5e dimanche après Pentecôte – 2014 - Mt 8, 28-9, 1

Il y a un sentiment qui traverse le récit de la guérison des deux démoniaques que nous venons d’entendre : c’est la peur.
La peur que les deux hommes provoquaient : ils vivaient dans les tombeaux, parmi les morts. On les disait sauvages et « personne n’osait passer par ce chemin ». La peur des démons eux-mêmes, peur d’être expulsés, peur du vide. La peur, enfin, des habitants de la contrée qui viennent de toute la ville,  pour prier Jésus de quitter le pays.
Pourtant, Jésus a guéri ces deux hommes. Ils pourront désormais vivre parmi les vivants. Dans un geste inouï de miséricorde envers les démons, il leur a permis – à leur demande – d’entrer dans le troupeau de porcs. Mais c’est pour conduire ces animaux à la destruction. Est-ce cela qui a tant effrayé les habitants ? Est-ce cette guérison spectaculaire ? Toujours est-il que la peur les amène à repousser Jésus, à lui dire en quelque sorte de passer son chemin, tout comme eux-mêmes, avant, détournaient leur chemin pour éviter les possédés.
La peur, c’est aussi ce que ressentira Pierre après la pêche miraculeuse quand il dit à Jésus : « ne t’approche pas de moi car je suis un homme pécheur ». La peur, là aussi ? Plutôt ce que nous appelons « la crainte de Dieu ». Une crainte qui, si elle met une distance, ne repousse pas, ne rejette pas. Elle n’est que l’expression d’une sorte de grand respect. Tout comme le centurion qui dit à Jésus : « je ne suis pas digne que tu viennes sous mon toit ».
Cette crainte de Dieu n’a rien à voir avec la peur qui paralyse ou qui induit des comportements erronés. Celui qui a peur de Dieu, du jugement, cherchera à se racheter, se justifier. Celui-là ne peut pas connaître le vrai repentir. Il va vers Dieu non pas pour attendre sa miséricorde mais pour essayer de faire taire cette peur qui, parfois, lui prend au ventre. Ce n’est pas dans la peur que l’on fait son salut.
« Avec crainte de Dieu, foi et amour, approchez » dit le prêtre en sortant avec le calice pour la communion des fidèles. Crainte de Dieu, foi et amour : un résumé en quelques mots de l’attitude juste du chrétien. Crainte de Dieu, pas peur de Lui. Et cette crainte n’empêche pas de s’approcher. Au contraire, elle est un des éléments de la démarche basée sur le respect et l’humilité.
Par peur (de quoi ? de qui ?) les Gadaréniens ont refoulé Jésus. Que nos peurs ne nous entraînent jamais dans pareille attitude. Nous ne sommes pas dignes qu’Il vienne sous notre toit, mais il s’offre pour venir en nous. Et – par sa grâce – nous pouvons l’accueillir.
« Pourquoi vous effrayez-vous, hommes de peu de foi » dit Jésus à ses disciples. Et pas qu’une fois ! « N’ayez pas peur » dit-il quand il les rejoint. Oui, le Christ peut nous débarrasser de nos peurs. Avec Lui, nous pouvons faire l’expérience d’une vraie et pleine confiance, nous pouvons nous abandonner dans l’océan de son amour, porté par sa miséricorde.
Seigneur, Tu as voulu toujours rassurer et donner la paix à tous ceux qui venaient vers toi, à tous ceux que tu rencontrais, à tous ceux vers qui tu allais.
Tu as envoyé un ange aux bergers de Bethléem pour leur dire : « Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple » afin qu’ils soient les témoins de ta nativité ;
Tu as envoyé aussi un ange aux femmes venues au tombeau pour embaumer ton corps, afin de leur ôter toute crainte et qu’elles soient les premières à proclamer ta sainte résurrection
Envoie aussi un ange à tes serviteurs afin de leur ôter toute peur et qu’ils soient  témoins des bienfaits de ta grâce et proclament toutes tes louanges.
Seigneur Jésus, Tu as dit au chef de la synagogue venu demander la guérison de sa fille mourante : « Sois sans crainte, crois seulement  » indiquant ainsi toute la puissance de la foi et appelant à la confiance en ta miséricorde ;
Tu as voulu rassurer tes disciples, bousculés par la tempête tandis que tu les rejoignais dans la barque en marchant sur les eaux en leur disant : « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur », avant de tendre la main à Pierre qui avait voulu te rejoindre en marchant sur les flots ;
Accorde- nous de te reconnaître comme Christ et Seigneur, donne-nous l’espérance en ta miséricorde ; si nous venons à douter, à craindre, tends-nous Ta main secourable et donne-nous la force de marcher à ta suite, dans la confiance en Toi et libérés de la peur.
Seigneur, tu as dit : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. » Accorde-nous de goûter dès à présent à cette grâce que tu nous dispenses en abondance, sans peur et sans crainte et dans la confiance en toute la force de ton amour.
Car Tu es un Dieu de miséricorde et d’amour pour les hommes et nous te rendons grâce, Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.



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