Présentation au Temple de la Mère de Dieu - 2014

A Banneux

Tous, un jour de notre vie, nous avons été "présentés au Temple".
Certes, pas pour le même destin que Marie, la fille de Joachim et Anne, née d'une mère stérile et qui devait tout en demeurant vierge, donner elle-même naissance à Jésus, à permettre cet événement essentiel de notre salut : l'incarnation du Fils de Dieu.
C´est, nous raconte le protévangile de Jacques, parce que ses parents avaient compris le miracle de sa naissance qu'ils avaient promis de consacrer leur fille au service du Seigneur.
Un jour, nos parents, nous aussi, ont décidé de nous "présenter au Temple", plutôt, de nous amener à l'église.
Pas pour nous consacrer au Seigneur, peut-être même, tout simplement parce que c'était la coutume, l'occasion de faire une fête de famille pour marquer en quelque sorte notre naissance. Oui, notre présentation au Temple à nous, c'est le jour de notre baptême.
Et, finalement, peu importe les motivations de nos parents, ce jour-là, la grâce de l'Esprit Saint nous a été donnée et notre vocation - comme ces enfants de Dieu que nous étions devenus - était de vivre en Christ et que le Christ vive en nous, que sa parole s'incarne en nous et que nous en portions témoignage.
Au Temple, nous dit-on, Marie avait été chargée filer la pourpre et de tisser le voile du Temple, celui qui se déchirerait lorsque de Christ mourrait en croix, signe que la séparation entre Dieu et l'homme était abolie. Marie est ainsi appelée parfois elle-même « tabernacle de Dieu » ou « Temple du Seigneur ». C’est pourquoi nous la disons plus vénérable que les chérubins, plus glorieuse que les séraphins et que nous la proclamons bienheureuse.
« Heureuses les entrailles qui t’ont porté et les mamelles qui t’ont allaité » s’écrie la femme de l’évangile. Et le Christ de répondre : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent ». Jésus renierait-il ainsi sa mère ? Non. Au contraire, il donne toute sa dimension, tout son sens, à ce que fut l’engagement de Marie. Elle qui a écouté la parole de Dieu et qui, en la mettant en pratique, a permis à son Fils de se faire homme pour faire de nous des enfants de Dieu.
Ainsi, la Mère de Dieu est-elle la mère de tous les hommes pour qui elle est aussi un modèle. La Parole de Dieu, si nous l’accueillons dans la confiance, va transformer notre vie. De cela, nous allons porter témoignage et ce témoignage peut féconder les cœurs, toucher les esprits et – en quelque sorte – enfanter chez les autres cette Parole divine du Verbe de Dieu parce que l’Esprit peut rendre féconds les pauvres mots qui sont les nôtres mais par lesquels nous attestons de cette vie qui nous a été donnée lors de notre « présentation au Temple », lors de notre baptême.
« Écoute ma fille, regarde et tends l’oreille, oublie ton peuple et la maison de ton père » dit le psaume 44 dont nous avons proclamé les phrases en stichère de l’alléluia. Nous aussi, regardons et surtout tendons l’oreille, ne restons pas sourds à l’appel de Dieu, laissons-nous guider par sa voix. Et si nos oreilles ne peuvent entendre, nos cœurs peuvent vibrer afin que nous comprenions, que nous puissions – en délaissant les choses du monde – retrouver cette grâce baptismale qui est en nous et suivre sur son chemin de confiance et d’obéissance à la Parole divine celle qui fut Mère de Dieu, notre mère, car son chemin est aussi un chemin de tendresse et de miséricorde.



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