2e dimanche de carême – 2015 - Mc 2, 1-12

À Bruxelles (De Mot)

Ils étaient cinq frères. L’un d’entre eux était paralytique. Ils ont entendu parler de Jésus, celui qui fait des miracles. L’espoir. L’espoir d’une guérison. L’espoir devient plus fort que tout. Il faut le rencontrer. Quitte à devoir dépasser les limites, vaincre les obstacles …
Ils étaient cinq frères. Ou peut-être des étrangers dont le destin avait fait se croiser le chemin mais qui s’étaient liés d’une solidarité qui les avait poussés à aller jusqu’au bout, quitte à démonter le toit de la maison …
Le récit que nous venons d’entendre – tiré de l’évangile de Marc – est bien sûr celui d’un miracle de Jésus mais c’est aussi celui de la force de la charité qui s’exprime à travers les porteurs, celui de la foi du paralytique et de ceux qui l’amènent devant le Christ. C’est aussi le récit de l’opposition entre la foi et l’incroyance, entre la charité et la religion.
Devant la foi de ce petit groupe, Jésus est touché de compassion, les scribes qui sont là continuent, eux, leurs spéculations : ils observent, ils commentent, ils jugent.
Sans rien demander de plus, le Christ va guérir le paralytique, plutôt, il aura cette parole : « Tes péchés te sont remis ».
C’est la guérison essentielle, c’est une parole de pardon mais les docteurs de la Loi n’y verront qu’un propos blasphématoire.
Certes, ils posent la bonne question : « Qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ? » mais ils y apportent une mauvaise réponse. Au lieu de dire : celui-ci peut faire les œuvres de Dieu, ils s’exclament : il blasphème !
Pourtant, ce qui paralyse l’homme, c’est bien le péché, c’est tout ce qui divise, c’est tout ce qui sépare de Dieu. Le paralytique et ses porteurs sont unis par une même foi, mus par un même espoir. Les scribes portent la discorde, la division par leurs jugements et leur obstination.
« Ne pouvant approcher de lui à cause de la foule, ils défirent le toit au-dessus de l’endroit où se trouvait Jésus et, par l’ouverture, ils firent descendre le grabat où gisait le paralytique. »
Ils le font descendre ainsi comme on descend un cercueil dans une fosse. Mais au fond, ce n’est pas la mort, au fond, il y a Jésus, il y a la guérison, il y a la vie ! Ils le font descendre comme on est parfois obligé d’aller au fond des choses pour y trouver le salut.
Mais là, Jésus va demander – pourtant sans rien lui en dire – un dernier acte de foi au paralytique. Il ne lui a pas dit : tu es guéri, comme il le fait parfois. Il lui a dit : tes péchés te sont remis. Et puis, il lui ordonne : lève-toi et marche. Le peut-il ? Se pose-t-il même la question ? Il se lève, emporte son grabat et quitte la maison.
Avec son grabat, c’est tout son passé qu’il emporte, mais un passé que ne l’empêche plus de marcher, c’est le signe de son mal mais qui devient maintenant comme le témoignage de sa guérison. Délié du péché, et même s’ils n’en sont pas exempts, les hommes peuvent vivre, marcher, voir, parler : porter témoignage.
Le grabat devient le signe même de cette guérison, une guérison fondamentale, essentielle, celle de l’âme, une guérison spirituelle qui rend les hommes capables de porter jusqu’à leurs limites.



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