Dimanche avant Noël – 2015 - Mt 1, 1-25

Nous nous préparons à célébrer Noël et déjà, en ce dimanche avant la fête, l’Église nous propose d’entendre ce premier chapitre de l’évangile de Matthieu qui détaille la généalogie de Jésus et raconte sa naissance selon la chair.
Cette liste de noms n’évoque sans doute plus grand-chose pour nous, aujourd’hui. Mais ce texte de Matthieu a d’abord été écrit pour les Juifs à qui il fallait ainsi prouver de Jésus – fils de David et fils d’Abraham – pouvait, en quelque sorte, être un prétendant naturel et légitime au trône d’Israël, mieux, qu’il était le Messie.
En quelque sorte le début annonce aussi un des épisodes de la fin lorsque Pilate confirmera – sans le vouloir peut-être – cette proclamation avec son écriteau sur la croix : « Jésus de Nazareth, roi des Juifs ».
Les exégètes, ceux qui étudient la Bible à travers tous ses mots, ses expressions, ses langues d’origine, les exégètes donc trouveront dans cette énumération bien des enseignements mais aussi bien des questionnements. Pour nous, disons que cette généalogie de Matthieu (comme celle de Luc aussi, d’ailleurs) inscrit la naissance de Jésus dans notre histoire humaine. C’est un événement historique : le Fils de Dieu entre dans notre histoire, il entre dans notre temps, il entrera dans notre vie.
Cette naissance, pourtant, n’a rien de commun avec toutes les autres naissances : Jésus va naître d’une Vierge qui, elle-même a été enfantée par une stérile. Une naissance miraculeuse qui, sans doute, peut provoquer chez nous la même attitude que celle de Joseph : le doute, voire le rejet. Et nous, nous n’avons pas un ange qui vienne durant la nuit pour nous conforter.
Jésus vient au monde dans une étable.   Celui pour qui Matthieu revendique le trône d’Israël naît comme le plus pauvre des hommes. C’est que le trône de Jésus n’a rien de celui d’un roi, s’il entend régner, c’est sur les âmes et les cœurs de ceux qui croiront en Lui, de ceux qui vont le suivre.
Ainsi, en célébrant Noël, nous célèbrerons notre propre naissance, notre naissance en Christ. C’est la fête de notre propre origine comme chrétiens, comme appelés, comme sauvés, comme témoins.
En référence à l’Ancien Testament, c’est une nouvelle Genèse, un nouveau commencement en Christ, la naissance d’un homme nouveau, d’un nouveau mode de vie.
 « Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » peut-on lire dans l’évangile de Jean (3, 16). Des paroles que le prêtre répète durant la Liturgie, juste avant  la consécration.
Dieu s’est fait homme pour que nous connaissions l’amour de Dieu, cet amour qui guérit, cet amour qui se donne sur la Croix, cet amour qui donne la vie, qui nous donne la vie, par la résurrection.
Dieu s’est fait homme pour que nous puissions entendre sa Parole, vivre de sa Bonne Nouvelle, suivre ses préceptes et témoigner de sa grâce.
Dieu s’est fait homme pour nous rendre participants à la nature divine.
Nous. Si l’évangile de Matthieu a été écrit pour les Juifs des premiers siècles de notre ère, c’est à nous aujourd’hui qu’il s’adresse.
Bientôt, nous chanterons : « Aujourd'hui, le Christ est né dans une étable… / Aujourd'hui, la vierge met au monde dans une grotte...  / Etrange merveille, celle qui s'accomplit en ce jour... ».
Noël n’est plus seulement un fait historique dont nous ferions mémoire, ce n’est pas un anniversaire, c’est un événement toujours vécu au présent parce qu’il est toujours présent dans notre vécu, il est un des éléments essentiels de notre vie.
С нами Бог. Dieu avec nous. C’est son nom : Jésus, Emmanuel. Ce sont les dernières paroles du Christ, les derniers mots de l’évangile de Matthieu : « Et voici, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Avec nous, tous les jours. Cette promesse, nous la vivons, nous en vivons parce que nous vivons en Christ et que sa Parole qui s’incarne en nous fait que c’est tous les jours Noël.



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