc dans la charité et l’amour, des disciples du Christ, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.



Site web réalisé par Arnaud Simonis