10e DIMANCHE APRES PENTECOTE 2014 - 1Co 4, 9-16 – Mt 17, 14-23

L’enfant que l’on présente à Jésus est lunatique. C’est ainsi qu’on parlait, à l’époque, d’un malade atteint d’épilepsie. On vous dira aujourd’hui que l’épilepsie est une « affection caractérisée par la survenue plus ou moins fréquente de crises convulsives motrices ou de troubles sensoriels, sensitifs ou psychiques », et que ça n’a rien à voir avec la présence d’un démon, même plus ou moins retors.

La Bible établit pourtant une relation entre possession et maladie. C’était peut-être la conception de l’époque. Et on pourrait, aujourd’hui encore spéculer – en utilisant d’autres termes – sur l’aspect psychologique ou psychosomatique des affections. Il n’en reste pas moins vrai aussi que la prière, parce qu’elle donne la paix du cœur, peut aider à vaincre la maladie.

Mais au-delà de ces discussions, nous avons ici un bel exemple de texte dont les progrès scientifiques permettent d’approfondir l’approche spirituelle.

De nous intéresser, par exemple à l’attitude des apôtres. On leur avait demandé quelque chose. Et ils n’y sont pas arrivés. Alors, oublions un moment l’enfant lunatique et retenons cela : quelqu’un, un de leurs semblables, leur avait demandé quelque chose et ils n’y sont pas arrivés. Bien sûr, ce qui leur était demandé, ce n’était pas un service, ou l’aumône, ou une aide quelconque mais bien un miracle. En tout cas, un acte, un geste qui repose sur la foi.

Et nous ? Combien de fois ne nous est-il pas arrivé qu’on nous demande quelque chose et qu’on n’y arrive pas. Bien sûr, on va faire le compte des petits gestes qu’on n’a pas eu, des services qu’on n’a pas rendus, de la pièce qu’on n’a pas donnée. Mais à propos de cela, quelqu’un qui n’est pas chrétien, mais simplement altruiste, peut se poser les mêmes questions.

Vous me direz : « mais à nous, on ne demande pas de guérir des maladies ». Non. Sauf si on se dit que le péché est une maladie de l’âme. Si on se dit qu’aider quelqu’un sur le plan spirituel c’est lui ouvrir la voie de l’essentiel. Comme on porterait un cierge allumé à quelqu’un qui est dans le noir. Comme on rendrait la force de l’espérance à celui qui a perdu l’espoir. Par notre témoignage. Le témoignage de notre foi.

« Si vous avez de la foi gros comme un grain de sénevé … » dit Jésus. (On dit parfois un grain de moutarde. En tout cas, c’est tout petit petit …)  Vous feriez de grandes choses.

Mais ce n’était pas là seulement le problème des apôtres. Sans doute, pour répondre à la sollicitation qui leur était faite, ont-ils essayé avec leurs moyens, leurs possibilités, au lieu de se convaincre, d’accepter leur propre impuissance et de s’en remettre au secours d’en haut.

Par nous-mêmes, que pouvons-nous ? Pas grand chose sans doute. Même l’orgue mécanique qui semble jouer tout seul, a besoin d’un musicien pour faire ses cartes perforées. Que pouvons-nous donc, sinon – par la prière – d’essayer d’être les instruments de Dieu ?

Sans tomber dans le travers des Corinthiens auxquels saint Paul écrit de manière très acerbe parce qu’ils tiraient une gloire humaine de leurs dons surnaturels, qu’ils voulaient en user, utiliser ces sortes de privilèges intérieurs sur le plan des relations purement humaines.

Le texte de l’Evangile que nous venons d’entendre a donné une expression en français. De quelqu’un qui croit vraiment en ce qu’il fait et qui le fait avec courage et ardeur, on dira qu’il a une foi à déplacer les montagnes.

Mais les montagnes sont toujours à la même place. Et nous, la prière que nous devons sans doute répéter sans cesse, comme le père d’un autre enfant dans une autre extrait d’Évangile, c’est : « Seigneur, guéris-moi de mon manque de foi ».



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