12e DIMANCHE APRES PENTECOTE – 2014 - 1Co 15, 1-11 – Mt 19, 16-26

Du jeune homme qui s’adresse à Jésus, on dirait aujourd’hui qu’il est bien élevé, qu’il a l’air bien gentil, docile sans doute, et en tout cas, très préoccupé de la religion et des valeurs éternelles, des choses de Dieu.

C’est d’ailleurs vers Dieu lui-même que Jésus renvoie le jeune homme : « un seul est le Bon ». Le Bon, le Juste, le Miséricordieux … ce sont autant de noms de Dieu. Dieu à qui revient toute louange, tout amour et c’est bien là le premier commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu » et, comme le dit par ailleurs Jésus, le second lui est semblable : « et ton prochain comme toi-même ».

C’est pourtant sur ce second aspect que Jésus met l’accent en répondant au jeune homme quand celui-ci lui demande lequel des commandements il doit observer. Jésus énumère (et ce n’est pas mal non plus de les rappeler pour nous : « tu ne tueras point, tu ne commettras pas d’adultère, tu ne voleras pas, tu ne porteras pas de faux témoignage, honore ton père et ta mère et tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Et le jeune homme a la candeur, la naïveté peut-être, de dire : « mais, cela je l’ai fait depuis mon enfance ». Candeur ? Naïveté ? A voir … Est-ce que, nous-mêmes, nous ne serions pas tentés de répondre de la même façon ? De demander, en tout cas, que peut-on, que doit-on faire de plus ?

Et la réponse de Jésus est bien connue, car cet épisode de l’Evangile est – comme on pourrait dire – un classique : vends tout ce que tu as et suis-moi. Et il est plus facile pour un chameau, etc.

Alors, le jeune homme qui, jusque là, était rayonnant, sur et fier de lui, devient sombre et triste : il avait de grands biens et il n’était pas prêt à les laisser.

Là, nous aussi, nous calons. Nous ne sommes pas prêts à laisser là, non seulement nos biens matériels, mais surtout notre soi-disant richesse intellectuelle, nos idées, nos a priori, nos concepts, nos certitudes, nos jugements …

Pour ce qui est des richesses matérielles, il ne faut pas non plus se tromper : ce n’est pas parce qu’on vit dans la misère qu’on est plus proche du royaume de Dieu, il ne suffit pas non plus de tout vendre pour être dans le bon, encore faut-il consacrer sa vie à ces richesses spirituelles, ces valeurs éternelles que recherchait le jeune homme.

Et puis, dans l’Eglise, il y a des pauvres volontaires, ceux qui ont volontairement répondu à ce type d’appel de Dieu et des riches qui seront sauvés par la grâce du détachement.

La grâce. C’est aussi un mot clé de cet Evangile. « Pour les hommes c’est impossible, pour Dieu, tout est possible ». C’est la grâce de Dieu qui peut tout, qui fait tout.

C’est ce que rappelle l’apôtre Paul dans sa lettre aux Corinthiens : « c’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis ». Bien sûr, lui, peut ajouter – en parlant des autres apôtres – qu’il a travaillé plus qu’eux tous, mais en précisant tout de suite : pas moi, mais la grâce de Dieu qui est en moi.

C’est la grâce qui agit, c’est la grâce qui sauve. Et tout ce qu’il nous est demandé de faire, c’est de nous rendre accessibles, perméables, à cette grâce. Et d’enlever tous les obstacles à cette grâce : et l’attachement aux richesses, le goût du lucre, l’appât du gain, sont de ces obstacles.

Bien sûr, nous ne pourrons jamais dire comme l’apôtre que « nous avons travaillé plus que tous les autres », mais nous pourrons avec lui rendre gloire à Dieu pour la grâce qu’il nous donne et nous dire que, si nous ne sommes pas morts spirituellement, nous le devons à Sa grâce et à Sa grâce seule.



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