14e dimanche après Pentecôte – 2014

Début de l’année liturgique
Fête de la paroisse

Je pourrais vous dire aujourd’hui : bonne année ! Parce que, dans notre calendrier julien, nous sommes le 1er septembre. C’est le début de notre année liturgique. Dimanche prochain, nous célèbrerons la première grande fête du cycle annuel : la Nativité de la Mère de Dieu, puis ce sera l’Exaltation de la Sainte Croix, puis Noël, le Grand Carême, Pâques, Pentecôte … D’une célébration à l’autre, nous allons revivre tous ces événements de ce temps particulier de l’histoire de notre salut qu’est celui de l’Incarnation,  celui de la présence parmi nous du Fils de Dieu fait homme. C’est un temps particulier qu’il nous est donné de revivre.
Pourtant, nous vivons dans un autre temps. Un temps que l’on pourrait dire naturel : celui des saisons comme celui de notre histoire personnelle. Le premier est un cycle : le jour, la nuit, le printemps, l’été, l’automne, l’hiver ; le second est sans retour, c’est celui de notre histoire personnelle comme de l’histoire du monde : il passe, sans retour. Hier est un souvenir, demain, une incertitude. C’est donc aujourd’hui qu’il faut vivre.
Mais, avec l’incarnation, lorsque le Fils de Dieu s’est fait homme, c’est comme si une autre réalité entrait dans notre temps. Celui qui est éternel, avant le temps, se fait homme dans notre temps. Il lui donne une autre dimension, il le transfigure. Et notre année faite de jours et de saisons devient ce que le prophète Isaïe appelait « un an de grâce du Seigneur ».
Mais le Christ est retourné au Père. Ce moment de l’Incarnation n’est plus qu’un épisode de l’histoire des hommes. Sauf que le Christ nous l’a dit, comme il l’a fait à ses disciples : « et voici que je suis avec vous tous les jours ». Pour cela, il nous a envoyé l’Esprit Saint. Et il nous a donné ce qui est plus qu’un mémorial de sa passion et de son sacrifice : cette divine liturgie que nous pouvons célébrer chaque dimanche et qui n’est rien d’autre que la participation à ce repas messianique dont il est question dans l’évangile que nous venons d’entendre.
Un roi donne un festin pour les noces de son fils, comme le Père voudrait célébrer les épousailles de son Fils unique avec les hommes. Jésus, introduisant la parabole le dit : le Royaume de Dieu est semblable à cela. Un repas pour célébrer l’union de deux êtres. Comme en Christ sont unis Dieu et l’homme. Comme il nous est donné de communier – être en communion, être « un » - avec Dieu dans ce don essentiel qu’est l’eucharistie.
J’aime beaucoup ce commentaire de Dimitru Staniloe, un théologien roumain, qui disait : dans la Trinité, l’échange d’amour entre les Personnes est immédiat : le Père dit au Fils, je t’aime et le Fils répond, je t’aime, dans l’Esprit Saint. Le temps est en quelque sorte aboli, nous sommes dans un éternel présent. Mais Dieu, qui montre tout son amour pour l’homme, a donné à l’homme le temps pour que l’homme puisse lui répondre.
Quelle réponse allons-nous Lui donner ? Celle des premiers invités qui ont une « bonne » raison de ne pas aller au banquet ? Celle de cet homme qui rejoint les convives mais sans mesurer l’importance du geste et qui n’a pas pris la peine de revêtir l’habit nuptial ?
Tous ces événements que nous allons revivre au cours de cette nouvelle année liturgique qui commence, ces événements que nous connaissons bien mais qui doivent s’inscrire au plus profond de notre âme, marquer profondément notre cœur, toutes ces célébrations ne sont là que pour nous aider à mesurer l’importance de ce qui nous est proposé, la profondeur de ce qui nous est demandé.
Et cela, il nous est donné de le vivre dans notre église, dans notre paroisse. Aujourd’hui, nous faisons la fête de notre paroisse. Après la célébration de cette divine liturgie, nous allons nous retrouver pour des agapes. Un repas basé sur le partage. Rien à voir, certes, avec le repas messianique, sauf qu’à travers la convivialité, c’est un témoignage de fraternité, d’accueil et d’ouverture que nous allons donner et dont nous allons faire l’expérience.
Une expérience de vie toute simple, mais qui est comme un premier pas vers des choses bien plus fondamentales. Mais c’est là toute la sagesse et la miséricorde de Dieu, c’est de nous prendre là où nous sommes, comme nous sommes. Pour nous mener vers d’autres chemins, dans un autre temps. Et cela nous est donné pour autant que nous ouvrions notre cœur et notre âme à cette grâce, cet an de grâce du Seigneur.



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