29e dimanche après Pentecôte 2014 - Lc 14, 16-24

Ce n’est pas en cette période où il n’est question que de repas de fête, de festins, de réveillons qu’il faut dire combien se retrouver autour d’une table est une occasion de rencontre, de convivialité et, d’une certaine manière, de partage. C’est cette communauté – cette forme de communion – que nous vivons lors de nos agapes.
On sait aussi combien d’affaires, de contrats, de projets se négocient autour d’une table et, je l’avoue, moi-même, je propose souvent à ceux avec qui j’ai des choses à discuter de « manger un bout ensemble » comme on dit, parce que, à cette occasion, on est plus détendu, plus libre de parler et on peut dire des choses, lancer des idées qui ne doivent pas nécessairement se concrétiser comme on le ferait dans une réunion plus formelle.
Dans les évangiles, il est beaucoup question de repas. Jésus va manger chez des pharisiens, des pécheurs, il s’invite chez Zachée, il est reçu chez Lévi qui deviendra Matthieu, il va même chez Simon le lépreux, il est invité chez Marthe et Marie … autant, là aussi d’occasions de rencontre et de partage, de se rapprocher des gens, mais surtout d’occasions pour Jésus de prodiguer un enseignement, de parler en paraboles, de faire parfois des remontrances ou de donner des leçons.
D’une certaine façon, Jésus partage la nourriture tout en nourrissant ceux qui l’écoutent de sa parole. Car « ce n’est pas seulement de pain que l’homme vivra, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu ». Jésus partage la nourriture mais il en fera même un signe, un signe auquel on le reconnaîtra, comme les pèlerins d’Emmaüs, comme les disciples sur la plage après la résurrection : il a rompu le pain. Comme il l’avait fait lors du dernier repas, de cette Pâque avec ses disciples, comme il l’avait fait lors de ces multiplications des pains pour nourrir les foules qui l’avaient suivi pour l’écouter.
Jésus rompt de pain pour nourrir les hommes, il les nourrit de pain mais aussi de sa parole. Comme Yahvé a nourri de la manne le peuple d’Israël lorsqu’il était dans le désert tout en lui donnant par ailleurs les tables de la Loi, comme nous demandons au Père de nous donner notre pain de ce jour.
Aujourd’hui, dans le monde, il y a encore des gens qui ont besoin de pain. 842 millions d’adultes et d’enfants souffrent d’un problème de sous-nutrition dans le monde, ce qui représente 12% de la population mondiale.  Mais beaucoup plus nombreux sans doute sont ceux qui ont besoin d’espérance, qui ont besoin de croire, de croire en Dieu, de croire tout simplement en eux.
Et c’est là que l’appel de cet homme qui donne un grand dîner doit encore retentir à nos oreilles, que cet appel est encore – oh combien – d’actualité. Car cet appel n’est pas  une invitation comme les autres, c’est celle, en Jésus-Christ et par Lui, au repas messianique, cette participation qui nous est permise, qui nous est promise, qui nous est offerte au Royaume de Dieu.
Mais nous trouvons plein de « bonnes » raisons de ne pas y répondre : ces choses que nous trouvons importantes dans la vie, le travail, la famille … pourtant, ne devrions-nous pas nous demander : que valent ces soi-disant excuses devant pareille invitation ?
Et puis, il y a ce serviteur que le maître de maison envoie par les places et les rues pour trouver des participants à son repas. On devine, dans cette image, le Fils de Dieu lui-même – celui-là qui ira manger chez les pharisiens, les pécheurs – qui est venu dans le monde pour sauver ce qui était perdu et dans une démarche qui n’a pas de limite.
Et puis, il y a ces serviteurs envoyés par les chemins et les clôtures, ces serviteurs qui, aujourd’hui, pourraient être nous. Le Père a envoyé son Fils pour les gens de son temps, le Fils nous envoie pour les gens de notre temps.
« Il y a beaucoup d’appelés mais peu nombreux sont les élus ». Nous sommes appelés mais nous pouvons aussi être parmi ceux qui appellent. Prions le Seigneur que nous soyons parmi les élus et de nombreux autres avec nous.



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