8e dimanche après Pentecôte – 2014 - Mt 14, 14-22

Au monastère d’Uchon

Le Seigneur n’abandonne pas ceux qui l’ont suivi. Pourtant, il s’était retiré dans un lieu désert après avoir appris la mort de Jean le Baptiste. Mais la foule l’a rejoint. Des hommes, des femmes, des enfants qui ont quitté leur village, qui ont fait tout un chemin pour le retrouver. Il est pris de pitié pour eux et il guérit les infirmes.
Mais le soir est venu. Les disciples s’inquiètent : que vont manger ces gens ? Ils conseillent à Jésus de les renvoyer. Mais ce soir n’est pas comme tous les soirs, c’est déjà l’annonce d’un jour nouveau et Jésus leur dit : ces gens n’ont pas besoin d’aller chercher de la nourriture, « donnez-leur vous-même à manger ». Impossible. Ils n’ont que cinq pain et deux poissons. Peu de chose. Mais avec ce peu de chose des hommes, Dieu va faire de grandes choses avec les hommes.
Jésus prend le pain, il le bénit, le rompt. Ce sont les disciples qui le distribuent, mais c’est le Christ qui est à l’œuvre. Les gens sont rassasiés et ils ont eu en abondance. Les hommes ne sont pas seulement témoins du miracle, ils en sont acteurs. Parce qu’ils ont fait confiance, parce qu’ils ont suivi la parole qui leur était adressée.
Un autre soir et comme en annonce d’un temps nouveau, Jésus prendra du pain, pour le bénir, le rompre et le donner à ses disciples en disant : ceci est mon corps. Il leur dira aussi : faites ceci en mémoire de moi. Une mémoire qui n’est pas que le souvenir d’un moment mais le témoignage de la Parole de Jésus-Christ. Là aussi, les disciples – et jusqu’à nous – referont ce geste et distribueront aux peuples le pain de l’eucharistie, le Pain de Vie qui  est distribué en abondance. Mais d’abord, il aura fallu que le Christ nous guérisse, nous délivre de nos péchés, nous relève de nos fautes.
C’est à ce geste de la fraction du pain que les disciples d’Emmaüs ont reconnu Jésus ressuscité. Pourtant leur cœur était tout brûlant quand il leur parlait. Jésus est le Verbe fait chair, la Parole incarnée, par lui, la Parole, le Verbe de Dieu, est entré dans notre temps, dans notre histoire. Une ère nouvelle est ainsi inaugurée. Et la Parole, nous la lisons dans les Écritures, nous l’étudions, nous la méditons. Au travers des commentaires, des homélies, nous cherchons à l’actualiser, à en découvrir le sens, pour nous, aujourd’hui, dans notre monde, dans notre société. Mais cette parole, nous devons aussi la recevoir, la « consommer » dans le pain et le vin de l’eucharistie, corps et sang du Christ, du Christ glorifié.
Celui qui a nourri les foules, qui s’est donné comme viatique à ses disciples, qui nous a donné son corps et son sang en mémorial de son sacrifice unique sur la croix, mais aussi de sa résurrection, de son ascension au ciel, de sa session à la droite de Dieu, celui qui s’est donné à reconnaître par la fraction du pain, Jésus-Christ, se donne à nous aujourd’hui dans le mystère de l’eucharistie, ce repas messianique qui nous fait participer, maintenant, malgré nos fautes, malgré notre indignité, qui nous fait participer pleinement au Royaume qu’il nous a annoncé, que nous célébrons déjà mais dont nous attendons la venue en plénitude.
Jésus ne nous abandonne pas. Par la miséricorde et l’amour de Dieu, il nous guérit du péché, de nos faiblesses spirituelles, il nous donne la Vie, le pain de Vie en abondance.




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