Saints Pierre et Paul – 2014 - 2Co 11, 21-12, 9 – Mt 16, 13-19

La fête que nous célébrons aujourd’hui a été précédée d’une période de carême. C’est donc que l’Église voulait en marquer l’importance. Et c’est vrai que le rôle qu’ont joué ces deux apôtres a été essentiel, fondamental, on pourrait dire : fondateur.
Deux hommes, deux vies, deux destins. Leur seul point commun, c’est qu’ils ont été appelés, choisis par Jésus. Simon-Pierre sur les bords de la mer de Galilée, Saul-Paul sur le chemin de Damas. Leur changement de nom sera peut-être le premier signe de leur conversion.
Tous deux sont Juifs, c’est vrai. Mais le premier, un pêcheur, va suivre Jésus tandis que le second, un fournisseur de matériel militaire, va persécuter les disciples de Jésus qu’on n’appelle pas encore des chrétiens. Tous deux mourront en martyrs : Pierre, crucifié la tête en bas, Paul décapité.
Pour le reste, tout les sépare. Pierre a suivi Jésus durant toute sa vie sur terre tandis que Paul ne l’a même pas connu de son vivant. Quand ils se rencontreront, ce sera pour des moments de grande discussion, notamment sur la circoncision. Pierre ira à Rome, Paul voyagera tout autour de la Méditerranée et se fera « l’apôtre des Gentils », celui qui portera l’Évangile aux non-Juifs.
Mais – pour tout important que cela soit – ce n’est sans doute pas pour ces raisons que la solennité d’aujourd’hui est essentielle. Son sens, il faut le trouver dans les lectures que nous venons d’entendre.
Deux phrases, peut-être. Celle de Paul dans sa deuxième épître aux Corinthiens : « Ma grâce te suffit » et cette parole de Jésus à Pierre « cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux ».
La révélation, c’est la réponse de Pierre à la question de Jésus : « Qui dites-vous que je suis ». Et Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». C’est parce qu’il a reconnu le Christ en Jésus que Pierre se voit confier les clefs du Royaume. C’est parce qu’il vit pleinement de la grâce de Dieu que Paul peut ainsi évangéliser, porter la Bonne Nouvelle.
Et ces paroles peuvent s’adresser aussi à nous, aujourd’hui. Oh, certes, pour des destins bien moins glorieux ! Mais parce qu’elles peuvent (devraient, doivent) déterminer notre vie. « Ma grâce te suffit ». C’est par la grâce que nous vivions, c’est dans la grâce que nous pouvons trouver des forces.
« Nul ne peut dire : « Jésus est Seigneur », si ce n’est par l’Esprit Saint » écrira saint Paul dans sa première épître aux Corinthiens. C’est par l’Esprit que le Père a révélé cela à Pierre. C’est par l’Esprit qu’il nous enseigne, nous guide et parfois nous console. Et c’est encore l’Esprit qui peut nous rendre disponibles pour accueillir la grâce de Dieu.
Ainsi, reprenant une des bénédictions de notre Divine Liturgie, nous pouvons dire : que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit, soient avec nous tous ».



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