3e dimanche après Pentecôte-2014 - Mt 6, 22-33

Les évangiles des deux dimanches précédents nous ont parlé de l’appel de Jésus et surtout de la réponse qu’il attend de nous.

D’abord, une réponse claire, sans demi-mesure : on est avec Lui ou on est contre Lui. L’appel est – pourrait-on dire total, et pour y répondre, on doit pouvoir quitter – s’il le faut – son milieu, sa famille peut-être, laisser là certaines activités, abandonner surtout certains traits de notre caractère. Et, si l’on prend l’exemple des premiers disciples, la réponse devrait être immédiate, en confiance, sans condition, sans négociation.

Aujourd’hui, l’évangile nous pose encore une étape supplémentaire : celle du détachement des biens, des préoccupations terrestres.

Pourtant, on se dira : « oui, c’est bien beau tout cela, c’est bien beau de suivre les préceptes évangéliques, de suivre Jésus, mais de quoi allons-nous vivre ? » C’est bien contre cette inquiétude que la lecture d’aujourd’hui nous met en garde.

Mais d’abord, il nous faut regarder à l’intérieur de nous, il faut unifier notre vie intérieure. Il faut se rendre compte de ce qui attire notre regard : sommes-nous fascinés par les richesses de ce monde ? En voyant la beauté de la nature, en rendons-nous grâce au créateur ? Regardons-nous les autres avec amour ou avec envie ? Ce que l’on regarde, la façon dont on regarde, influence notre façon de voir, notre façon de penser, notre façon de fonctionner.

Mais il h’y a pas que les images du monde, la lumière du soleil ; il y a aussi cette lumière spirituelle qui rayonne de l’âme. Sommes-nous capables de la voir, de la discerner ? Et notre âme à nous, est-elle dans la lumière ou l’obscurité ? Car il ne suffit pas que la lumière brille, encore faut-il que notre œil soit bien disposé à la recevoir.

Si vous fermez les yeux un jour d’été, le soleil a beau briller, vous ne le verrez pas et vous serez dans le noir. A plus forte raison en est-il ainsi d’un point de vue spirituel. D’autant que l’homme a tendance à croire qu’il détient la vérité, qu’il a en lui la lumière, alors, il ferme les yeux sur la vraie lumière, et il demeure dans les ténèbres. C’est à peine s’il entrouvre de temps en temps un œil pour regarder … son nombril.

Ce qui brille, c’est bien connu, attire le regard. L’argent par exemple. D’où cette mise en garde : nul ne peut servir deux maîtres. Celui qui préfèrera l’argent, délaissera Dieu. Celui qui préfèrera les biens matériels ne pourra que se détourner des richesses spirituelles.

Mais encore, revient cette question : « de quoi vivrons-nous ? »

« Ne vous inquiétez pas de votre vie » dit Jésus évoquant les oiseaux du ciel et les lys des champs. Des paroles qui, une fois encore, doivent être prises avec discernement.

Certes, il y a des hommes et des femmes que Jésus appelle à vivre dans la pauvreté absolue mais, pour la majorité d’entre nous, c’est dans notre famille, notre communauté de vie, avec des responsabilités familiales et sociales que nous devons vivre en chrétiens, et faire face à nos responsabilités par notre travail.

Ce qui est dénoncé – pour ne pas dire condamné – ce n’est pas un souci de prudence ou de prévoyance, mais bien l’avarice, l’anxiété qui sont les signes d’un intérêt marqué pour l’argent et les biens matériels autant que d’un manque de foi.

Celui qui est appelé à se dépouiller de tout, comme celui qui doit assurer  le bien-être matériel, la survie parfois, des siens, tous deux se doivent de vivre dans la confiance : le Père ne les abandonne pas. Mais tous deux doivent garder leur échelle des valeurs qui est d’abord de chercher le royaume de Dieu, c’est-à-dire de vivre chaque moment, chaque événement, en chrétien, en disciple de Jésus-Christ, dans l’amour fraternel et la charité, chercher le royaume de Dieu et sa justice, dans leur âme, dans leur propre conscience, et autour d’eux. Et cela dans la confiance en la bonté du Père pour ce qui est des besoins de la vie.




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